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17/12/2017
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Troisième Intifada : "jour de colère" et "jour d'infamie"


AUTEUR:  Agustín VELLOSO

Traduit par  Esteban G..Édité par Fausto Giudice


Il semble que la troisième Intifada de l’ère israélienne ait officieusement commencé le mardi 16 mars 2010. On ne parle presque jamais de celles antérieures à 1948, comme si la résistance était un phénomène récent.

On oublie la Brigade Arabe des années 50 du XXème siècle et les résistants comme le Cheikh Ezzedine Al Qassam, enseignant, leader des ouvriers, des paysans et des groupes de guérilla dans les années vingt et les années trente de ce même siècle.

À la différence d’Abu Mazen, Ezzedine Al Qassam a combattu, de toutes ses forces et avec honneur, jusqu’à sa mort, les Français, les Britanniques et les sionistes.

Dès demain, la souffrance des Palestiniens va s’amplifier, mais avant que le sang des blessés et des morts ne vienne recouvrir l’Esplanade des Mosquées, comme cela c’était produit le 28 septembre 2000, sur ordre d’Ariel Sharon, il faudra célébrer le nouveau soulèvement des Palestiniens.

Aujourd’hui, comme lors du déclenchement de la seconde Intifada, et en mémoire des dizaines de Palestiniens assassinés ce jour-là, on peut entendre une nouvelle fois les cris :

Vive le combat du peuple palestinien ! À bas l’occupation ! Fin des pourparlers ! Fin du siège de Gaza !

À ceux qui ont la mémoire courte, il est bon de rappeler, qu’à cette date c’était George Mitchell qui présidait la commission internationale qui portait son nom dont un autre notable pro-sioniste faisait partie : Javier Solana. Cette commission porte la responsabilité du sort des Palestiniens qui priaient en ce lieu, mitraillés par les soldats israéliens, qui avaient été envoyés par leur gouvernement, pour les éliminer.

Logiquement, dans les années qui ont suivi – sans compter l’attaque de décembre 2008 – Israël avait tué plus de 4000 Palestiniens. Pour quelle raison s’en serait-il privé ?

Et qui est, aujourd’hui, l’envoyé spécial d’Obama au Moyen-Orient ? Tiens tiens, c’est le même Mister Mitchell ! Un type qui compte plus d’années au Moyen-Orient que les pyramides, bien que sans aucun mérite. Il sera dans peu de temps candidat au Prix Nobel de la Paix, après avoir été professeur à l’École d’Éthique Mondiale Appliquée – on se demande ce qu'est ce machin - et président de la compagnie Walt Disney (ou peut-être inversement).

Pour sa part, ce Solana d’alors avait amplement démontré aux maîtres du monde son regret d’avoir écrit un document intitulé « 50 raisons pour dire non à l’OTAN ».Le Kosovo a été la meilleure manière qu’il avait trouvé pour le leur dire : je le reconnais, ce fut un péché de jeunesse, je l’ai confessé, maintenant je peux bombarder sans l’autorisation de l’ONU, je peux attaquer des objectifs civils et tuer des civils.

C’est très probable que pour ce Prix il rivalise avec Mitchell, car en plus de sa contribution pour la paix et pour le progrès de l’Europe, récompensée par le Prix Charlemagne en 2007, il faut ajouter son soutient constant et ferme au sionisme, un substantiel mérite pour parvenir à décrocher le Prix.

Aujourd’hui, "le jour de la colère" a été proclamé. Cela vaut pour les Palestiniens, mais pour Abou Mazen et l’Autorité Palestinienne c’est le « jour de l’infamie ». Les enfants lançant des pierres contre les blindés et les femmes brandissant dans la rue des drapeaux (palestiniens) face à trois mille policiers et soldats israéliens ayant le feu vert pour tirer et tuer, et lui (Abou Mazen) en même temps, en train de négocier avec le chef de ces forces armées ?

C’est aussi le jour de l’infamie pour les médias, qui décrivent les Palestiniens comme des agitateurs lorsqu’ils protestent et qu’ils se défendent comme ils peuvent contre la spoliation et la colonisation de leur terre, alors que ces mêmes médias ne disent pas un mot sur le fait que ceux-ci vivent sous l’occupation militaire, bloqués par un mur et des centaines de postes de contrôle militaire en Cisjordanie, assiégés et emprisonnés à Gaza, réfugiés et sans droit de retour s’ils sont en dehors de la Palestine.

Ils ne mentionnent pas non plus le fait contraire à la justice et à la paix, que les Palestiniens vivent constamment exposés aux attaques d’une des armées les plus puissantes du monde, sans que l’ONU, ni le Quartet pour le Moyen-Orient, ni la « communauté internationale » ne fassent rien d’autre que pleurer sur ce qu’ils appellent des actions excessives de la part d’Israël pour se défendre, d’encourager les Palestiniens à poursuivre les pourparlers de paix avec leur bourreau – au lieu de soutenir leur droit légitime à la résistance ou, mieux encore, d’empêcher Israël de poursuivre impunément son agression qui dure depuis des décennies – et donner de l’argent à quelques dirigeants palestiniens afin qu’ils brident bien le peuple, de façon à ce qu’Israël n’ait pas besoin de le faire sous les yeux du monde.

Oui, tout est ligué contre les Palestiniens, mais même avec tout ça, ils ne cèdent pas, n’abandonnent pas, et les Intifadas se répètent, même sans avoir récupéré du châtiment démentiel qu’ils ont souffert il y a près d’un an et avec le poids de la souffrance qui dure depuis plus de soixante ans.

Il n’y a aucun doute ; ils sont disposés à résister et à mourir plutôt que laisser la terre aux voleurs sionistes et à leurs adeptes. Les sionistes le savent par expérience, mais ils s’obstinent à croire que leur pouvoir militaire et leur amitié avec les USA et l’Union Européenne leur permettront d’expulser tous les Palestiniens ou de les tuer si c’est nécessaire.

Ceux qui ont la volonté de chercher la justice et en conséquence la paix en Palestine, n’ont qu’une seule voie, celle de soutenir les Palestiniens dans leur combat. Ne pas le faire, c’est se mettre du côté de l’agresseur et être complice de son infamie.





Source : l'auteur-La tercera Intifada: el “día de la furia” y el “día de la infamia”

Article original publié le 21/3/2010

Sur l’auteur

Agustín Velloso est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Esteban G. et Fausto Giudice sont membres. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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TERRE DE CANAAN: 21/03/2010

 
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