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18/12/2017
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Les procès de Nuremberg et l’actuelle crise financière globale


AUTEUR:  Jorge ALDAO

Traduit par  Esteban G., révisé par Fausto Giudice


Entre 1945 et 1949, à Nuremberg, ville allemande, une série de procès judiciaires s’étaient déroulés contre les leaders du nazisme et leurs subordonnés, responsables de toutes sortes de crimes durant la seconde guerre mondiale.

Lors de ces procès, les juges nommés par les puissances victorieuses avaient condamné à mort un grand nombre de ces hiérarques nazis et certains autres à de longues peines de prison dont quelques-unes à perpétuité.

Le plus remarquable, c’est que ces procès ont été faits en violation du principe de base du droit pénal, exprimé dans la locution latine « nullum crimen nulla poena sine praevia lege »[1], ce qui signifie que, quel que soit l’acte, s‘il n’a pas été auparavant défini comme crime ou délit par la loi, il ne peut être considéré comme tel et ne mérite pas de sanction.

Et, si personne ne discute de la justesse de ce principe du droit, les circonstances et l’énormité des sauvageries commises par le nazisme ont légitimé la violation de ce critère juridique raisonnable, connu également comme le « principe de non rétroactivité des règles pénales ».

Il est certain qu’ à l’époque des procès de Nuremberg, il existait un vide légal qui empêchait de juger les gouvernements des pays souverains qui, sans aucune justification, déclaraient une guerre au monde. C’est pour cela que théoriquement, les nazis auraient du être jugés seulement par des tribunaux allemands et uniquement pour des crimes et délits antérieurement reconnus comme tels légalement.

Mais il est tout aussi certain que le nazisme avaient exercé un contrôle absolu sur les législateurs et les juges allemands, ce qui rendait chimérique la moindre intention de poursuite pénale pour les  crimes nazis, si l’on voulait respecter les principes traditionnels du droit.

Le comportement des autorités des organismes internationaux doit être considéré identiquement à celui des nazis, de même que celui des propriétaires, des dirigeants et des directions des entités bancaires et financières dont la soif de profit a fabriqué cette bulle spéculative qui aujourd’hui vient d’éclater à l’échelle mondiale.

À l’heure actuelle, ce séisme économique porte préjudice aux habitants des pays développés, bien qu’il ait provoqué, auparavant, des hausses insupportables des prix alimentaires, en condamnant à mort par asphyxie ou par maladies liées à la malnutrition, des millions d’habitants des pays les plus pauvres du monde et en provoquant des guerres dans tous les coins de la planète afin de s’approprier de leurs ressources naturelles.

On pourra dire, évidemment, que les comportements de ces capitaines de la finance mondiale ne sont sanctionnés par aucune norme pénale, qu’il pourrait tout au plus s’agir de non respect des règles bancaires ou, dans d’autre cas, de non respect des devoirs des fonctionnaires publics.

Cependant, le néolibéralisme et la finance en général, ont minutieusement organisé le dérèglement de la structure productive de la planète, en imposant à tout le monde – par l’intermédiaire du FMI, de la BM et de l’OMC[2] – des lois pour promouvoir la spéculation financière incontrôlée. Ils ont ainsi détruit, légalement, la sécurité alimentaire des peuples.
Ceci a été réalisé d’une manière très semblable à celle du nazisme qui a organisé, y compris juridiquement, la dévastation de l’Europe.
C’est pour cette raison que, les morts et les graves maladies avec leurs conséquences irréversibles pour les pauvres de la planète, ajoutés à l’appauvrissement croissant dans les pays développés et la violence grandissante liée à ce phénomène, doivent être considérés comme un génocide au sens le plus strict du terme.

Bien qu’ils aient été anti-juridiques, le jugement et la condamnation des responsables des crimes nazis, furent légitimes.

Alors, il serait tout aussi légitime, bien que non légal, de juger et de condamner ceux qui se sont extraordinairement enrichis avec les politiques économiques néolibérales qui ont appauvri et affaibli des dizaines de millions d’êtres humains qu’elles sont en train de conduire à la mort.

Et comme dans le cas du nazisme, ces banquiers et ces financiers criminels contrôlent le pouvoir politique de la majorité des pays et avaient prudemment veillé, au travers de la dérégulation, à ce que leurs conduites criminelles ne soient pas reconnues comme des crimes.

Ils savaient mieux que quiconque que les lois « ex post facto » sont anti-juridiques.

C’est pour cette raison que comme dans les procès de Nuremeberg, le principe de « nullum crimen nulla poena sine praevia lege » ne doit pas s’appliquer aux responsables de cette crise financière globale.

Les auteurs intellectuels d’une règlementation qui a permis de livrer légalement la planète au saccage ainsi que ceux qui se sont enrichis sans vergogne avec ce pillage, doivent être jugés et condamnés.


[1] « nullum crimen nulla poena sine praevia lege » : « sans loi préexistante il n'y a ni crime, ni sanction ».

[2] FMI : Fond Monétaire International
BM : Banque Mondiale
OMC : Organisation Mondiale du Commerce


Source : Los juicios de Núremberg  y la actual crisis financiera global

Article original publié le 16/10/2008

Sur l’auteur

Jorge Aldao, Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6122&lg=fr



LES CHRONIQUES TLAXCALTÈQUES: 18/10/2008

 
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