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14/12/2017
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INDE: Nouvelle attaque de la guérilla à Chhattisgarh-La bataille de Mukram


AUTEUR:  Björn Brum

Traduit par  Fausto Giudice



Le « A » indique le district de Dantewada dans le sud de Chhattisgarh

Il ya quelques jours le ministre de l'Intérieur  indien s’est rendu à Lalgarh dans le Bengale occidental. Il a accusé les maoïstes d'être lâches et de se cacher dans les forêts. Lui-même s’est déplacé d'une piste d'atterrissage pour hélicoptères à un poste de police, bien caché derrière plus d'un millier de policiers, puis il a rapidement quitté les lieux. Mais dans une interview il a admis que la guerre contre les maoïstes ne se passe pas vraiment bien.

Du point de vue de l’État indien, on serait plus tranquille si les maoïstes restaient cachés dans les forêts et ne se montraient pas. Mais ils viennent de mener une nouvelle attaque de grande envergure dans leur zone centrale de Dantewada dans le sud de Chhattisgarh, assez importante pour se retrouver en première page du New York Times. Le Times of India a également rapporté l’événement, bien sûr.

On n’a pas de chiffres exacts, mais il semble que 70 à75 membre d’une une force paramilitaire de quelque 80 hommes aient été tués. Cela semble avoir été une opération surprise bien préparée de la part des maoïstes, caractéristique de leur façon méthodique de travailler. Vraisemblablement, du côté du gouvernement, on a également fait des erreurs que la guérilla a pu exploiter. Peut-être qu'il fait trop chaud en ce moment pour courir dans la jungle et faire la chasse à des guérilleros qui connaissent la forêt comme leur poche. On se fatigue et on perd sa vigilance.
Les maoïstes ayant participé à l’attaque auraient été 1 000, mais qui les a comptés ? Ils sont sûrement restés cachés. Mais on peut supposer qu’aussi bien des soldats de l’armée maoïste PLGA que des membres de leurs milices ont participé. Le nombre de paramilitaires morts suite à l’explosion d’une mine dans l’État voisin d’Orissa s’élève maintenant à onze.

La dure leçon est que  les«véhicules antimines » ne  sont pas si sûrs que ça. Les véhicules peuvent rendus plus résistants aux explosions, mais a guérilla peut aussi frabriquer de smines plus puissantes. Les patrouilles automobiles, ainsi que les patrouilles plus petites à pied, ont du mal à se déplacer dans les zones contrôlées par la guérilla. Là, on peut compenser par l'envoi de troupes importantes à pied, mais la question est de savoir si elles sont gérables contre ce type d'adversaire. Et des unités régulières blindées de l'armée ne pourraitent peut-être pas non plus être efficaces dans la jungle dense.

Je suis un peu surpris qu'il y ait déjà des combats si importants si rapidement après le déclecnhement de l’offensive gouvernementale ; je pensais que la guérilla s’esquiverait encore un certain temps et essaierait peut-être de mener des opérations à quelque distance de ses zones centrales. Mais il se peut qu’une offensive mal menée  offre des occasions que la PLGA ne peut surtout pas rater (on peut balayer une force gouvernementale et récupérer ses armes), ou alors on trouvait que les troupes gouvernementales avaient approché de trop près des objets que l’on souhaitait protéger. La direction du parti maoïste se trouvait peut-être dans cette zone. Ou bien les maoïstes veulent montrer à la fois aux amis et aux ennemis ce qu’ils peuvent faire s’ils veulent. En tout cas, on a vu le résultat. Pour les maoïstes, il s’agit avant tout d’un combat politique, même s’il est mené avec des armes automatiques et parfois des arcs.

Le moral des gouvernementaux ne va pas être élevé après ça.  En revanche la position des maoïstes dans le « couloir «ouge» va être encore renforcées. Peut-être cela affectera-t-il aussi la situation troublée à Telengana dans le nord de l'État d'Andhra Pradesh. Cette zone est voisine de  la zone de combat, et une vive agitation en cours pour que Telengana devienne un État propre  avec Hyderabad comme capitale. Les maoïstes appuient cette revendication.


 Cliquez sur l'image pour l'agrandir. Elle vient
d'ici.

L'image ci-dessus prétend montrer à peu près comment s'est passée à la "Bataille de Mukram". Mukram est un petit village qui se trouve à quelques kilomètres de l'endroit en Inde, où une force de 82 soldats paramilitaires a été anéantie par la guérilla maoïste il ya quelques jours. L'incident a a mis l’establishment indien dans tous ses états, mais nous ne savons pas encore quelle signification il pourra réellement avoir. Comme ce n'est pas la première fois que les maoïstes ont réusi une opération de grande envergure, cela peut se répéter, mais des combats singuliers  ne devraient pas déterminer l’issue de la guerre.

On évoque ça et là des  négociations entre les maoïstes et le gouvernement, mais ça a l’air d’être du vent. À l'heure actuelle, le gouvernement doit faire montre d’une main de fer pour ne pas perdre la face  (ce qui est de toute façon le cas), tandis que l'Armée populaire de guérilla de libération peut continuer à s’esquiver quand elle ne veut pas aller à la bataille - et frapper quand des occasions en or s’offrent, comme à Mukram. Et on ne peut pas croire que le gouvernement et les grandes entreprises vont renoncer à leurs plans de prise de contrôle des ressources naturelles dans les zones où vivent les populations tribales. Les tribaux sont la principale base politique des maoïstes. Donc, la violence devrait continuer.

L'article dit, à propos de l’ «Opération Green Hunt » (Chasse verte…) du gouvernement : « Le chasseur n’est pas seulement devenu le chassé. Dans ce chapitre de l'opération Green Hunt, les forces de l'État ont également servi àapprovisionner l’arsenal des rebelles. »  En d'autres termes,  beaucoup de matériel que les paramilitaires avaient avec eux, armes, gilets pare-balles et autres, a fini entre les mains de la guérilla. Comme on pouvait s’y attendre.

L’interview de l'un des rares survivants montre comment tout cela a été chaotique pour les paramilitaires. La guérilla avait pu poser des mines aux endroits appropriés et a tiré à partir de positions préparées. Elle avait la situation bien en main tandis que les hommes du gouvernement ont été presque complètement désorientés. C'était peut-être cette supériorité tactique qui a amené les paramilitaires à voir des  guérilleros partout, mille et plus. Maintenant, ils se sont enfermés dans leur camp et refusent de parler aux journalistes. C'est sans doute plus cool pour eux de rester là.



Source : le blog de l'auteur Ny stor attack i Chhattisgarh / Slaget vid Mukram

Article original publié le 8 avril 2010

Sur l’auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
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ZONE DE TYPHONS: 09/04/2010

 
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