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12/12/2017
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Héro$ de notre temps (4)

JL Hunter « Red » Rountree : l’homme qui ne voulait pas mourir sans avoir braqué quelques banques


AUTEUR:  Michel PORCHERON


10 ans avant “la crise” il s’était mis à haïr les banquiers. Il en mourut, derrière les barreaux. Ce vieux cheval de retour, entré dans sa cellule les mains en l’air, en sortit les pieds devant.  

                          

Fabuleux, fabuleuse, fabulous, épithètes facilement associés à tout et n’importe quoi, destin, festins, life, aventures ou encore Amélie Poulain, le Baron de Münchhausen, absolutely et tant d’autres s’il vous arrive de consulter un truc qui s’appelle Gougueul… Non.  Rien à voir.  

L’histoire de JL Hunter « Red » Rountree n’est pas « La fabuleuse histoire de JL Hunter « Red » Rountree ».

C’est l’histoire d’un mec, d’un type qui braquait des banques. Un serial braqueur. Un spécialiste du robbery.  Donc un mec pas comme les autres. On verra jusqu’où. En français, « braquage » est une « attaque à main armée »     

Lucas Jansen et Adam Kurland ont raconté dans un doc-TV inédit (USA, 2008, 67 mn) son histoire dramatique, humaine, amère, pathétique, qui a mal tourné, Red a fini ses jours en prison où il devait purger 12 ans. Ils ont intitulé leur story : « This is not a robbery ».  

Self made man, travailleur acharné, époux dévoué et exemplaire, homme généreux, sensible, JL Hunter Rountree s’est mis sur le tard à braquer, comme un gentleman, sans arme ni violences, sans complice, mais avec la rage. Une sacré rage contre les banquiers, leurs banques, leurs sales coups, comme celui qui le mit un jour sur le carreau (1) .    

Dans une autre vie, dans son cas aisée, lui comme bien d’autres avaient déposé leur fric dans les banques, le fruit de leurs jobs, en toute confiance, et puis un jour ….JL Hunter, spolié, a ruminé sa défaite pendant longtemps. Tenté de se refaire, honnêtement. Plus il s’acharnait dans l’honnêteté, en vain, plus montait en lui sa haine contre les banques.

Il mit le temps. Il prépara son premier braquage avec soin, minutie, méthode. Il avait choisi sa première cible dans le Mississipi, à Biloxi précisément, sur le Golfe du Mexique. Pas un méchant bled de western, type Tombstone, non, une ville, une vraie ville, port de pêche et station balnéaire, avec bibliothèque municipale, centre commercial à chaque coin de rue, poste de police, bureau du shérif, palais de justice, etc…

Quand ce jour là, un jour de 1988, JL Hunter décida de passer à l’action, c’était comme si les 50.640 Biloxiens s’étaient tous assoupis pour une sieste que justifiaient les 38 à l’ombre. Y compris les quelques clients de la banque ….et particulièrement une des employées des guichets, qui face à la détermination du braqueur, ne sut rien faire d’autre que d’obtempérer. Red partit avec la caisse.  

Il parvint à gagner la sortie, le trottoir puis se perdit dans le dédale des rues… Pour un essai ce fut un coup de maître. C’est qu’il avait placé toutes ses ambitions dans son robbery, Red Rountree.  Mais même dans un dédale on n’est à l’abri de rien. La police, très remontée, finit par lui barrer la route. Au tribunal, il écopa de trois ans de « mise à l'épreuve ». La justice peut être clémente, indulgente, la main sur le code pénal, mais elle connait mal ses justiciables : le condamné n’eut qu’une idée, doubler la mise.

Flash Back      

A Biloxi, Mississipi, comme partout dans cet Etat, et comme partout …dans le monde, un jour vous êtes appelés à faire valoir vos droits à la retraite. Ah, la retraite, parfois attendue avec fièvre, surtout si vous êtes en bonne santé physique, économique et mentale,  dans le cas contraire vous y voyez l’antichambre du cercueil, modèle 3 e  classe ou celui en carton, écolo, encore moins cher.

Tout candidat à la retraite ou déjà retraité,  rumine, a un moment ou à un autre tout cela dans la tête. Alors and now, then, y entonces ? « Et maintenant que vais-je faire ? » Remarquez, vous avez le choix : http://paroles.abazada.com/chanson,les-retraites,59994.htm ou aussi : http://fr.lyrics-copy.com/jacques-brel/les-vieux.htm

Vous pouvez ne pas choisir : vous avez alors comme compagnon l’être qui est à vos côtés, votre future veuve, le plateau télé, et le cas échéant si vous n’avez ni future veuve ou télé, les glass ou les concours de fléchettes, dès le réveil. Entre les deux, faudra choisir.

Mais vous avez choisi de choisir, alors là, l’horizon est large, trop même, encombré, il regorge de solutions-pour-toutes-les-bourses, qui sont destinées à vous faire tuer le temps dans la joie, la bonne humeur, vous allez enfin pouvoir faire ce que vous toujours rêvé de faire, mais que vous ne pouviez pas faire durant votre vie de labeur. JL Hunter Rountree était loin de tout ça. D’ailleurs, il ne lisait pas ce qui tient lieu de Figaro-Magazine dans son bled pourri.  

Ancien tradeur, chômeur ou travailleur, ce qui vous guette en effet c’est terminer scrabbleur ou bridgeur. Il existe aussi le golf avec ou sans fauteuil roulant, la pêche au goujon dans votre aquarium, le bricolage dans votre garage, le jardinage et autant que possible autour du monde les voyages-cartes postales et tons pastel. Rien de tout ça ne pouvait séduire JL Hunter Rountree. Il n’appartenait pas à ce monde.   

Labourage, pâturage sont les deux mamelles …Pas sûr que JL Hunter ait entendu causer de Sully, duc français de son état (1560-1641). Il en connaissait pourtant un bout ce Maximilien sur l’économie, les taux d’intérêt, les recettes fiscales, ce baron des finances pour le compte du bon Roi Henri IV. Biloxi avait beau avoir été le premier établissement français de la région (1699) et par trois fois la capitale du territoire français (1722), à JL Hunter ça l‘avait jamais intéressé. 

Toujours est-il qu’il était dans le potage. Il avait bien envisagé de prendre le large, larguer les amarres, il aurait rêvé peut-être d’un truc genre croisière, mais c’était encore se retrouver avec des vieux, des moches à grosses rides,  des appareillés, peut-être même des millionnaires, des anciens banquiers, appariés à des filles superbes, de celles qu’il n’a jamais pu avoir, peut être dans le tas, sur le pont le plus haut, celui des fortunés, le banquier qui l’avait foutu sur la paille. En plus c’est rare qu’un banquier se déplace avec sa banque sur le dos. Trop lourd et trop risqué.           

Autant mourir, pensait JL Hunter, autant que ce ne soit pas pendant un tournoi de bridge, de whist, il y avait trop joué, il savait ce que c’était étaler ses cartes et ne plus participer au jeu, après les annonces. Il se souvenait  du jour où étant « le mort » il avait un as dans sa main, mais mort. Plus il pensait, plus il déprimait. Il savait qu’il lui fallait tourner la page, en beauté, en toute liberté car devenu veuf entre temps.

Rountree, on l’aura compris,  avait horreur du bridge, du Trivial Pursuit, des visites guidées au Parc du Yellowstone et tutti quanti. C’est qu’il avait une idée de lui-même qui ne lui permettait pas de partager ce genre « loisirs » pour gens zheureux. De Flaubert un jour il avait retenu que « pour être heureux, il faut être con, égoïste et en bonne santé ». Il n’était rien de tout cela, ça l’avait amusé de changer le « bête » original de Flaubert par un « con »d’aujourd’hui.     

Lui ce qui l’animait c’était la haine féroce des banquiers. Un dernier exploit, plusieurs mêmes, pour la route.

Notre Red, vous l’aurez compris, le braqueur de Biloxi va devenir (et le restera longtemps) le plus vieux  braqueur de l’histoire des USA, époques du western, de Capone, de la crise de 29, de  la présidence de Richard Nixon, etc…réunies.     

L’âge de Monsieur était avancé, d’ailleurs il ne le cachait pas, il était né une première fois en 1900, il cherchait comment partir en beauté, l’âge ne fait rien à l’affaire, il lui fallait renaître. La banque l’avait tué.  Il avait maintenant plus de quatre fois vingt ans. Comme quoi on peut avoir quatre fois vingt ans d’âge et la rage.  Même quand on a un peu beaucoup d’arthrose, le crâne dégarni (pas les neurones), les hanches en marmelade et des mollets de coq au régime.  Ce fameux matin là, après une nuit curieusement paisible, il s’était réveillé avec une idée géniale … « il n’y a pas d’âge pour le braquage ». Cette pensée n’allait plus le quitter.     

 


http://television.telerama.fr/television/la-fabuleuse-histoire-du-papy-braqueur-documentaire-de-lucas-jansen-et-adam-kurland-this-is-not-a-robbery-usa-2008,45984.php
(diffusé
en France sur la chaîne du câble et du satellite Planète Justice)
Vidéos :
http://www.youtube.com/watch?v=I4lthjRfp78&videos=EQG1xrFKDWM&playnext_from=TL&playnext=1   3mn 57  ou http://www.youtube.com/watch?v=I4lthjRfp78

La dernière fois qu’il fut arrêté, condamné et jeté en geôle comme un vulgaire Madoff, Red  avait 91 ans. Il n’était pas un Clyde (sans Bonnie donc). Lui ce qui l’intéressait c’était humilier les banquiers, pas remplir des sacs de grosses coupures, trop lourd à transporter. Le jour de son arrestation, près de Abilene, on le soupçonnait  d'avoir extorqué 2.000 dollars à une banque.
La beauté du geste, le côté gentleman qu’il a toujours été, voilà son trip : il se présentait sans arme (apparente)  seulement avec sa tronche de buriné, comme ce fut le cas de Abilene où il a remis à une employée une large enveloppe portant plus ou moins l'inscription « Ceci est un braquage » (« Robbery ») . D’autres auraient dit « C’est pour un hold-up ». Il a demandé à la guichetière de mettre l'argent dans une autre enveloppe si elle ne voulait pas qu'il lui fasse de mal. Après avoir demandé deux fois à Rountree s'il plaisantait, l'employée de banque a fini par obtempérer.

Il fut intercepté par les hommes du shérif à une vingtaine de km d'Abilene, un témoin ayant relevé le n° d’immatriculation de son véhicule aussi déglingué que lui. Le vieillard, ont tenu à préciser les dépêches d’agences mondiales, n'a offert aucune résistance. Peut être s’imagina-t-il mal tentant de prendre la fuite en courant avec ses jambes de coq au régime.

Le tout jeune nonagénaire Rountree ne faisait que retourner en prison. Il était sorti environ un an auparavant d'une prison de Floride, où il était le plus vieux détenu, après un an et demi de détention alors qu'il avait été condamné à trois ans de prison pour le braquage en 1999 d'une banque à Pensacola.


Red Rountree, selon les agences de presse mondiales qui avaient dépêché des envoyés spéciaux, assista à son procès avec une canne pour soutenir ses jambes de coq et des écouteurs d’aide auditive. Magnanime, la justice à l’insu de Red Rountree, décida son transfert au centre médical fédéral de la prison de Fort Worth, au Texas.

Les autorités fédérales se disent certaines que Rountree est la personne la plus âgée ayant jamais attaqué une banque aux Etats-Unis, bien qu'elles ne possèdent pas de registre permettant de le prouver.

 Red Rountree a fasciné un artiste, le graveur US Jim Westergard, habituellement  fasciné par les personnages étranges et inhabituels. Or Red Rountree est bien un  personnage étrange, inhabituel et bien d’autres choses encore.
Dans l’œuvre de Westergard on voit un Rountree menotté qui tente d’intimider le spectateur avec son « pistolet ». Jim Westergard est un graveur confirmé en Alberta. Il a étudié à la Utah State University. Il donne la priorité à la culture populaire et aux singularités qui jalonnent la vie quotidienne. La gravure sur bois de bout est sa méthode de prédilection. Il a enseigné au Red Deer College de 1979 à 1999 et continue d’exercer dans son atelier de Red Deer.

Jim Westergard raconte l’histoire derrière l’estampe Red Rountree

J.W. : « Red » Rountree était un personnage plutôt malveillant, je ne me rappelle pas son âge exact, mais il avait quatre-vingt-dix, quatre-vingt-quinze ans quand il a fait son dernier vol de banque. Il détestait les banques, parce qu’une entreprise dont il était propriétaire avait fait faillite quand la banque avait exigé qu’il rembourse un prêt avant l’échéance. Il avait été ruiné et a passé le reste de sa vie à tenter de s’en remettre; il dévalisait des banques, passait du temps en prison, s’échappait ou y restait le temps de sa sentence et, comme je l’ai dit, quand il a fait son dernier vol de banque, il avait dans les quatre-vingt-dix ans. Il s’est enfui en se traînant les pieds jusqu’à la moitié du pâté de maisons avant de se faire arrêter » (traduction libre de l’américain)

Papy fait dans la délinquance

« Un jour, une banque de Corpus Christi m'a contraint à la faillite, a raconté Red pour expliquer son animosité envers les établissements de crédit. Depuis, je hais les banques. Et j'ai décidé de me venger.» Comme Jesse James. Le vétéran (déjà dans le Guinness, l’horreur) du hold-up US a donné une justification imprévue à ses actes, parlant à la fois d'amusement ("It's fun"), d’exploit, de vengeance et de haine.

Evitant la caricature, les auteurs du film se sont concentrés sur le parcours hors norme de ce braqueur new age. Le  film s’appuie, non sur des élucubrations hors sujet, mais sur sa dernière interview, réalisée en prison quelques mois avant sa mort, et sur les témoignages de ceux qui l'ont connu avant qu'il ne devienne un hors-la-loi. Quatre fois vingt ans d’âge et plus et appartenir à la race des hors la loi, Red Rountree est de la race des hommes d’exception.  

Comme l’a écrit Nathalie Dray (voir plus haut) écrit: … « A peine relâché, Red, animé d'une haine viscérale des banquiers qui l’ont ruiné quelques années auparavant, récidivera maintes fois avant d'être arrêté et condamné à douze ans de prison »

 Composé pour l'essentiel de témoignages de ses proches et d'images d'animation pour les scènes de reconstitution, « cette plaisante fable, ajoute-t-elle, épingle en filigrane les ravages de la morale capitaliste sur une société américaine qui, trop tenaillée, peut parfois péter les plombs ». Mais ses expressions comme « plaisante fable », « épingle en filigrane » ne sont pas appropriées.

 Lucas Jansen et Adam Kurland ne sont pas les auteurs d’une « plaisante fable » mais d’un « drame épique », qui  au lieu d’« épingler en filigrane » attaquent de front, parfois avec dérision « les ravages de la morale capitaliste », dont le cas de Red Rountree, qui n’a jamais pété les plombs, n’est qu’une des plus pathétiques illustrations.

En français, leur « This is not a robbery » est devenu : «La Fabuleuse Histoire du papy braqueur ».

Deux fois sur la paille, et pour finir, empaillé   

Une banque de Corpus Christi avait mis sur la paille JL Hunter Rountree, « sa plaisante fable » lui valut des années de prison, ah la paille humide des cachots.   Aujourd’hui, pour que la morale soit bien sauve, à peu de frais puisque la justice et la mort l’ont mis définitivement  hors  d’état de nuire, on l’affuble pour finir d’un vulgaire et déplacé « papy braqueur »-- destiné à faire rire--  dont la vie, l’histoire serait soi-disant « fabuleuse ». Et pourquoi pas Grand Oncle Picsou, tant qu’on y est. « Papy braqueur », JL Hunter Red Rountree est mis à mort et enterré pour la troisième fois.

____________________

(1)- Du fond de son (nouveau) trou, Red Rountree doit s’amuser (it’s fun) d’apprendre que depuis le début de 2009, près de 100 banques  US de dépôt  ont fait faillite. Ce chiffre sera nettement dépassé avant la fin décembre. Des années durant, les faillites bancaires se comptaient annuellement par unités. On a compté 25 dépôts de bilan en 2008.

 (2)- La population carcérale vieillit aux USA. De quoi mettre en évidence les limites du système pénitentiaire américain.

L’une des réalités les plus choquantes de la vie américaine d’aujourd’hui est l’augmentation exponentielle du nombre de personnes âgées se trouvant en prison. On y rencontre des hommes et des femmes de plus de 60, 70, 80, voire 90 ans, qui ont commis des crimes il y a plusieurs décennies et qui, bien qu’affaiblis et malades, restent incarcérés car, estime-t-on, ils constituent encore une menace pour la société. Beaucoup de ces détenus veulent sortir de prison, pour pouvoir mourir dans ce qu’ils appellent le “monde libre”.
(…) Les statistiques confirment que les Etats-Unis sont confrontés à une hausse brutale du nombre de seniors en prison. La cause de cette augmentation va au-delà du simple vieillissement de la population. La condamnation à de longues peines de détention sans libération conditionnelle implique que des criminels qui sont incarcérés alors qu’ils n’ont même pas 20 ans peuvent croupir en prison jusqu’à leurs vieux jours, voire jusqu’à leur mort.

Le problème est particulièrement aigu dans des Etats comme la Californie, le Texas et la Floride, qui ont de grands centres pénitentiaires et des lois pénales très sévères. En Californie, la population carcérale âgée de plus de 55 ans a doublé de 1997 à 2006. Cette tendance (..) engendre également un sentiment de profond désespoir dans les cellules. Au centre pénitentiaire de l’Etat de Louisiane, à Angola, quelque 85 % à 90 % des hommes qui sont incarcérés n’en ressortent plus. La prison a son hospice, sa morgue et son cimetière.

Les détenus seniors sont, bien sûr, plus exposés à des maladies graves et moins susceptibles de recevoir les soins dont ils ont besoin. (…) Brie Williams, de la faculté de médecine de l’université de Californie, et Rita Abraldes, une chercheuse indépendante, viennent d’achever une étude qui a été publiée dans Growing Older: Challenges of Prison and Reentry for the Aging Population [Vieillissement : les difficultés de la prison et de la réinsertion pour les personnes âgées]. Elles ont découvert que le coût annuel de détention pour un senior s’élevait à 70 000 dollars [53 000 euros].

(…) Jonathan Turley, professeur de droit à l’université George Washington et fondateur de l’organisation Project for Older Prisoners, a proposé des solutions pour les détenus seniors. Pour les plus inoffensifs, il y a diverses formes de liberté surveillée, dont l’usage du bracelet électronique, et, pour les plus dangereux, des unités de gériatrie dont le coût des soins pourrait être plus que compensé par la réduction du nombre de surveillants. “Même si un détenu âgé peut toujours présenter certains risques, écrit Jonathan Turley, il ne va pas jeter son déam­bulateur par-dessus des barbelés tranchants ni courir plus vite que les gardiens.”

James Ridgeway, Mother Jones,  traduit par  Courrier international, 30.04.2009    

F Lisez les précédents épisodes dans la série "Héro$ de notre temps"

Œ  Mountazer al-Zaïdi est devenu une pointure

  L’affaire Wonterghem, un golden boy vraiment en or-Fable morale à l’usage du G20

Ž  Bernie Madoff, Salaud ou Martyr ?  


Source : l'auteur

Édité par Fausto Giudice

Article original publié le 6/10/2009

Sur l’auteur

Michel Porcheron est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Fausto Giudice est membre. Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.

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LES CHRONIQUES TLAXCALTÈQUES: 06/10/2009

 
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