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20/10/2017
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La situation des droits humains en Iran: Lettre ouverte à l'honorable Madame Navanethem Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, et aux membres du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (UNHRC)


AUTEUR:  Shirin EBADI ÔیÑیä ÚÈÇÏی

Traduit par  Fausto Giudice


Bien que j'aie déjà mis en évidence la détérioration des droits humains en Iran, à plusieurs reprises par écrit et oralement, je crois nécessaire une fois de plus attirer l'attention de Votre Honneur et des membres distingués de l’ UNHRC sur les questions suivantes au moment où vous vous préparez à passer en revue dossier des droits de l'homme de la République islamique d'Iran, le 15 Février 2010:

Mes compatriotes traversent une période difficile. La réponse à leurs protestations pacifiques ont été des balles et des emprisonnements. De nombreuses photos et des témoins corroborent la violence du gouvernement, sans parler des cas où des faits et des preuves suffisantes ont été présentés aux autorités et au public qui ont révélé l'identité des tueurs. Malheureusement, la magistrature et les autres responsables de l’État n'ont pas pris de mesures pour faire arrêter les tueurs ou même réduire le niveau de violence.

Un grand nombre de militants politiques, civils, et même culturels ont été arrêtés sur des accusations non fondées. Certains d'entre eux ont été condamnés à mort après des procès sommaires à huis clos. Jusqu'à présent, selon les chiffres officiels publiés par le gouvernement de la République islamique d'Iran, quatre d'entre eux ont été exécutés et plus de 25 autres sont dans le couloir de la mort.

Les prisonniers politiques sont traités si mal que certains sont morts en prison et sous la torture. Ces prisonniers sont privés des droits accordés par la loi même aux détenus de droits communs et dangereux. Il en est dont les conditions sont très graves en raison de la vieillesse et la maladie. Parmi eux le Dr Ebrahim Yazdi, le Dr Mohammad Maleki, et l'ingénieur Behzad Nabavi. Les deux premiers ont près de 80 ans et sont atteints de cancer, tandis que le troisième souffre de problèmes cardiaques. Ils ne reçoivent pas de soins médicaux et, en raison des conditions de détention insalubres, il ya des craintes qu'ils puissent mourir à n'importe quel moment. Tragiquement, le nombre de prisonniers politiques qui sont malades et ont besoin d'un traitement médical n'est pas limité aux trois cas précités, il ya plus de 60 prisonniers politiques qui ont besoin d'être hospitalisés.

L'Iran s’est transformé en une grande prison pour les journalistes dont le seul crime est de diffuser l'information. Il ya actuellement 63 journalistes et photographes de presse dans les prisons iraniennes. Les étudiants iraniens sont emprisonnés ou interdits de cours pour avoir émis la moindre critique politique.
Les femmes iraniennes qui cherchent l'égalité des droits sont accusées de complot visant à renverser la République islamique; des poursuites pénales ont été engagées contre plus d'une centaine de ces femmes.
Des travailleurs et des enseignants ont été accusés d'avoir provoqué des émeutes et des troubles, parce qu'ils étaient membres d’un syndicat et avaient protesté contre leurs bas salaires. Certains d'entre eux ont été emprisonnés et beaucoup ont perdu leur emploi.

Non seulement les non-musulmans sont persécutés - tels que les membres de la foi bahaïe qui, depuis la création de la République islamique d'Iran, n'ont même pas été autorisés à étudier à l'université - mais même les adeptes de la religion officielle de l'Iran, l'Islam shiite, n'ont pas été épargnés par la répression gouvernementale; à titre d'exemple, on peut citer la persécution et l’arrestation de derviches Gonabadi.

Encore plus effroyable, ils ont récemment lancé un nouveau moyen de pression sur les militants politiques et sociaux, consistant à prendre un ou plusieurs de leurs parents en otage. Ce faisant, ils visent à atteindre leurs objectifs illégitimes grâce à une pression psychologique sur les militants. À cet égard, on pourrait signaler l'arrestation de deux filles d'un militant des droits humains, M. Tavassoli. Malheureusement, à ce jourhuit familles ont été victimes du même phénomène.

Pendant ce temps, le sort des défenseurs des droits de l'homme est le pire parce que les autorités ne veulent pas que des rapports sur les violations des droits humains en Iran sortent du pays. En conséquence, la plupart des militants connus en Iran sont soit en prison soit empêchés de se rendre à l'étranger, ou bien ils ont été contraints à la clandestinité et se cachent. Pis encore, des actes d'accusation ont été émis contre certains d'entre eux pour Moharebeh (guerre contre Dieu), qui est passible de mort.

Dans de telles circonstances, le peuple sans défense de l'Iran continue à résister et à insister pour la réalisation de ses justes revendications de démocratie et de droits humains en démontrant sa maturité politique par des protestations pacifiques.

Ma question à vous en votre qualité de représentants des États membres de l’ UNHRC est la suivante: pour combien de temps encore croyez- vous que vous pourrez inciter les jeunes à rester calmes? La patience et la tolérance du peuple iranien, bien qu’élevées haut, ne sont pas infinies. La récurrence des événements des derniers mois, la poursuite de la politique de répression et du meurtre de personnes sans défense, pourrait provoquer une catastrophe à même de saper la paix et la sécurité en Iran, si ce n'est dans toute la région. Donc, je vous demande instamment, une fois encore, d'utiliser tous les moyens possibles pour convaincre le gouvernement de la République islamique d'Iran de se conformer aux résolutions adoptées par l'Assemblée générale des Nations Unies, en particulier la résolution de décembre 2009;  de permettre aux rapporteurs des droits de l'homme, en particulier ceux qui s’occupent des arrestations arbitraires, de la liberté d'expression, de religion et des droits des femmes, d’entrer en Iran, et de coopérer avec eux.

Je vous invite aussi à nommer un rapporteur spécial sur la situation des droits humains en Iran, qui serait en mesure de surveiller en permanence la conduite du gouvernement et, en offrant promptement conseils et suggestions, d’aider à mettre fin à la crise politique et à la répression montante.

Mes chers amis! S'il vous plaît gardez à l'esprit que nous sommes tous responsables et comptables de l'histoire. À Dieu ne plaise, puissions-nous ne pas nous retrouver honteux devant une nation sans défense à cause de nos complicités politiques.

• Les derviches sont des musulmans soufis appartenant à des confréries et sont présents en Iran, en Turquie et en Syrie. La confrérie Gonabadi est une des sectes soufies les plus influentes en Iran. Un de ses principaux lieux de culte à Ispahan a été récemment détruit par les autorités [NdT]



Source : Defenders of Human Rights Center-The Situation of Human Rights in Iran: Open Letter to Honourable Madam Navanethem Pillay, United Nations High Commissioner for Human Rights, and Members of the United Nations Human Rights Council (UNHRC)

Article original publié le 8/2/2010

Sur l’auteur

Fausto Giudice  est membre de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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OUMMA: 11/02/2010

 
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