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19/01/2018
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Le rGBH, une hormone qui tue

Mauvais lait


AUTEUR:  Silvia RIBEIRO

Traduit par  Gérard Jugant, révisé par Fausto Giudice


Une grande partie de la production industrielle de lait aux USA et au Mexique utilise une hormone transgénique de croissance bovine appelée rBGH, propriété de Monsanto, qui la dénomme Somato-Tropine Bovine ou BST (son sigle en anglais). C'est une hormone que l'on injecte aux vaches et qui double leur production de lait. Cela a des effets très négatifs sur la santé du bétail, mais aussi peut avoir des conséquences fatales pour ceux qui consomment ces laits. Cette hormone transgénique provoque la baisse dans le lait du niveau d'une autre hormone appelée en anglais IGF-1 (facteur de croissance insulinique type 1). Des études récentes montrent que les niveaux anormalement élevés de cette seconde hormone s'associent avec le surgissement de cancers du sein, de la prostate et du colon.

Selon le docteur Michael Hansen, conseiller de l'Union des Consommateurs des USA, qui a analysé et rassemblé ces études (www.organicconsumers.org/rbgh0724_monsanto_rbgh.cfm), les vaches auxquelles cette hormone est injectée connaissent une augmentation significative dans la fréquence de 16 maladies, y compris des infections des mamelles et des problèmes de gestation. Les vaches souffrent énormément et, de plus, le lait contient des restes d'antibiotiques, de pus et de sang, du fait des maladies et traitements continuels auxquels elles sont soumises. Cela génère une plus grande résistance aux antibiotiques chez ceux qui consomment ce lait et ses dérivés, ce qui depuis longtemps pose un grave problème de santé publique.

Bien que l'usage de cette hormone artificielle soit interdit en Europe, au Canada, au Japon, en Nouvelle-Zélande et en Australie, son usage commercial est autorisé au Mexique, au Guatemala, au Honduras, au Costa Rica, au Panama, au Brésil, en Colombie, en Équateur, au Pérou, au Venezuela et dans huit pays d'autres continents, sur la base d'études que Monsanto fournit aux agences usaméricaines de réglementation.

L'hormone transgénique de croissance bovine est en circulation aux USA depuis 1993. Déjà à cette époque son approbation était entachée d'irrégularités et dans divers documents ressortait la relation absurdement étroite de Monsanto avec les fonctionnaires de la FDA (Administration des denrées alimentaires et médicaments), qui approuvèrent la vente commerciale de l'hormone et du lait des vaches traitées par elle.

Dans les propres rapports de Monsanto à la FDA il était indiqué que les vaches souffraient de plus de maladies et que dans le lait des vaches traitées par l'hormone bovine de croissance il y avait une augmentation « significative » (sic) de l'hormone IGF-1. Mais dans ses conclusions, l'entreprise écarte que cela aurait quelque impact sur la santé humaine.

Ce n'est pas la première fois que Monsanto a ce comportement: il l'a eu avec d'autres études qui mentionnaient la toxicité de variétés de pommes de terre et de maïs sur des souris de laboratoire. En dépit des preuves de dommages fournies par ses propres expériences, elle concluait: « ils ne sont pas importants », alors qu'une révision ultérieure des résultats par des scientifiques indépendants devait montrer le contraire.

Au fur et à mesure que sont divulgués plus de rapports qui montrent les risques de l'hormone rBGH, le rejet par les consommateurs usaméricains s'exprime avec plus de clarté. Des grandes chaînes de supermarchés comme Kroger, Safeway et la chaîne de cafétérias Starbucks ont promis à leurs clients qu'ils n'auront pas de lait avec des hormones artificielles.

Aucun produit transgénique n'est étiqueté aux USA, parce que dès leurs débuts, les entreprises productrices de transgéniques ont obtenu par des pressions de tous types qu'on n'utilise pas une étiquette indiquant « contient des transgéniques » ou toute autre formulation qui l'indique, bien que ce soit le cas. Il est certain que dès lors ils savaient qu'ils avaient beaucoup à cacher.

Label de certification d'absence de BST

Maintenant, face aux actions de ces supermarchés (motivées par le rejet des consommateurs) la réponse de Monsanto est de harceler les autorités pour que l'on ne puisse pas non plus étiqueter que le lait « ne contient  pas » cette hormone transgénique. Monsanto avance qu'étiqueter est une façon de « tromper » les consommateurs, puisque, selon l'entreprise, il n'y aurait aucune différence entre le lait aux hormones etles autres.

Comme l'explique le docteur Michael Hansen, les consommateurs comprennent bien ce que signifie « sans hormone de croissance bovine » ou « sans hormones artificielles BST », et reconnaissent la valeur de produits dont l'étiquette indique « sans colorants artificiels » ou « sans arômes synthétiques ». La décision de vouloir ou non une étiquette informative appartient aux consommateurs et non aux entreprises qui font des profits avec ces additifs et produits transgéniques. Dans le monde entier, les enquêtes faites auprès des consommateurs pour savoir s'ils préfèrent ou non l'étiquetage des transgéniques, donnent de 80 à 98% en faveur de l'étiquetage.

Au Mexique, il existe deux marques de lait organique qui déclarent être libres d'hormones BST, mais cette hormone est utilisée dans 24 bassins laitiers et les marques qui s'y approvisionnent ne déclarent pas leur contenu dans leurs produits.

Avec les nouveaux rapports qui circulent, les pays qui ont approuvé cette hormone devrait interdire en urgence son usage, comme l'ont déjà fait la majorité des pays industrialisés.

  

Le débat est vif aux USA sur le BST. Deux livres y ont contribué. Le premier est What’s In Your Milk?: An Exposé of Industry and Government Cover-Up on the Dangers of the Genetically Engineered (rBGH) Milk You're Drinking (Qu'y a-t-il dans votre lait ? Un exposé de l'occultation par l"industrie et le gouvernement des dangers liés au lait génétiquement manipulé (rBGH) que vous buvez) de Samuel S. Epstein M.D. Le Docteur Epstein a mené campagne contre l'utilisation du BST depuis 1989. Il a pu convaincre de nombreux pays d'interdire cette hormone. Pour l'avoir interviewé, une journaliste, Jane Akre, a été licenciée par la chaîne Fox Television : cette affaire a inspiré le film The Corporation. Le second est Milk - The Deadly Poison (Lait - le poison mortel), par Robert Cohen.


Source : http://www.jornada.unam.mx/2007/10/13/index.php?section=opinion&article=021a1eco

Article original publié le 13 octobre 2007

Sur l’auteur

Gérard Jugant et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=3930&lg=fr


REMUE-MÉNINGES: 17/10/2007

 
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