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17/12/2017
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Ce que pensent les Usaméricains d'en bas et ceux d'en haut

Le borgne est roi


AUTEUR:  Juan GELMAN

Traduit par  Gérard Jugant. Édité par Fausto Giudice


Les Usaméricains estiment que leur pays est en train de jouer un rôle moins important qu’avant sur la planète: tel est le résultat d’une enquête que le Pew Research Center for the People & the Press de New York a mené en novembre et a fait connaître ce mois-ci, intitulée “La place qu’occupent les USA dans le monde” (www.people-press.org/re port/569). De 45 pour cent des sondés qui il y une décade pensaient que cette place était la plus importante on est passé à 25 pour cent et ceux qui croyaient le contraire est passé de 28 à 41 pour cent.

Il y a plus: 49 pour cent-”la proportion la plus élevée en quasiment un demi-siècle d’enquêtes”- estiment aujourd’hui que les “USA devraient s’occuper de leurs propres affaires sur le plan international et laisser les autres pays s’occuper des leurs de la meilleure manière possible”. Et ensuite, un écrasant 78 pour cent des 2000 Usaméricains interrogés estiment que les USA devraient “se concentrer plus sur nos propres problèmes nationaux et construire notre force et prospérité à la maison”, contre 14 pour cent qui penchent pour la proposition que les “USA doivent penser en termes internationaux”. Une quelconque relation avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan, plus d’autres qui apparaissent, n’est pas le produit du hasard.

Autre surprise: 44 pour cent pensent que la Chine jouit de l’économie la plus puissante du monde, contre 30 pour cent en 2008, et 41 pour cent considèrent que les USA sont passés au second plan en la matière, contre 27 pour cent l’année dernière. Mais le plus important de l’investigation du Pew est qu’il a mené une enquête parallèle avec les mêmes questions auprès de 642 membres du Council of Foreign Relations (CFR) de Washington, un think tank ou plutôt un braintrust financé par 200 multinationales, qui regroupe 4200 ex-fonctionnaires de haut niveau et autres personnalités politiques, édite la prestigieuse revue Foreign Affairs (125.000 exemplaires) et oriente la politique extérieure des USA. Le CFR n’est pas le porte-parole de l’establishment, c’est l’establishment.

Les deux enquêtes révèlent qu’entre le citoyen usaméricain ordinaire et les élites du CFR il y a des brèches notables sur presque toutes les questions importantes, par exemple l’augmentation des troupes en Afghanistan décidée par Obama: les 50 pour cent des membres du CFR l’appuie contre à peine 32 pour cent des citoyens « ordinaires ». 40 pour cent des citoyens se prononcent pour la diminution des effectifs qui combattent en Afghanistan, contre 24 pour cent des interrogés du CFR. A la question de savoir si les USA doivent jouer un rôle mondial “plus agressif”, seulement 19 pour cent des premiers répondent par l’affirmative, contre 62 pour cent des seconds. Il n’est pas difficile d’entrevoir la pensée du CFR.

Une chose intéressante est comment les uns et les autres perçoivent Israël et son conflit avec les Palestiniens. Ce sont 51 pour cent du public général qui se prononce en faveur d’Israël, posture qu’adoptent seulement 26 pour cent des sondés du CFR. 30 pour cent des premiers jugent que la Maison Blanche appuie trop Israël, à comparer avec 67 pour cent des derniers, lesquels de plus évaluent que l’Etat sioniste n’est pas une priorité pour Washington. Dans la liste de pays qui seront dans l’avenir “les alliés et associés les plus importants des USA”, seulement 4 pour cent des interrogés du CFR incluent Israël, très loin de la Chine (58 pour cent), de l’Inde (55), du Brésil (37), de l’Union Européenne (19), de la Russie (17), du Japon (16), du Royaume-Uni, du Canada, de l’Indonésie, de l’Australie et autres. Quand on a demandé à ceux des élites quels seraient les alliés les moins importants, ils ont classé Israël en 23ème position derrière le Canada, entre autres, et la Turquie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite dans la région du Moyen-Orient.

Il ressort de ces données que l’opinion publique s’en tient à l’information des grands médias, très favorables à la politique de Tel Aviv grâce à l’excellent travail de l’actif lobby pro-israélien US. Il ne s’agit donc pas seulement du travail du Comité des Affaires Publiques USA-Israël (l’Aipac).

Une enquête du New York Times a révélé que, derrière les “analystes militaires” qui apparaissent dans différentes chaînes de télévision et stations de radio pour convaincre le public de la nécessité et de l’efficacité de la politique belliqueuse de la Maison Blanche se trouve un appareil du Pentagone créé par W. Bush en 2005 qui continue à agir (nytimes.com, 20-4-08). “La majorité de ces analystes ont des liens avec des sous-traitants immergés dans la politique de guerre et on leur demande qu’ils l’ avalisent sur les ondes”.

Des commandants militaires et des fonctionnaires de la Maison Blanche, du Département d’Etat et du Département de la Justice les préparent dans des réunions ad hoc. Logique: l’Histoire enseigne que les chevaux de Troie doivent être bien faits.

 
Quelques-uns des chevaux de Troie, tous des généraux en retraite



Source : Página/12  El tuerto es rey

Article original publié le 20/12/2009

Sur l’auteur

Juan Gelman est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Gérard Jugant et Fausto Giudice sont membres. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
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EMPIRE: 29/12/2009

 
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