COORDINATION ANDINE DES ORGANISATIONS INDIGÈNES
Nous sommes une instance de coordination des organisations indigènes des Andes, constituée le 17 juillet 2006 lors du Congrès Constitutif réalisé dans la ville de Cusco au Pérou. Elle est composée de :
ECUARUNARI, Confédération des Peuples de Nationalité Kichwa en Équateur : Constituée en juin 1972 avec l’objectif de favoriser, au sein de la population indigène, la prise de conscience afin de réussir une reprise sociale, économique et politique. Elle est composée de quatorze peuples kichwas et compte treize organisations régionales. www.ecuarunari.org
CONAMAQ, Conseil National d’Ayllus (communauté familiale) et Markas (communauté) du Qullasuyu (province Tawantinsuyu de l’empire Inca. La Bolivie pour les quechuas et les aymaras) en Bolivie : Constituée le 22 mars 1997, par des aymaras et des quechuas. Elle est l’expression organique du gouvernement originaire, qui représente les nationalités indigènes originaires. Il couvre la territorialité de cinq départements (Oruro, La Paz, Cochabamba, Chuquisaca et Potosí).
CONACAMI, Confédération Nationale des Communautés du Pérou Affectées par les Mines : Constituée le 22 octobre 1999. Elle représente 1650 communautés paysannes et indigènes andines de 18 régions. Son objectif est le respect du droit à la vie, au territoire, aux ressources naturelles, à la consultation et à l’autodétermination des peuples. www.conacami.org
ONIC, Organisation Nationale Indigène de Colombie : Créée en 1982. Elle développe les principes d’Unité, du Territoire, de la Culture et de l’Autonomie. Elle aide au renforcement de l’exercice des droits collectifs ; elle contribue à la construction d’une société démocratique, juste et équitable, et stimule la solidarité avec d’autres secteurs exclus. www.onic.org.co
CITEM, Coordination des Identités Territoriales Mapuches (Chili): Constituée en 2002. Composée par 21 organisations locales et régionales. Elle travaille autour d’objectifs et de tâches concrets, sur le plan territorial, national et international qui contribuent à la reconstruction d’un projet politique national mapuche. www.identidadlafkenche.cl.
ONPIA, Organisation des Nations et des Peuples Indigènes d’Argentine : Créée le 11 octobre 2003, elle regroupe un million et demi de personnes faisant partie de quinze peuples précolombiens. Ses principaux objectifs sont de promouvoir l’autodétermination des nations originaires et d’exiger le respect de leurs droits individuels et collectifs. www.onpia.org.ar
Nous comptons également avec les adhésions solidaires de:
CCP, Confédération Paysanne du Pérou.
CNA, Confédération Nationale Agraire.
UNCA, Union Nationale des Communautés Aymaras.
FEMUCAY, Fédération de Femmes de Yauli (Pérou).
ANAMEBI, Association Nationale des Maîtres de l’Éducation Bilingue Interculturelle.
COPUCA, Conseil des Producteurs Alpaqueros (éleveurs d’alpagas, proches du lama) du Nord d’Ayacucho.
CSUTCB, Confédération Syndicale Unique de Travailleurs et de Paysans de Bolivie.
FNMBSB, Fédération Nationale des Femmes Bartolina Sisa (nom de l’héroïne aymara) de Bolivie.
NOTRE VISION
Reconstitution territoriale, politique, économique et culturelle identitaire des Peuples Originaires Indigènes, dans le cadre des valeurs d’équilibre avec la Mère terre / Pachamama / Ñuke Mapu, sur la base du respect de la diversité plurinationale d’ Abya Yala* ; à partir de la reconnaissance et de l’exercice des droits collectifs en tant que Peuples, en alliance avec les mouvements sociaux ; pour la transformation des États uninationaux en États plurinationaux, pour des sociétés interculturelles et de dépassement de toute forme d’exploitation, d’oppression et d’exclusion.
NOTRE MISSION
Nous sommes une organisation représentative des Peuples Originaires Indigènes Andins initiée dans un processus de renforcement ; qui propose des alternatives pour le Bien Vivre (Allin Kawsay en Quechua, Sumaq Tamaña en Aymara, Intro Fuil Moguen en Mapudugun-Mapuche); revalorise les principes de la cosmovision andine ; en exerçant les droits collectifs dans le domaine territorial, politique, culturel et spirituel ; qui impulse l’intégration du mouvement indigène du Abya Yala ; qui développe des alliances avec tous les secteurs sociaux exclus et s’engage dans les processus internationaux à partir des droits des Peuples.
NOS OBJECTIFS
• Défense de la Terre, Territoires et Unité avec la Mère Nature.
• Construction d’États Plurinationaux et de Sociétés Interculturelles.
• Mise en application des Droits Collectifs des Peuples Indigènes.
• Reconstitution de nos Peuples et renforcement de leurs liens internationaux.
• Développement de la légitimité et des alternatives dans l’incidence politique internationale du mouvement indigène.
• Pas de criminalisation des revendications indigènes et démilitarisation de nos territoires.
NOTRE HISTOIRE
Le processus d’échange et d’unité des organisations indigènes dure depuis des centaines d’années, il s’est construit bien avant l’invasion européenne et à la naissance des républiques créoles. Les vestiges historiques ont démontré que les peuples qui ont précédé le Tawantinsuyo (Empire Inca) communiquaient et échangeaient leurs produits. On sait également que les Incas eurent connaissance de l’arrivée des hommes blancs dans ce qui est aujourd’hui l’Amérique centrale, avant que Francisco Pizarro et ses hommes fassent irruption à Cajamarca pour trahir et assassiner Atahualpa.
L’invasion européenne, le colonialisme et les républiques qui plus tard s’implantèrent, firent tout ce qui était possible pour casser ces liens et isoler les Peuples Indigènes. Ce n’est qu’à la fin du siècle dernier, que les expériences organisatrices des peuples indigènes andins, fusionnèrent enfin, sérieusement, pour confirmer le partage du passé et la problématique actuelle, ce qui les obligent à chercher des solutions mutuelles et de construire aussi un futur commun.
C’est au cours de l’année 1998 que ECUARUNARI (Équateur), CONAMAQ (Bolivie) et CONACAMI (Pérou) parviennent à l’articulation d’un échange d’expériences, de réflexions et de conclusions entre les leaders indigènes andins. La route était alors tracée et rien ne nous retiendrait.
Dans ce processus, l’Assemblée des Nationalités et des Peuples Indigènes Andins, fut un fait historique important ; réalisée en octobre 2005 à Lima, elle connut la participation de plus de 120 leaders andins. La Coordination Andine commençait à germer, renforcée par l’adhésion des peuples mapuches organisés dans la CITEM au Chili et des peuples indigènes de Colombie organisés dans l’ONIC. Quelque temps après, l’ONPIA en Argentine viendra rejoindre la Coordination.
La démarche suivante, fut la Rencontre Régionale des Organisations Indigènes, organisée le 18 et 19 mars 2006 à La Paz, en Bolivie, dont les accords furent ratifiés lors de la Réunion de Travail des Organisations Indigènes effectuée le 20 mai de la même année, à Cañar, en Équateur. C’est également au cours de ce rendez-vous, que s’établirent les lignes et la date pour la réalisation du 1er Congrès Constitutif de la Coordination Andine des Organisations Indigènes. Notre organisation fleurissait et était proche de produire ses premiers fruits.
C’est ainsi que nous arrivâmes au Congrès Constitutif, qui fut réuni du 15 au 17 juillet 2006 à Cusco, au cours duquel la décision de fonder la CAOI fut unanime, de même que fut intense l’échange sur nos problèmes et nos propositions. C’est à cette occasion également, que fut constitué le Conseil de la Coordination Andine avec des représentants de l’Équateur, du Chili, du Pérou, de Colombie, d’Argentine et de Bolivie, dont la Coordination Générale échut au Pérou.
*Abya Yala est le nom choisi en 1992 par les nations indigènes d'"Amérique" pour désigner le continent au lieu de le nommer d'après Amerigo Vespucci.
L'expression « Abya Yala » vient de la langue des Kunas, un peuple indigène de Panama et de Colombie qui utilise cette expression pour nommer l'Amérique. Les mots signifient « terre dans sa pleine maturité ». Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d'origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. » La proposition de Takir Mamani a reçu un accueil favorable dans divers secteurs. (note de Tlaxcala)
Huq umalla, Huq sonqolla, Huq makilla
(Un seul esprit, un seul sentiment, une seule force!)
Source : ¿QUIÉNES SOMOS?
Traduit par Esteban G., Tlaxcala
URL de cette page : http://www.tlaxcala.es/detail_auteurs.asp?lg=fr&reference=1062
