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12/12/2017
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« Tourner un film c’est comme peindre un tableau »-Rencontre avec Abbé Nozal, artiste espagnol


AUTEUR:  José ROJO

Traduit par  Esteban G.. Édité par Fausto Giudice


Il est peintre, photographe, illustrateur, écrivain, scénariste, producteur, réalisateur de cinéma,… Abbé - ci-devant Tomás - Nozal, est un artiste qui, comme il le dit lui-même, utilise la même praxis créative dans toutes les disciplines qu'il touche.

Abbé NozalAthée et anticlérical, prolixe, gai, divorcé plusieurs fois, bien que vivant en couple stable depuis quelques années, une fille de 34 ans, ingénieur, et un fils de 33 ans, acteur ; l'Espagnol Nozal (Palencia, 1950) admet qu'Internet l'a aidé à survivre, puisqu'à travers le réseau des réseaux il a pu vendre une bonne partie de son œuvre et qu’il peut communiquer avec un nombre infini de personnes dans les forums auxquels il participe.

Avec cinq « courts métrages » à son actif, trois « sans vocation à être encore présentés, car ils sont comme des ébauches qui ne sont jamais montrées tant qu’elles ne sont pas achevées », ce réalisateur qui brûle de tourner des longs métrages, a présenté le 15 septembre dernier son récent travail en HD sous le titre de The Awakening of the Sleeping Beauty (Le Réveil de la Belle Endormie), il l’a tourné en anglais pour pouvoir ainsi accéder au marché usaméricain.

Pourquoi Abbé et pas Tomás ?

J'ai changé de nom en 1992 et je l'ai fait par légitime défense. J’ai débuté mon site web trois ans plus tard. Beaucoup de gens ignorent que je m'appelle Tomás.

Comment préférez-vous que l’on vous appelle ?

Ça m’est égal. Ce que je veux c’est que mon travail soit connu, et je le dis d'un point de vue fonctionnel, en dehors de toute vanité personnelle.

Mais pourquoi avez-vous décidé de changer de nom ?

Parce qu’on m’a viré professionnellement de la région où je vis ; on m'a exclu de la vie officielle. Mais je préfère ne pas approfondir sur ce sujet, puisque depuis pas mal de temps je veux seulement parler de choses positives ; je me reconvertis totalement.

Vous peignez et exposez depuis 1967…

J’ai réalisé ma première exposition dans les bureaux de l’Office du Tourisme, dans la rue principale de Palencia, qui d’ailleurs existe toujours. Et depuis je n'ai pas cessé de peindre ni d'exposer.


 Affiche de The Awakening of the Sleeping Beauty (Le Réveil de la Belle Endormie)

Continuez-vous à peindre ? Je pensais que le cinéma absorbait votre temps de telle sorte que vous ne pouviez pas vous consacrer à d'autres disciplines artistiques.

Je continue à peindre, comme je t’ai dit mais c’est certain que le cinéma absorbe beaucoup de mon temps. Pour y remédier, en ce moment je fais un documentaire sur la peinture.

Vous avez mis la peinture au second plan ?

Non, non. C’est moi qui gère mon agenda quotidien. Ce qui est vache c’est que les jours de mes calendriers sont généralement pleins 24 heures, c’est pourquoi j’ai peu de repos.

Faites attention, parce que j'ai su que vous avez eu un infarctus…

C’est sûr, mais je ne fais pas du tout attention. En principe, tu n’as d'autre remède que dire à ton corps qu'il se réorganise. Un infarctus c'est rien, à part que la machine avec laquelle on fonctionne se rétrécit et a moins de puissance.

Est-ce que cette « alerte » vous a servi pour envisager la vie d'une autre manière ?

Je venais déjà d’une remise en question… J’avais eu six angines de poitrine et j’ai eu du temps pour me remettre en question. Avec l'infarctus j'ai réajusté l'organisme… et l'organisme le comprend.

Pourquoi aujourd’hui, vous dirigez-vous plus vers le septième art ?

Si je ne l'ai pas fait avant c’était parce que le cinéma est très cher. Quand on pense que l’on va durer beaucoup d’années, on économise ou, au moins, on garde le peu d'argent dont on dispose. Lorsque je me suis rendu compte que, tôt ou tard, tout s’arrête, j'ai décidé de le dépenser. Et j’ai dépensé ce que j’avais économisé grâce au court métrage La canción de Marta (la chanson de Marta) ; j’ai dépensé une flopée d'argent.



 Équipe de tournage dans le « Photo call » de la présentation du court métrage The Awakening of the Sleeping Beauty, de gauche à droite : Manuel Brágimo, Luis Bravo, Rafael Pérez, Alberto Arija, Abbé Nozal, Cruz García, Javier Rodríguez, Belén Carrión. Dans les photogrammes du fond : Lorenzo Heredia et Aurelio León.

Est-ce que l'affaire a été ruineuse ?

Absolument. Mais cela je le savais. Aujourd'hui, celui qui se lance dans un court métrage sait à priori qu'il jette, peu ou prou, son argent.

Et j’ajoute une autre des merveilles du cinéma, c’est qu’on ne sait jamais comment le projet va sortir; sur le papier il peut paraître super et pourtant, après, il ne marche pas.

Avec ce travail, en 2005, vous avez obtenu le Prix du Meilleur Court métrage en Langue Étrangère du New York- Las Vegas Independent International Film Festival.

Bien que ce soit un prix important, ce fut le seul qu’ait reçu ce court métrage. En Espagne nous l'avons présenté uniquement dans une douzaine de festivals ; sans doute aurions-nous du faire davantage sa promotion.

Les courts métrages ont une vie très limitée ; si en deux ans ils ne se sont pas bien « vendus », c’est fini.

Le 15 septembre dernier vous avez présenté le court métrage The Awakening of the Sleeping Beauty (« Le Réveil de la Belle Endormie »), que vous avez tourné en anglais afin qu’il accède plus facilement au marché usaméricain. Est-ce qu’on le comprend mieux là-bas qu'ici ?

Ce n'est pas une question de compréhension ; je crois qu’il est compris partout de la même façon. Ce dont je suis sûr c’est que si ce travail peut obtenir quelque bénéfice économique, il ne peut l'obtenir qu’aux USA.

En Espagne il n'y a pas de marché pour les courts métrages ; seulement des festivals. Donc ici, bien sur, nous le montrerons, mais avec des sous-titres en castillan.

Ce n'est pas un acte gratuit de pédanterie, mais une logique d’entreprise. Un court-métrage est un produit audio-visuel fabriqué par une maison de production qui veut le rentabiliser… ; et elle va là où il y a un marché.


Making off du court-métrage La Canción de Marta (la Chanson de Marta) d'Abbé Nozal, avec Lucía Quintana et Nacho López. Le court métrage a obtenu en 2005 le Prix du Meilleur Cour- métrage en Langue Étrangère du New York- Las Vegas Independent International Film Festival.


Vous avez choisi l’auberge San Zoilo de Carrión des Condes pour réaliser ce film.

Moi, je le dirais dans le sens inverse : que c’est San Zoilo qui nous a choisi, et nous les remercions infiniment y compris la productrice. Le lieu est circonstanciel. Nous étions sur le point d'aller tourner à Malaga, mais San Zoilo nous a apporté toutes les facilités. Pour tourner je n’avais seulement besoin que d'un miroir et d’un point à cinq mètres de haut dans le dortoir…

Votre roman El Dollar y la Virgen Negra (le Dollar et la Vierge Noire) a t-il déjà été publié ?

Non, pas encore. Le roman est écrit depuis plusieurs années. Je l’ai terminé pour pouvoir le passer au scénario et je suis en train de finir la septième version du scénario avec l’aide d'Andrés Longares, un des meilleurs scénaristeS au monde.

Vous voulez tourner cette histoire avant de la publier ?

Oui, oui ; je suis plus intéressé à le filmer qu'à le publier. Bien que mon excellent ami et brillant écrivain Manuel Talens - La parábola de Carmen la Reina, La cinta de Moebius (La parabole de la Reine Carmen, Le ruban de Moebius), etc.- se soit engagé à le publier. Ma femme, aussi, insiste sur le fait que je dois le proposer à une maison d’édition. Mais sur ce point je suis un peu radical. Je crois que le langage contemporain par excellence est le cinéma, un cran au-dessus du roman, de la peinture, de la sculpture…

Tourner cette histoire El Dollar y la Virgen Negra est un projet à long terme, pour l’instant en « stand by » (en attente), depuis le début il est pensé pour être tourné en anglais. Je suis une catastrophe en anglais et, cependant, je tourne en anglais car comme je t’ai déjà dit, je veux qu'il sorte sur le marché. En Espagne, les longs-métrages en espagnol, n’ont pas assez d’ouvertures pour que cela sorte comme un feu d’artifices.

Que vous donne le cinéma que les autres arts ne vous donnent pas ?

Un film donne des satisfactions dès le début, de l’écriture du scénario, en passant par le choix de l’équipe, le tournage, le montage… jusqu'au visionnage et à sa présentation dans les différents festivals.



El Descojono (La Déconnade), huile sur toile 100 x 100 cm, de la série ArtDollar

 

Vous avez cumulé 22 expositions individuelles et 62 collectives. Depuis combien de temps ne présentez-vous pas vos créations picturales à Palencia ?

Depuis 1999.


La diosa Justicia ve y cobra (La déesse Justice voit et encaisse), huile sur toile 100 x 100 cm, de la série ArtDollar

De quoi votre nouvelle œuvre picturale est-elle composée ?

Je la divise en deux collections. Une collection est appelée Obispero (Évêquerie). C’est le prolongement de ce j’ai beaucoup écrit à propos de la religion et du clergé, un sujet qui m'a passionné tant d'années et qui me passionne encore. Peut-être, est-ce parce que je vois qu'en Espagne les différentes options, religieuses ou laïques, ne sont toujours pas respectées. Par exemple, il y a encore des gens qui se demandent quel mal il y a à faire réciter le Notre-Père à un enfant dans l'enseignement public, ou pourquoi un crucifix ne doit pas être accroché au mur d’un collège public. C’est tout simplement une manifestation de manque de respect. Les crucifix, mettez-les vous-même dans vos maisons, et pas dans des lieux publics. L'Obispero vise ces choses et dans cette collection je représente des évêques, des curés, des nonnes,…Dans l'autre collection je rassemble l'actualité et j’insère une série audiovisuelle.


Educación para la feligresía (Éducation pour les paroissiens), 90 x 70 cm, huile sur toile, 2007

Que représente pour vous l'Église catholique ?

Ah, l'Église, le clergé…Plus ils sont loin, mieux ce sera. Le clergé il faut lui mettre un frein. C'est une bande d’escrocs organisée, que les politiciens acceptent. Je ne comprends pas comment le gouvernement espagnol peut maintenir encore, sans honte, l'accord de 1979 avec le Saint Siège – quelle aberration d’appeler Saint Siège un Etat du Vatican sorti du caprice fasciste de Mussolini ! - : cet accord de 1979 ayant servi à remanier celui existant de 1953, est toujours maintenu et est en contradiction avec de nombreux articles de la Déclaration Universelle de Droits Humains ; tout le monde dénonce cet accord de 1979 parce que l’on sait qu'il est clairement anticonstitutionnel, entre autres, car l’article 10 de notre Constitution fait référence et promet fidélité à la Déclaration Universelle de 1948.

Comme je te disais – excuse-moi si je m'étends trop -, depuis 1979 nos hommes politiques acceptent que tous les Espagnols payent chaque année une immense fortune aux ecclésiastiques représentants du Vatican, aux évêques et aux archevêques de la Conférence Épiscopale qui, comme des seigneurs féodaux, vivent encore en appliquant le national-catholicisme rance qui soumet ce pays depuis déjà soixante-dix ans.


Treize religieuses et un ecómono (écosinge, jeu de mots avec ecónomo), 64 x 80 cm, huile sur toile, 2007

Que représente l'Église pour moi ? Le maintien d'une infamie consentie par les politiciens. L'Église est un monument historique à l'irrationalité. Elle représente un des plus grands crimes contre la dignité et l'égalité de la femme (Je trouve inexplicable, qu’aujourd'hui, il puisse exister encore une seule femme intelligente qui soit volontairement attachée au catholicisme, au christianisme, au judaïsme ou à l'islamisme).


Chrysalide ou l'accolade plastifiée, huile sur toile 100 x 100 cm, série ArtDollar

Quel est le rôle de l'érotisme dans votre peinture ?

L'érotisme a toujours joué un rôle très important dans tout ce que j’ai fait ; il y a de l’érotisme jusque dans mon dernier « court», bien qu'il fasse allusion à la violence machiste ou, précisément, pour cette raison. Tout excuse est bonne pour l'érotisme.

Croyez-vous que le machisme finira par s’éteindre ?

Plusieurs générations devront encore passer, pour qu'il disparaisse un jour, car l'éducation des enfants continue d’être machiste, tout comme e ce qu’ils vivent chez eux ou ce qu'ils voient à la télévision.

Ce qui est terrible c’est que la femme a été éduquée dans cette culture machiste et elle la porte en elle. À tel point qu’elle l'assume comme une situation inévitable.


Avez-vous été un précurseur de votre époque ou un irrévérencieux de nature ?

Voltaire ou Leonard de Vinci ont été des précurseurs de leur époque, par exemple, qui ont probablement rêvé, l'un sa Pucelle d'Orléans sous forme de film en 35 mm et l'autre de lames d'acier pour mettre des ailes vertigineuses à son engin volant.

Au contraire, j'ai la sensation d'arriver toujours trop tard, à l'exception du cinéma, dans lequel je suis arrivé au moment opportun où le modèle traditionnel est à l’agonie. Le celluloïd arrive à son terme, et si nous le voyons encore sur les grands écrans c’est parce que des exploitants de salles de projection ne se font pas à la reconversion numérique et attendent que les distributeurs réinvestissent une partie du magot qu'ils vont gagner avec le changement au numérique.
 


Making off de La Canción de Marta (La Chanson de Marta), d'Abbé Nozal, avec Lucía Quintana et Nacho López. Le court métrage a obtenu en 2005 le Prix du Meilleur Court-métrage en Langue Étrangère du New York- Las Vegas Independent International Film Festival

On tourne, aujourd'hui, avec des moyens numériques, parce qu’ils n’ont que des avantages. Malgré cela, les producteurs sont obligés de modifier le 35 millimètres parce que les salles ne sont pas encore équipées pour projeter des films ou des vidéos en numérique. Mais ce changement viendra sûrement et sans tarder, peut-être avec un plan de subventions du gouvernement pour adapter le matériel des exploitants des salles. Disons dans un an ou deux.

De quoi vit Abbé Nozal ?

Je survis grâce à Internet avec la vente des mes œuvres graphiques, des tableaux et des illustrations pour les maisons d’édition. Occasionnellement, des fresques murales sur céramique et sur ciment. Et j'espère pouvoir sortir à moyen terme ma première sculpture-vitrail.

À part çà, avec ma maison de production, CASIBIEN PRODUCCIONES AUDIOVISUALES, où Alberto Arija est mon associé, nous avons cinq projets bien placés qui seront sûrement diffusés, en 2010, sur les canaux privés de la télévision. Nous avons aussi d'autres projets audio-visuels de type éducatif qui sont en ce moment sur la table des communautés de Madrid et de Murcia ou en cours d'exécution pour la Junte de Castille et Léon.


Si ces projets réussissent, serez-vous à l’abri ?

Je suis déjà couvert (rires). Pour moi l'argent n'est pas une chose prioritaire ; quand j’en ai, je le dépense ; quand je n’en ai pas, je me restreins.

De toute façon, le bénéfice n’est pour moi qu’une possibilité de créer de nouveaux projets. J’ai de la tristesse pour les gens qui meurent en laissant derrière-eux une grande fortune. Ces gens ne connaissent pas la joie de vivre en coolectivité. Ills méritent l'épitaphe : "Ci-gît un idiot".


Vous avez mentionné une prochaine sculpture-vitrail, pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit et où elle sera placée ?

Il s'agit d'un ensemble sculptural formé par l’union de l'eau, de la lumière et lde a couleur. Je veux porter la couleur jusque sur les places ou sur les rond-points de nos villes. Acier, vitrail de béton, eau, bronze et fibre de verre. La série s’appelle The Memory of Water (La Mémoire de l'Eau). Avec elle je veux rendre un hommage personnel aux malades d'Alzheimer.


Projet de Sculpture-Vitrail The Memory of Water, d'Abbé Nozal, pour une place de Palencia

J'insiste sur ce projet depuis six ans. J'aimerais énormément pouvoir dresser la première sculpture-vitrail dans ma ville, à Palencia, bien que je n’exclue pas le faire dans d'autres villes dans lesquelles des discussions à ce sujet ont été entamées, comme San Benedetto (Italie) ou Cancún (Mexique). Pour chacune de ces villes j'ai crée un projet différent.

Abbé Nozal est-il un exemple qui prouve qu’Internet est un bon outil pour vivre ?

Sans Internet je n'aurais pas survécu professionnellement. J'ai survécu et j'ai grandi dans le contexte d'Internet. Internet façonne un monde qui est la réplique du monde actuel, mais souvent plus authentique que ce que nous appelons la réalité.

Est-ce que vous vous rendez aux expositions qui sont organisées dans votre ville de Palencia ?

Oui, oui, bien que j'essaie d'y aller plusieurs jours après le vernissage, quand le glamour politico-culturel s’est dissipé.

Quelle vision avez-vous de la production artistique locale ?

Ça c’est une question empoisonnée, parce que je vis ici et je continuerai à le faire, si bien que… Je ne me suis jamais prononcé sur aucune exposition, je maintiendrai cette position.

A Palencia il y a quelques personnes avec beaucoupo de talent. Mais Palencia n'entre pas dans le marché de l'art national, sauf une ou deux personnes dont je tairai le nom ; nous autres, nous assistons comme des guignols au cirque du marché.


Hier peintre, aujourd'hui cinéaste, demain quoi ?

Hier et aujourd'hui peintre et cinéaste, demain macchabée (rires), un macchabée sur lequel j'espère que personne n'ira réciter un Notre-Père ou poser un crucifix. Aujourd’hui que je suis encore vivant je demande, pour mon futur cadavre, du bon sens et un peu de respect, s'il vous plaît. Aucune cérémonie catholique - ni d’aucune autre mythologie, et les cendres de mes os dans l’égout le plus proche du dénouement. Curés et fanatiques religieux, s'abstenir.


Évêque Onano, 64 x 34 cm, huile sur toile, 2007

Ce qui est clair c’est que vous êtes un personnage à plusieurs facettes.

Oui, chacun est ce qu’il est, comme dirait La Palice. Il se trouve que la praxis créative est toujours la même, on ne la modifie pas, que ce soit en peignant un tableau, en faisant une illustration, en écrivant un roman, un scénario ou en dirigeant un court métrage… Si on regarde bien, tourner un film c’est comme peindre un tableau. Il faut se confronter à de nombreuses variables et à leur possible solution, en usant de la technique personnelle acquise au cours du temps. Du temps et de l'histoire personnelle de chacun. Une touche sur une toile pour faire ressortir un point de lumière, peut être la même chose qu'un mouvement en perspective face à la caméra, qui grâce un plan de détail montre l’éclat brillant d'une larme.
 


El baile de la economía sumergida (La danse de l'économie immergée), 2001, huile sur toile 38 x 38 cm, 30 ex.numérotés

 


Source : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10200&lg=es

Article original publié le 7 octobre 2009

Sur l’auteur

Abbé Nozal, Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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REMUE-MÉNINGES: 23/03/2010

 
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