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21/07/2019
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Le rôle de l'Argentine dans la préparation psychologique de l'attaque de l'Iran: Consolider la thèse


AUTEUR:  Adrian Salbuchi

Traduit par  Traduit par María Poumier


Parfois, il vaut vraiment mieux être seul qu'en mauvaise compagnie. Deux messagers sont passés récemment par Buenos Aires, comme deux oiseaux de très mauvais augure ; ils exercent une énorme influence sur le gouvernement du président Kirchner.

Yona Metzger, grand rabbin d'Israël, a effectué une visite officielle à Buenos Aires du 27 au 29 juin 2005; il a été reçu par le président Nestor Kirchner. Au cours de l'audience, l'un des sujets abordés est celui des attentats terroristes contre l'ambassade d'Israël de mars 1992 et celui du siège de l'AMIA (Association Mutualiste Israël Argentine) le 18 juillet 1994 ; une conférence de presse retransmise par de nombreuses chaînes de télévision eut lieu ensuite, où le rabbin Metzger était entouré par l'ambassadeur d'Israël en Argentine Rafael Eldad, le grand rabbin d'Argentine Salomon Ben Amud et le secrétaire des cultes à la Chancellerie, Guillermo Oliveri.

A cette occasion, le rabbin Metzger a qualifié les deux attentats de « honte nationale » pour l'Argentine, et a été sarcastique sur les difficultés à retrouver les coupables, comme si « ces bâtiments s'étaient écroulés tous seuls ». Ceci, de la part d'un étranger en visite officielle, était une insulte gratuite ; il faut savoir que l'enquête du ministère de la justice est revenue au point de départ parce que des pressions directes et indirectes de la part des gouvernements étatsunien et israélien ont été exercées, aboutissant à une « version officielle » grossière et insoutenable. Le gouvernement Menem et le juge Galeano se sont prêtés au montage d'une accusation en direction d'un certain « terrorisme islamique » sans fondement.

Il est temps d'enquêter sérieusement sur la très plausible « piste israélienne » ; en effet, la « piste iranienne », les États-Unis et Israël l'ont longuement souhaitée pour justifier des agressions en préparation contre le monde musulman en général et contre l'Iran en particulier (voir sur le site de El Traductor Gráfico les arguments de Juan Gabriel Labaké dans le cadre de la défense du citoyen Kanoore Edul poursuivi par le gouvernement argentin pour des raisons ethnico-religieuses : il est d'origine syro-libanaise et de confession musulmane).

Les attaques terroristes contre AMIA et plus particulièrement contre l'Ambassade d'Israël (affaire dont on parle beaucoup moins, bizarrement) sont l'_expression d'une lutte entre Israéliens, qui menace de fracturer ce tout petit mais très puissant État imposé au Moyen Orient par l'action conjointe des États-Unis et de la Grande Bretagne, ou du moins ceux qui contrôlent ces puissantes nations, il y a presque soixante ans. Aujourd'hui nous voyons comment des colons sionistes fondamentalistes sur les terres palestiniennes luttent contre les forces de sécurité israéliennes qui prétendent leur faire renoncer à leurs implantations illégales. Incontestablement, la violence constitue un leit-motiv d'Israël depuis sa fondation en 1948. Les deux attentats de Buenos Aires sont à replacer dans le cadre de ces luttes intestines israéliennes qui depuis plus dix ans tentent de les faire endosser au « terrorisme musulman international » (que l'on nous présente comme acoquiné avec quelques vieux facho-péronistes, ou encore, comme disait Arturo Jauretche, « nippo-nazi-facho-phalanjo-péronistes »). Un point culminant de ces rivalités fut l'assassinat en public du premier ministre Yitzak Rabin qui s'était engagé à trouver une solution pacifique avec les Palestiniens. L'assassin Ygal Amir était un jeune fanatique de l'extrême droite sioniste étroitement lié au Shin Beth, le service de sécurité intérieure d'Israël. C'est un des centaines de milliers de fanatiques fondamentalistes racistes et sionistes israéliens qui ne veulent pas entendre parler du moindre accord avec les Palestiniens.

La piste israélienne implique de partir d'une autre hypothèse de travail : que les deux attentats aient eu lieu à l'instigation d'Israël et des États-Unis, avec la couverture de la République argentine depuis le gouvernement de Menem jusqu'à celui de Kirchner, l'actuel président. Rappelons la méthode criminelle mise en ¦uvre dans les deux attentats : destruction de deux bâtiments publics alors qu'ils étaient occupés : cela fut inauguré en 1947 par le groupe Irgoun Zvai Leumi qui a fait exploser des bombes à l'Hôtel du Roi David à Jérusalem, qui servait de siège au commandement militaire britannique en Palestine. Cet attentat fit une centaine de morts et d'innombrables blessés. Cette opération terroriste fut planifiée et dirigée par le futur dirigeant du Likoud, Menahem Beghin, ensuite premier ministre et prix Nobel de la « paix ». Il est évident qu'il y a des groupes israéliens experts dans ce type d'attentats.

Comment a pu se répandre le mensonge probable selon lequel les attentats contre l'Ambassade d'Israël et l'AMIA étaient le fait de terroristes musulmans ? On peut le comprendre en observant la façon dont les mêmes intérêts et structures de pouvoir ­États-Unis, Israël et le Royaume Uni- ont envahi l'Afghanistan et l'Irak sur la base de mensonges flagrants, sans que le monde soit parvenu à réagir. On peut commencer à comprendre le 11 septembre 2001 à partir du moment où le considère sous l'angle d'un complexe auto-attentat, nécessaire pour justifier une déclaration de guerre contre le « terrorisme international musulman ». A la clé, il faut poser certaines questions : qui a tiré profit du 11 septembre, qui en est victime ? Jusqu'à son discours le 28 juin, Bush a continué à utiliser le 11 septembre pour justifier le viol militaire de l'Irak, alors même que ses propres services de resneignement ont dit publiquement qu'il n'existe aucune relation entre Saddam Hussein et al-Quaeda.


Rappel : le sionisme international a des ambitions territoriales sur notre pays depuis que le fondateur du sionisme Theodor Herzl l'a annoncé, il y a 107 ans, dans son ouvrage fondateur L'état juif, dont l'un des chapitres propose précisément « la fondation d'un futur État hébreu en Argentine au moyen de la « cession de vastes territoires argentins à faible densité démographique (par exemple la Patagonie) en échange d'une « compensation économique ».Il serait intéressant de savoir si le rabbin Metzger [après s'être chaleureusement entretenu avec le président Kirchner] a également pris contact avec les groupes de sympathiques « excursionnistes » israéliens reconnaissables à leurs sacs à dos, qui pullulent en permanence dans la Patagonie argentine et chilienne et réalisant des relevés de différente nature, particulièrement à Santa Cruz, la province natale du président Kirchner [dont il a longtemps été gouverneur]. Cristina Fernández de Kirchner a fait une visite officielle en Israël en avril 2005, et a été nommée membre honoraire de l'Université Hébraïque. Elle a été remerciée à cette occasion pour son rôle dans la Commission d'enquête sur les attentats de 1992 et 1994. En février 2005, c'est le ministre de l'intérieur Anibal Fernandez qui a fait une visite officielle de cinq jours en Israël centrée sur les questions de sécurité, sur invitation de Gideon Ezra, chef de la sécurité intérieure israélienne. Elle a eu aussi des entretiens avec Ariel Sharon, Simon Peres et Reuven Rivlin, et l'ambassadeur argentin en Israël Atilio Molteni. Celui-ci a déclaré que « entre Israël et l'Argentine, il y a toujours eu coopération en matière de sécurité » ; nos deux Fernández ont bien sûr visité le musée de l'Holocauste ; ce sont de jeunes idéalistes qui aiment échanger des fleurs avec les dirigeants du plus grand État terroriste du Moyen Orient, celui qui a expulsé à feu et à sang presque deux millions de Palestiniens et qui aujourd'hui construit le Mur de l'Opprobre de plus de 600km, qui emprisonne les communautés palestiniennes, réalisant en pratique un gigantesque camp de concentration anti-palestinien en Palestine même. Ce véritable Auschwitz du Moyen Orient, c'est l'État d'Israël qui l'administre, ce qui ne semble pas arracher un soupir à Nestor, Cristina ou les leurs. Peut-être que les accords en matière de sécurité comportaient entraînement « spécial » et matériel pour réprimer et torturer le peuple argentin, comme le fait Israël depuis soixante ans contre les Palestiniens. N'oublions pas qu'en Israël la torture est légale. Est-ce qu'on va bientôt mettre en ¦uvre ces méthodes de terrorisme d'État dans la province même du président ? Par exemple à Pico Truncado et Caleta Oliva, qui sont le théâtre de la révolte croissante d'habitants qui ne connaissent que trop bien leur Kirchner ? Le grand rabbin Metzger est-il venu nous apporter la bonne nouvelle de la palestinisation prochaine de l'Argentine ? Étant donné qu'il a, avec la bienveillance du président, sermonné les Argentins sur la justice, les droits humains, l'éthique, et la dignité, nous offrons au lecteur quelques renseignements intéressants sur ce Grand Rabbin israélite, que nos médias ont soigneusement et discrètement omis : Metzger est poursuivi en Israël pour abus sexuel contre quatre hommes d'âges variés et de divers secteurs de la société ; il a falsifié la signature de témoins favorables lorsque le scandale a éclaté dans l'opinion publique israélienne (voir Haaretz, 25 avril 2003 : « Report : Chief Rabbi accused of sexually harrassing 4 males », par Baruch Kra, www.haretzdaily.com/hazen ). C'est peut-être la raison pour laquelle le patron de la ville de Buenos Aires Anibal « Cromagnon » Ibarra s'est précipité pour recevoir Metzger et le nommer « citoyen illustre de la ville de Buenos Aires (Ibarra est un véritable « travesti politique » et il veut faire passer une loi sur le mariage gay). Metzger a en outre été interrogé pendant 11 heures par le département de répression des fraudes israéliennes, car il est accusé de percevoir des pots de vin d'une importante chaîne d'hôtels de Jérusalem (voir www.ynetnews.com ); et la police israélienne a annoncé récemment disposer de preuves suffisantes pour le condamner pour fraude et abus de confiance (voir The Jerusalem Post, 21 juin 2005, www.jpost.com . En visitant le nouveau siège de l'AMIA, Metzger a été très clair : « plus on nous attaquera, plus nous riposterons, a-t-il dit. Il a avoué percevoir un réveil de la communauté juive dans le pays, et dit qu'il venait pour la fortifier et l'inspirer. Il semblerait que Metzger et Kirchner cherchent à refaire la scène décrite par la Jewish United fund de Chicago qui rend compte d'un communiqué daté du 8 février 2005, à Vienne : « des journaux autrichiens ont montré une photo exceptionnelle en première page : le grand rabbin ashkenaze d'Israël Yona Metzger impose les mains au président autrichien, Thomas Klestil, qui baisse la tête (voir : « Around the Jewish World, par Ruth Ellen Gruber, www.juf.org/newspublicaffairs ) Vive le vice-roi Kirchner !

 


Adrian Salbuchi. Auteur argentin, âgé de 52 ans. Il est chercheur, journaliste et conférencier, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont El Cerebro del Mundo: la cara oculta de la globalización, 2003.

Traduction française publiée dans Quibla.
Original espagnol publié dans El Traductor gráfico, numéro 26, 30 juin 2005


AU SUD DE LA FRONTIÈRE: 30/06/2005

 
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