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19/10/2017
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La CELAC représente une victoire des peuples d’Amérique latine contre l’hégémonie du capital et du gouvernement US

Bolívar a battu Monroe


AUTEUR:  João Pedro STÉDILE

Traduit par  Armando García. Édité par Fausto Giudice


La journée du 23 février [2010] restera dans l'histoire de l'articulation entre les gouvernements et les peuples latino-américains. La tenue réussie d'une conférence continentale, avec la participation des 33 chefs d'États de tous les pays -à l'exclusion du Canada et des USA-, a marqué, par le biais de la fondation de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC), la mort politique de l'Organisation des États Américains (OEA) et le commencement d'une nouvelle étape d'intégration politique entre les Latino-américains eux-mêmes.

Un peu d'histoire

L’OEA avait été fondée le  30 avril 1948,, dans le contexte de l'hégémonie politique et militaire des USA sur l'Amérique Latine et dans le climat de Guerre Froide récemment initiée contre les gouvernements socialistes de l'Est et les forces populaires de nos pays. 21 pays de tout le continent, tous subordonnés aux intérêts de l'empire du nord, participèrent à la conférence fondatrice.

L'objectif était clair : avoir un mécanisme juridique qui permette de soumettre les gouvernements d'Amérique Latine et de la Caraïbe aux intérêts du capital US. Et mettre en pratique la théorie de Monroe : « L'Amérique pour les Américains »... du nord !

Et il en fut ainsi. Le gouvernement US transforma l'OEA et les gouvernements subalternes en marionnettes à la solde de ses intérêts. Celui qui dépassait la ligne était puni. Ils utilisèrent l'OEA, tout au long de ces décennies, pour justifier des putschs militaires et des interventions dans presque tous les pays  -1954 au Guatemala, 1965 en République Dominicaine, ainsi que plusieurs dans les années 1970. En 1962, ils expulsèrent Cuba de l'organisation après que la  Révolution se fut proclamée socialiste ! On se souvient que, plus récemment, le représentant de l'OEA fut le premier à s'adresser au putschiste Pedro Carmona en tant que président après le coup d'État du 11 avril 2002 au Venezuela. En 2009, les efforts de l’OEA pour empêcher le maintien du régime putschiste au Honduras furent ridicules. Tout le monde savait que le complexe industriel et militaire des USA était à l'origine du coup d'État.

Dans le domaine économique, l’OEA parraina, dans les années 1960, l'Alliance pour le Progrès comme réponse aux avancées révolutionnaires dans la région. Dans les années 90, elle parraina les initiatives US de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA)[1]. Dans ses objectifs statutaires figure la promotion du « libre-échange » dans la région.

Les années ont passé : l’OEA a été discréditée et mise politiquement en déroute. Elle a même essayé d'ouvrir les portes à Cuba -qui a fièrement refusé de revenir.  Et la défaite imposée dans la rue par les mobilisations populaires contre la ZLEA et le putsch militaire au Venezuela atteignent à présent les salons diplomatiques.

Décision historique

Lors d'une conférence historique tenue uniquement entre les présidents latino-américains, même avec la participation de gouvernements de droite comme ceux du Mexique, de Colombie et du Panamá, et hormis le gouvernement illégitime d'Honduras -mais acceptant le Honduras en tant que peuple-, les présidents ont pris une décision historique : fonder une nouvelle conférence d'États latino-américains, sans la présence du Canada et des USA.

Naissance de la CELAC

La CELAC représente la victoire des peuples d'Amérique Latine sur l'hégémonie du capital et du gouvernement US. Elle équivaut à la récupération du beau rêve de Simon Bolívar qui convoqua en 1826, à Panamá, un congrès latino-américain pour créer une conférence unificatrice des peuples du Sud aux fins d'affronter les empires. Bolívar a enfin vaincu Monroe.

La CELAC est le fruit de beaucoup d'efforts antérieurs, tout au long de l'histoire. La première conférence politique de la CELAC, à caractère constitutif, est déjà décidée. Elle a été fixée de manière significative en juillet 2011, bicentenaire du début de l'indépendance des pays d'Amérique Latine, et se tiendra à Caracas, au Venezuela -la terre de Simón Bolívar.

Parallèlement à cette conférence et à l'articulation institutionnelle des États latino-américains, la construction d'une intégration plus politique et populaire est également en marche : l'ALBA-TCP. La Alianza Bolivariana para los pueblos de nuestra América / Tratado de Comercio de los Pueblos[2] récupère l'esprit de Bolívar, Martí, Mariátegui, Che Guevara, Allende, Marighella, Prestes, Jacob Arbenz, Haydee Santamaría et tant d'autres, pour nous construire une grande patrie latino-américaine.

Une patrie avec un peuple et un territoire unis, intégrés par la complémentarité de ses richesses naturelles, de sa force de travail, de sa culture, dans un effort commun pour la construction de sociétés plus justes, égalitaires et fraternelles -au sein desquelles la priorité sera donnée aux personnes et à la justice sociale, et non au luxe et au profit.

Le chemin vers la construction de l'ALBA et de la CELAC est long, mais nous pouvons déjà, au moins, fêter une petite victoire : Bolívar a mis en déroute la théorie de Monroe - du moins au niveau diplomatique.


Source : Brasil de fato Éditorial du n° 366 - Bolívar derrotou Monroe

Article original publié le 4/3/2010

Sur l’auteur

Armando García et Fausto Giudice sont  membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
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AU SUD DE LA FRONTIÈRE: 25/03/2010

 
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