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18/10/2017
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Afghanistan : mais quelle démocratie ?


AUTEUR:  Juan GELMAN

Traduit par  Gérard Jugant. Édité par Fausto Giudice


Il est notoire et depuis longtemps que la Maison Blanche s’entretient à appuyer Carlos Latuffdes coups d’État et/ou des dictatures, de Somoza à Musharraf, de Pinochet et Videla et même Saddam Hussein en son temps, de Trujillo et Stroessner à la monarchie saoudienne et bien d’autres. Obama a recouru à un moyen rare : le soutien illimité à un régime qui se perpétue grâce à une fraude électorale aux dimensions accablantes ; le président afghan Hamid Karzai accomplira donc un second mandat, avec la bénédiction de Washington.

Les indices de la farce électorale en Afghanistan ne manquent pas mais l’ex-diplomate Peter Galbraith, fils de l’économiste, a précisé sa portée dimanche dernier : des mains inconnues - certainement pas pour Karzai – ont déposé dans les urnes un tiers des suffrages qui lui ont donné la victoire au premier tour. Galbraith savait de quoi il parlait : il était il y a quelques jours encore le numéro deux de la mission du Conseil de Sécurité de l’ONU envoyée à Kaboul pour s’assurer que les élections seraient “libres, justes et transparentes”. Il a trouvé que tel n’était pas le cas et son chef, le diplomate norvégien Kai Eide, l’a donc démis comme empêcheur de frauder en rond.


Kai Eide

Eide lui avait ordonné, avant les élections, de ne pas insister sur le fait que Karzai utiliserait les urnes installées dans des zones instables pour commettre des fraudes. “Dans d’autres phases critiques du processus électoral on m’a ordonné aussi de passer sous silence cette question”, a indiqué le démissionné (www.washingtonpost.com, 4-10-09). Il a ajouté : “Mon équipe a recueilli des preuves de centaines de cas de fraude dans tout le pays, et ce qui est plus important, réuni des informations sur le recomptage des suffrages dans les provinces clés du sud, où peu de personnes se sont rendues aux bureaux de vote, mais où on a enregistré un nombre élevé de votes. Eide nous a ordonné de ne communiquer ces données à personne, y compris la Commissions de Dénonciations Electorales (CDE), une institution afghane sous les auspices de l’Onu qui a le mandat d’enquêter sur la fraude”. La réélection de Karzai était dès lors assurée.


Peter Galbraith

La Maison Blanche l’a ratifiée fin septembre dans une réunion entre Hillary Clinton et Rangin Dadfar Spanta, ministre des Affaites étrangères d’Afghanistan : elle lui déclara qu’elle avait convenur avec ses collègues de l’OTAN “que Karzai serait président même si l’investigation sur la fraude l’empêcherait de gagner sans un second tour” (www.newstatesman.com, 29-9-09).

La démocratique Maison Blanche a, semble t-il, une conception très particulière de la démocratie.

Selon les résultats préliminaires Karzai a obtenu 54,6 pour cent des votes, contre 28 à son principal concurrent, Abdullah Abdullah, mais si on avait déduit les 1,1 million de votes, produit estimé de la fraude, il aurait difficilement été élu au premier tour. La Constitution afghane établit que pour cela il faut avoir obtenu la moitié des suffrages exprimés plus un. Mais il n’y aura pas de second tour. Eide s’est chargé de faire en sorte qu’il en soit ainsi.

La CDE a édicté un nouveau règlement très spécial : des échantillons des urnes électorales seraient recomptés - un 10 pour cent du total - qui détermineraient le pourcentage de votes frauduleux et cela serait décompté du résultat de chaque candidat sans s’attacher à l’origine de la tricherie (Reuters, 5-10-09). Dit d’une autre manière : s’il restera à Karzai un 20 pour cent des votes, la même chose arrivera à Abdullah Abdullah et aux 38 autres aspirants à la présidence lors de l’élection du 20 août. Ce serait un miracle que le présumé élu obtienne moins des 50 pour cent requis.

Le général Stanley McChrystal, commandant en chef des troupes d’invasion, a lui aussi plaidé en faveur de Karzai : “La stratégie militaire et politique des USA vise toujours plus à donner la légitimité au gouvernement de Hamid Karzai”, informe The Guardian (www.guardian.co.uk, 23-9-09). Mais diplomates et observateurs,- ajoute le quotdien britannique - estiment que l’échec de la récente élection présidentielle “a détruit la stratégie d’Obama pour l’Afghanistan au premier obstacle... les élections ont mis au premier plan l’inquiétude pour la corruption et la légitimité”. Pour McChrystal, la solution repose sur l’envoi avant la fin de l’année de 30.000 à 40.000 soldats de plus dans le pays envahi, dans lequel il y avait 58.000 militaires au 30 juin [68 000 au 10/10/2009, NdE]. Sans parler des 74.000 mercenaires, dont le nombre dépasse largement celui des troupes régulières usaméricaines (The Wall Street Journal, 22-8-09).

L’activité de guérilla des talibans se maintient après huit années de guerre et le mois de septembre a été néfaste pour les envahisseurs. Le très british International Council on Security and Development vient de publier une carte de l’Afghanistan dans laquelle apparaissent les zones d’action des insurgés : elle est constante sur 80 pour cent du territoire et discontinue sur 17 pour cent (www.icosgroup.net, 10-9-09), touchant pratiquement tout le pays. Cela ne se règle pas avec plus de troupes.


Source : Contratapa Ir a la página principal  ¿Democracia? ¿Qué?

Article original publié le 8/10/2009

Sur l’auteur

Gérard Jugant et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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PAIX ET GUERRE: 10/10/2009

 
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