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18/10/2017
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La Première Guerre mondiale des mots

Rue Richard-Goldstone


AUTEUR:  Thomas Immanuel STEINBERG ÊæãÇÓ ÇãÇäæÆá ÔÊÇíä ÈѐÑ

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice


Richard Goldstone, rapporteur à l’ONU âgé de 72 ans, a fait du bon travail. Souhaitons-lui une vie longue et active. Mais un jour ou l’autre la Camarde passera. Si d’ici là les Israéliens reviennent à la raison, ils donneront son nom à une rue de Tel-Aviv.

Mais s’il en va suivant le désir d’Alan Dershowitz, l’auteur de l’appel au meurtre de Norman Finkelstein et responsable de sa mise au chômage, nous ne garderons pas longtemps Goldstone. Dershowitz, professeur influent à Harvard et sioniste virulent, a déclaré que le juge Goldstone était un « moser » [indic en russe, yiddisch et hébreu moderne, NdE], un « traître au peuple juif » que les élèves en religion et sionisme des yeshiva avaient le droit de tuer. Et l’État israélien le couvre. Il tue tout ce qui bouge. Il massacre les Palestiniens à Gaza et au Liban et pratique l’assassinat ciblé de ses ennemis, le dernier étant Mahmoud Al-Mabhouh, dirigeant militaire du Hamas, tué dans un hôtel à Dubaï.

Mais les assassinats ne requièrent même pas de commandos entraînés, ou du moins tolérés, par l’État. Si l’on cible des points névralgiques. calomnies et diffamations créent une atmosphère propice dans des milieux réceptifs. Il y a toujours quelqu’un qui finit par prendre une arme.

Il en était ainsi en Occident à la fin des années 60. Les feuilles de chou de Springer racontaient que les Américains, au Vietnam, se battaient pour la liberté de Berlin-Ouest ; les étudiants pacifistes, particulièrement Rudi Dutschke, étaient l’ennemi intérieur. Lorsque Benno Ohnesorg a été abattu par un policier, j’ai distribué près du chêne de Zehlendorf des tracts que nous avions ronéotés à l’Université libre. Des passants me crachaient dessus. Il régnait une ambiance de pogrome.


Le chêne de Zehlendorf, dans le quartier berlinois du même nom, est appelé « chêne de la paix ». Il a été planté en 1871 pour célébrer la paix franco-prussienne après la guerre de 1870


Huit mois plus tard on y arrivait, avec l’attentat contre Rudi Dutschke, commis par un apprenti boulanger qui avait en poche des coupures du National-Zeitung, dont l’une portait en gros titre « Maintenant, stop à Rudi le rouge » avec des photos de Dutschke. Nous avons marché sur l’immeuble de Springer en scandant « le Bild était derrière le tireur». Dutschke est mort en 1979 des suites de ses blessures.

Des décennies plus tard, les Allemands se sont un peu repris. C’est pourquoi, aujourd’hui, dans le quartier berlinois de la presse, une rue porte le nom de Rudi Dutschke.


Mais on continue à inciter au pogrome. Au nom de la liberté, des partisans de la politique d’Israël et de son gouvernement diffament ceux qui la critiquent et la combattent, ils les calomnient et publient leurs photos comme s’ils étaient des hors-la loi « wanted ». Des quotidiens insultent les pacifistes en les traitant d’antisémites1. La Chancelière et Gysi, un des chefs de la Linke [Parti de Gauche], expliquent le soutien à l’État d’Israël par la raison d’État tandis que les centres culturels, les églises, les fondations politiques et les hôtels ferment leur porte à ceux qui appellent les massacres de Gaza par leur nom et veulent empêcher qu’on dévaste l’Iran.


Au sein de la Linke il ne saurait plus être question d’une « culture de la discussion » ainsi que l’écrit Erhard Crome, de l’Institut d’analyse sociale de la Fondation Rosa-Luxembourg. Les faux amis d’Israël agressent bien plutôt tous ceux qui s’opposent à eux, que ce soient des députés de la Linke au Bundestag, des chercheurs israéliens et usaméricains de renom, des journalistes, des étudiants ou des allocataires de Hartz IV. Et à la tête de tout cela le Cercle de travail fédéral Shalom de la jeunesse de gauche,, donc les Jeunesses de la Linke, fait de l’agit-prop. Et quelque part il y en quelqu'un qui aiguise déjà son poignard.


Ah, si pour une fois les Allemands pouvaient revenir à la raison à temps. Il y a déjà tant de rues qui portent le nom de gens qu’on a assassinés.2

Notes

1 - En ce qui me concerne : Après le Hamburger Morgenpost, une feuille du groupe Springer a désormais effacé l’article qui affirmait que Jürgen Elsässer et moi-même avions tenu des propos antisémites. En revanche, je n’ai toujours pas obtenu le rectificatif et les excuses que je demandais..

2 - Si l’on veut se faire une idée de la propagande belliciste inspirée par les sionistes en Grande-Bretagne ou simplement si l’on aime la langue anglaise, je recommande l’interview de la baronne Tonges sur TVPressIran. Dans un splendide anglais royal, ce membre de la Chambre des Lords décrit les humiliations quotidiennes auxquelles les Israéliens soumettent les Palestiniens. Cette dame s’est engagée et son parti l’en a punie. Video, 9 minutes.



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La Première guerre mondiale des mots est une initiative de Palestine Think Tank et Tlaxcala.

Les auteurs souhaitant y participer peuvent envoyer leurs contributions à 
contact@palestinethinktank.com et à tlaxcala@tlaxcala.es.


Source : l'auteur - Richard-Goldstone-Straße

Article original publié le 17/2/2010

Sur l’auteur

Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

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LES FICHES DE TLAXCALA: 10/03/2010

 
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