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22/10/2017
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Hier l'Afrique du Sud, aujourd'hui Israël : pourquoi le boycott


AUTEUR:  Agustín VELLOSO

Traduit par  Fausto Giudice


Pourquoi boycotter Israël en 2010?

L’année 2010 marque le cinquantième anniversaire du début du boycott de l'Afrique du Sud et le cinquième  du boycott d'Israël. Malgré le temps écoulé et les différences entre les deux cas, l'instauration de l'apartheid en Afrique du Sud, la complicité de la communauté internationale, le soutien d'Israël à l'Afrique du Sud, la résistance noire et une participation internationale des citoyens conscients par le boycott, répondent bien aux préoccupations de ceux qui se demandent pourquoi ils devraient boycotter Israël. L’expérience du boycott de l’Afrique du Sud contient aussi des leçons intéressantes pour ceux qui sont déjà les partisans du BDS (Boycott-désinvestissement-sanctions) et des avertissements pour les militants.

Ce qui est proposé ci-dessous est un exercice de comparaison historique pour mieux comprendre ce qui se passe en Palestine à la lumière de ce qui s'est passé en Afrique du Sud. 


Carlos Latuff

L'apartheid en Afrique du Sud et le sionisme en Palestine 

En 1948, l'État d'Israël s’est établi en Palestine et le Parti national a pris le pouvoir en Afrique du Sud, qu’il a gardé jusqu'en 1994. Immédiatement et les années suivantes, les gouvernements des deux pays ont légiféré et agi de manière décisive contre les Palestiniens et les Noirs, en faveur, respectivement, des Juifs et des Afrikaners,

Le but ultime du Parti national était de déplacer tous les Sud-Africains noirs dans des zones réservées pour eux, les bantoustans, et d'accorder un permis pour déplacer comme «travailleurs invités» sur le territoire réservé aux Afrikaners, environ 87% du pays.

L'objectif ultime du sionisme, incarné en Israël est que son territoire (dont il n'a jamais défini les frontières) soit exclusivement pour les juifs du monde entier: «L'État d'Israël se considère comme la création du peuple juif tout entier et ses portes sont ouvertes, conformément à ses lois, à tous les Juifs désireux d'immigrer. »
http://www.mfa.gov.il/MFA/ MFAArchive/2000_2009/2001/8 / The% 20Goals% 20of% 20Zionism% 20Today

Aussi bien les sionistes en Palestine que  les Afrikaners en Afrique du Sud représentent une minorité en guerre contre la majorité de leurs habitants. Ils viennent à l’origine de l'étranger pour s'installer au milieu d'une vaste majorité de population autochtone, respectivement arabe et noire, non sans grave dommage pour celle-ci. Logiquement, leur domination ne peut être assurée que par la force des armes et par un système politique illégitime protégé par des lois répugnantes.

Pour les Blancs, les Noirs étaient une main-d’œuvre bon marché à leur service, sujets à tout type de restrictions et de sévices, tenus à s’y conformer sous peine de payer par l'emprisonnement ou même leur vie toute manifestation de protestation et de résistance.

Les Palestiniens qui sont devenus contre leur gré des citoyens israéliens en 1948, ont été soumis à la loi martiale au cours des quinze années qui ont suivi (y compris les détentions arbitraires, c'est à dire non ordonnées par un juge, les déportations et les couvre-feux), contrairement aux Juifs qui n’étaient pas concernés par cette législation. Des terres appartenant aux Palestiniens ont été confisquées et par la suite destinées exclusivement à des Juifs.

Par la suite ils ont vécu jusqu’à ce jour - et leur situation ne fait qu'empirer -, soumis à une large discrimination,  légale de la part du gouvernement et de traitement par la majorité de la population juive.

Les Palestiniens vivant en Cisjordanie, à Gaza et Jérusalem-Est quand Israël a occupé ces zones durant la guerre de 1967, sont restés depuis lors sous occupation militaire, soumis en outre à des attaques meurtrières, des déportations, des incarcérations massives, sans oublier le siège de Gaza depuis 2007.

Déshumanisation des Noirs et des Palestiniens

Le lieutenant-colonel Pienaar, qui, commandait en mars 1960  la force de police responsable du massacre, à Sharpeville, des Noirs qui manifestaient contre l'apartheid, a déclaré après les événements : «La mentalité des indigènes ne leur permet pas de se réunir pour manifester pacifiquement. Pour eux, se rassembler signifie violence. » Il a également nié « avoir donné l'ordre de tirer » et a ajouté qu'il « l’aurait fait dans une telle situation. »

(Ambrose Reeves: The Sharpeville Massacre - A watershed in South Africa
http://www.sahistory.org.za/pages/library-resources/articles_papers/1960-sharpeville-massacre-rev-ambrose.html)

La déshumanisation de la victime est une composante essentielle de l'apartheid et du sionisme. Les mots par  lesquels les dirigeants israéliens définissent les Palestiniens ne laissent aucun doute à ce sujet.

Rafael Eitan, chef de l'armée israélienne: «Quand nous aurons colonisé la terre, tout ce que les Arabes seront capables de faire, ce sera de courir d'un endroit à l'autre comme des cafards drogués dans une bouteille. » http: / / news.bbc.co.uk / 2/Hi / middle_east/4034765.stm

Golda Meir, Premier ministre : «Quelque chose qui s'appelle le peuple palestinien, ça n’existe pas ... Ce n'est pas que nous sommes arrivés et les avons jetés dehors, et pris possession de leur pays. Les Palestiniens n'existaient pas.»  http://www.monabaker.com/quotes.htm   

Menahem Begin, Premier ministre : (les Palestiniens) « sont des bêtes marchant sur deux jambes. » http://www.monabaker.com/quotes.htm  

 
Carlos Latuff


Les mensonges et la propagande comme politique parallèle à celle des crimes d'État

Israël refuse systématiquement de reconnaître les crimes qu'il commet, et ne peut le faire parce qu'il ya des témoins qu’il ne peut réduire au silence, comme les Palestiniens, ou que ces crimes sont d'une envergure énorme, comme l'attaque sur Gaza en décembre 2008, donc il ment sur ce qui s'est passé et utilise la litanie des roquettes tirées par le Hamas, du droit à la légitime défense, des terroristes présumés qui s’apprêtaient à mener un attentat, et ainsi de suite.

Il le fait parce qu'il sait que l'opinion publique mondiale ne prendra pas la peine d'aller au-delà des gros titres en sa faveur et rares sont ceux qui vont voir les rapports des droits de l'homme des Nations unies, d’Amnesty International , de Human Rights Watch, sans parler des organisations de défense des droits humains des Palestiniens: le Centre palestinien pour les droits de l'homme, Badil, Stop the Wall etc., qui mettent en lumière les graves violations commises par Israël contre les Palestiniens de manière continue.

En Juin 2006, un obus tiré par l'armée israélienne a tué sept Palestiniens d’une même famille, dont cinq enfants, qui passaient la journée à la plage de Gaza. La machine de propagande d'Israël s’est immédiatement mise en route, et le monde a reçu l’information qu’une mine posée par le Hamas avait été la cause de ces morts.

Il a fallu que Human Rights Watch envoie sur place un expert militaire, ancien conseiller du Pentagone, Marc Garlasco, pour que quelques médias se fassent l’écho de son rapport : « L'explication de l'armée israélienne est profondément erronée. Parmi les restes il y avait un éclat d'obus sur laquelle était gravé 155MM. Ce type de projectile est utilisé par Israël dans les canons avec lesquels il bombarde régulièrement le nord de Gaza » http://www.guardian.co.uk/world/2006/jun/14/israel1 

Les condamnations non suivies de sanctions de la communauté internationale équivalent à une collusion avec l'État-voyou

Le massacre de Sharpeville a provoqué une condamnation mondiale et l’appel à des sanctions. Dans les mois suivants, il y a eu diverses initiatives diplomatiques, notamment l'abstention de la France et du Royaume-Uni pour le vote de la résolution du Conseil de sécurité appelant à la fin de l'apartheid (résolution S/4300) et l'opposition  du représentant des USA, qui a critiqué l'imposition de sanctions contre l'Afrique du Sud et a déclaré que son pays allait s'y opposer.

Pour sa part, l'Assemblée générale, dans sa résolution non contraignante 1761, de 1962, invite ses membres à titre individuel ou collectivement, à rompre leurs relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud conformément à la Charte, ainsi qu’au boycott commercial et autres mesures similaires.

En 1963, face à la tendance internationale croissante à punir et à isoler le régime d'apartheid, l'ambassadeur US auprès des Nations unies critique cette position avec l'argument selon lequel elle n’obtiendra pas le résultat souhaité et provoquera l'intransigeance du gouvernement sud-africain. Toutefois, des mesures mineures sont prises sur le commerce des armes, et on discute pour savoir si l'embargo doit faire la distinction entre les armes de répression interne et celles de défense, etc.

L’Afrique du Sud ignorera la résolution 276 de 1970 du Conseil de sécurité, soutenue par la Cour internationale de Justice, qui a déclaré illégale l'occupation de la Namibie par l'Afrique du Sud. La France et le Royaume-Uni se sont abstenus.

En 1976, il ya un nouveau massacre de centaines de Noirs, dont de nombreux enfants, à Soweto. Cela provoque une vague de condamnations internationales et certaines entreprises étrangères commencent à retirer de l'argent du pays.

Desmond Tutu s’est rendu fin 1984 aux USA, où il a critiqué la politique de «dialogue constructif» de ce pays et a déclaré qu'on pourrait mettre fin à l'apartheid «dès demain» avec une politique de fermeté. Pendant ce temps, c’est dans la répression des Noirs que se manifeste la fermeté: le gouvernement décrète l'état d'urgence en 1986 et la police tue des centaines de manifestants tout au long de l'année.

Israël reçoit, dans le pire des cas, les condamnations pour des actes similaires et plus cruels. Toutefois, ce n’est pas par la rhétorique des présidents, de ministres des Affaires étrangères et secrétaires généraux de l'ONU que la justice pourra être servie, mais avec l'application rigoureuse de la loi aux cas de violations graves des droits de l'homme.

En Palestine, il n'y a pas de justice, mais la communauté internationale s’attend à ce qu’il y ait  la paix sans travailler pour établir ce préalable qu’est la justice.

La réponse de l'État-voyou aux protestations : la répression sans limites

En 1977, le chef du Mouvement de la Conscience noire, Stephen Biko, a été assassiné en garde à vue. Immédiatement, le gouvernement a arrêté d'autres dirigeants pour éviter les manifestations de rue.

La liste des dirigeants palestiniens assassinés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Palestine est longue et celle des prisonniers est incroyable: environ 10.000. Détenus pendant des années, sans procès dans de nombreux cas - ce qui est connu comme détention administrative -, torturés, sans aucun droit aux visites familiales, dans des conditions abjectes.

Personne n'est en sécurité avec un État-voyou comme Israël, ni les militants ni les Palestiniens étrangers à la résistance. Ni bien sûr les enfants qui ont le malheur de vivre dans une zone habitée par un membre de la résistance ou passant dans une rue où se déroule un « assassinat ciblé».

En Juillet 2002, un missile israélien a tué le dirigeant du Hamas Salah Schéhadé, sa femme, ses enfants et plusieurs voisins. En 2009, une plainte pénale déposée en Espagne contre les auteurs, - qui, évidemment, n'ont été jugés ni en Israël ni ailleurs -, sur laquelle la justice espagnole s'est déclarée incompétente.

Israël a utilisé les plus sévères formes de répression contre toutes les formes de résistance, et pas seulement celle armée, comme veut le faire croire la propagande sioniste (omettant qu’elle est légitime contre une occupation militaire et en retour la qualifie de «terroristes»), mais contre tous les Palestiniens.

Le chiffre de quatre cents enfants tués par l'une des armées les plus puissantes du monde lors de l'attaque de Gaza en un mois, entre 2008 et 2009 donne une idée claire de ce qu'est le terrorisme. Celui-ci est pratiqué chaque jour des années par Israël et le «dès demain» de Tutu semble hors d'atteinte pour ceux qui sont encore en vie.

Les villages de Bi’ lin et Ni’ lin en Cisjordanie, internationalement connus pour leurs manifestations pacifiques et leur «résistance non-violente à l'occupation» contre le mur de séparation, des centaines de blessés, autant de personnes arrêtées et une douzaine de morts, des mains de l'armée la plus «morale du monde» et de ses tireurs d'élite, respectivement. http://www.rebelion.org/noticia.php id = 948 

Grâce à la complicité internationale, Israël et l'Afrique du Sud se moquent de l’embargo

En 1977, la Résolution 418 du Conseil de sécurité déclare le commerce des armes avec l'Afrique du Sud «une menace à la paix» et adopte un embargo obligatoire sur celles-ci. Il convient de noter que l'apartheid n’est pas déclaré une menace à la paix, ce qui est surprenant, d'autant plus qu’il avait été en vigueur depuis 1948, soit 30 ans et que l'Afrique du Sud avait attaqué militairement les pays voisins.

Néanmoins, le pire est que l'embargo a été une farce, en grande partie parce que le Conseil de sécurité a créé un comité de sanctions, mais sans lui donner un système de contrôle. On a peine à croire que ce manquement était involontaire de la part de politiques au statut et à l'expérience en rapport avec leurs fonctions au Conseil de sécurité.

Selon le rapport des experts de l'ONU sur l’embargo et les  sanctions de 1999,  « il est évident que les armes ont continué à arriver en Afrique du Sud». La conclusion des experts est que «l'embargo sur les armes n'a pas réussi à affaiblir la capacité militaire de l'Afrique du Sud. Au contraire, le régime raciste a réussi à augmenter sa production interne d'armes. Il y a eu de nombreuses informations sur des échanges secrets d’armes avec d'autres pays et sur le fait que l'embargo n'est pas universellement respecté ». http://www.un.org/Docs/sc/ comités / sanctions / Background.doc

Israël a joué le rôle le plus important dans cette violation de l'embargo. Les échanges politiques et militaires entre les deux pays ne pouvaient pas être plus étroits, y compris les relations avec des dirigeants sud-africains qui étaient des nazis et le développement commun de technologies et d'armements nucléaires.

Le Premier ministre Rabin a reçu à Jérusalem en 1976 le Premier ministre d'Afrique du Sud Vorster, qui avaient été interné dans un camp de concentration britannique comme nazi et avait envoyé son armée envahir l'Angola. Lors du dîner de gala Rabin a porté un toast à « l'idéal commun de justice et de coexistence pacifique». Vorster a répondu en déclarant qu’ ' «Israël et l'Afrique du Sud sont victimes des ennemis de la civilisation occidentale».

Il a été 35 ans et les mensonges des gouvernants n'ont pas changé, ni les relations internationales injustes. On peut consulter l'article intéressant (dont la citation ci-dessus est extraite et qui présente de manière brève et précise le cœur du problème, également exposé dans plusieurs livres): "Frères d’armes: pacte secret d'Israël avec Pretoria", de Chris McGreal, publié par The Guardian le 7 Février 2006. 


Affiche de la campagne usaméricaine de boycott académique et culturel d'Israël

Les USA, champions des États voyous et criminels

Loin des réunions bilatérales à Jérusalem, l'Assemblée générale reste confrontée au Conseil de sécurité en raison de l'apartheid. Le droit de veto antidémocratique des cinq membres permanents provoque l'enlisement des décisions de la majorité. Celle-ci a adopté en 1977 une recommandation d'embargo pétrolier contre l'Afrique du Sud, mais une fois encore les USA, la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays puissants se sont abstenus.

En 1981, avec l'arrivée de Reagan à la présidence US, le Département d'État US annonce une politique de « dialogue constructif avec l'Afrique du Sud », une politique étrangère qui rappelle immédiatement celle de l'Espagne d'aujourd'hui.

En réalité, cela signifiait alors un soutien à l'Afrique du Sud, comme aujourd'hui, on soutient Israël. Obama a dit la même chose au Président du Liban lors de la visite de ce dernier à Washington en décembre 2009, se référant à la paix dans la région: «Ce que nous partageons est un engagement à résoudre ces problèmes par le dialogue et la négociation plutôt que par violence. » [http://palestinethinktank.com/ 2009/12/27/obama-and-suleiman- oubliez-la rhétorique-let-le face-and-the-money-Tell-the story-/]

Les USA étaient même prêts à aller plus loin. Dans la même année 1981, ils ont rompu avec l'exigence commune de leurs alliés - Grande-Bretagne, France, Allemagne et Canada – envers l' Afrique du Sud de mettre en œuvre le plan des Nations Unies pour l'indépendance de la Namibie et le lient au retrait des troupes cubaines d'Angola .

Dans les années suivantes les deux puissances mondiales, les USA et l'Union soviétique, s'affrontent par pays d'Afrique australe interposés, qui reçoivent des fournitures d'armes des uns et des autres.

Israël est depuis de nombreuses années le principal destinataire de l'aide militaire usaméricaine. Une fois disparue l'Union soviétique, les USA, devenus désormais  fournisseur universel, ont signé  en août 2007 un accord avec Israël lui accordant une aide militaire de 30 milliards de dollars pour les dix prochaines années. Le même fournisseur prévoyait un autre accord militaire avec ses alliés arabes (Égypte et Arabie Saoudite) de 20 milliards.

Selon le New York Times, des fonctionnaires du département d'État ont qualifié cette aide d' "un investissement à long terme dans la paix." [http://www.nytimes.com/2007/ 08/16/world/middleeast/16cnd- israel.html? _r = 1 & hp]

On peut apprécier le véritable engagement  usaméricain en faveur de la paix au Moyen-Orient aujourd'hui, comme on le voyait en Afrique du Sud hier, à l'occasion de la dernière agression israélienne contre le Liban en 2006:

En juillet de cette année-là, les USA on bloqué une condamnation  d'Israël par l'ONU et ont été le seul des quinze pays membres du Conseil de sécurité à bloquer la demande libanaise d'appel au cessez-le-feu et tout autre mesure relative à une cessation de  l'attaque israélienne contre le Liban.

En août 2006 ils ont intensifié l'envoie d'armes sophistiquées à Israël du type utilisé dans ses attaques aériennes, en particulier les bombes à guidage laser et par satellite, tout en multipliant les déclarations de sa secrétaire d'État Condoleezza Rice et de l'ambassadeur à l'ONU, Bolton sur « le droit d'Israël à se défendre »,  « la cause principale du problème est le Hezbollah », « le président ne va pas prendre de décisions sur les questions militaires liées à Israël» recueillies par les agences du monde entier  (Reuters , AP, Al-Jazira, etc.) 

La communauté internationale appuie l'État criminel

En 1985, le gouverneur de la banque centrale sud-africaine s'est rendu en Europe à la recherche d'aide pour résoudre la crise financière de son pays, mais ne trouve pas de soutien. De leur côté les travailleur des mines d'or annoncent une grève pour augmenter la pression.

Les politiciens israéliens Voyage beaucoup en ces temps à l'Occident, quoique plus ou moins cachés dans la lumière des plaintes qui pleuvaient de divers pays afin d'apporter son message de «l'autodéfense», «guerre contre le terrorisme islamique »et« l'attachement au processus de paix ", pour contrer leur image auprès des citoyens de ces pays.

Malheureusement, ils sont reçus et pire, ils multiplient et améliorent les accords de toutes sortes dans tous les domaines entre l'UE et Israël, en dépit des lois internationales et européennes prévoient la suspension de la coopération avec les pays qui violent gravement les droits de l'homme.

Le soutien américain à Israël est la plus notoire, mais c'est une grave erreur de penser que l'UE a un rôle mineur. Les informations fournies ne laissent pas place au doute:

"L'UE et Israël sont engagés à élaborer un partenariat étroit qui est bénéfique dans les échanges politiques, et les finances, y compris la coopération sur les questions sociales, scientifiques, technologiques et culturels.

L'objectif du plan d'action est d'intégrer progressivement Israël dans les politiques et programmes européens. Chaque mesure prise se fera par accord mutuel et le plan d'action est conçu pour refléter les intérêts et les priorités d'Israël et son niveau de développement. "
http://ec.europa.eu/external_ relations / Israël / index_fr.htm

Peu importe que le partenariat euro-méditerranéen signé entre l'UE et Israël, publié en Juin 2000 dans le Journal officiel des Communautés européennes, dans son article premier déclare que l'un des buts de l'accord est de « favoriser la coopération régionale, avec la but de renforcer la coexistence pacifique et la stabilité économique et politique. »

Son deuxième article déclare que «les relations entre les partenaires et les dispositions du présent accord doivent  être fondées sur le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques qui guident leur politique intérieure et internationale et constituent un élément essentiel du présent accord"
http://www.delisr.ec.europa. eu / Anglais / content / eu_and_ pays / asso_agree_en.pdf

L'Espagne a des accords de coopération dans les domaines militaire, de l’énergie, de l’agriculture, de l’environnement, de la culture, de l'éducation, de la fiscalité et du tourisme, contribuant ainsi efficacement à l'occupation militaire israélienne.

(Liste et textes des accords: http://www.embajada-israel.es/espana_israel.aspx )

En 1985, le gouvernement sud-africain interdit aux médias de rendre compte des manifestations dans les zones désignées comme étant en état d’urgence et restreint le mouvement des journalistes.

Le journal britannique The Guardian a indiqué le 10 Janvier 2009, que "pendant les deux semaines de bombardement de la bande de Gaza, la plupart des journalistes en ont été tenus à l'écart pour des raisons de sécurité. Les Israéliens semblent satisfaits du résultat "
http://www.guardian.co.uk/ Reporters world/2009/jan/10/gaza-israel--foreign journalistes

En Europe, il n'ya pas de protestations ou de plaintes contre cette violation de la liberté de l'information, et il n'y en a pas non plus en Espagne contre l'impossibilité d'accéder à partir des ordinateurs des  bibliothèques publiques aux sites internet du Hamas, parce que les techniciens ont des ordres des décideurs politiques de bloquer l'accès aux pages de la résistance. Avec la censure ici et le manque d'information sur la Palestine, les principaux journaux espagnols pontifient sur le problème islamiste au Moyen-Orient.

La collaboration et le soutien ne se passent pas seulement entre les gouvernements, de nombreuses autres institutions étatiques coopèrent également dans leur propre domaine: principalement les entreprises mais aussi les syndicats, universités, associations, etc. 

Le "dialogue constructif", feu vert aux crimes d'Israël

En 1986, des commandos sud-africains attaquent des centres de l’ANC au Zimbabwe, au Botswana et en Zambie ; Botha justifie ces « attaques légitimes contre le terrorisme ».

Il y avait alors quatre ans qu'Israël avait envahi le Liban pour attaquer les bases du Fatah, laissant des dizaines de milliers de morts et de déplacés internes, et des dégâts matériels considérables.
http://www.maannews.net/eng/ ViewDetails.aspx? id = 212235

Desmond Tutu signale à nouveau l'échec de la politique de «dialogue constructif» de Reagan, demande des sanctions économiques internationales et déclare qu' «il n'y a aucune garantie qu’elles puissent faire tomber de l'apartheid, mais c’est la seule option non-violente qui nous reste et il ya des chances qu’elle marche. »

En 1989, Mobil, la seule grande entreprise encore présente en Afrique du Sud, annonce son retrait. Plusieurs entreprises prennent des mesures allant dans ce sens envers Israël, mais les progrès sont lents. On peut consulter à ce sujet le site web du Mouvement BDS: http://www.bdsmovement.net/?q = node / 4

En 1989, Mandela, toujours en prison, se retrouve avec Botha dans son bureau au Cap. Israël refuse toujours de rencontrer les représentants palestiniens démocratiquement élus lors des élections législatives de 2006, sous le regard d'observateurs internationaux, qui ont attesté de leur validité.

Le traitement par Israël des dirigeants palestiniens qui ne sont pas des collaborateurs, consiste à les éliminer par des «assassinats ciblés» (Abou Ali Mustafa, G Kanafani, Ahmed Yassine, Abdel Aziz Al-Rantissi etc.) ou à les enfermer pour la vie (Arafat, M. Barghouti , A. Saadat, etc.).

Le 11 Février 1990 Mandela est libéré sans conditions, mais il maintient sa demande à la communauté internationale de maintenir la pression sur l'Afrique du Sud, faisant valoir que la levée des sanctions risquerait d’arrêter le processus vers la fin totale de l'apartheid.

Quatre jours plus tard, 20.000 Afrikaners manifestent à Pretoria contre cette libération. Durant l'été 2005, dix mille colons manifestent près de Gaza contre le retrait des colonies à Gaza.

La presse occidentale n’a pas signalé que, en vertu du droit international, ce retrait ne signifie pas la fin de l'occupation militaire, vu que c'est le contrôle du territoire et non la position de l'occupant, qui définit celle-ci.
http://www.npr.org/templates/histoire / story.php? st4761855 & ps  

L'État-voyou utilise tous les moyens à sa disposition

Au début des années 90 on assiste à une recrudescence de la violence entre membres de l'ANC et ceux de l'Inkatha, faisant des centaines de morts. Mandela et d'autres dirigeants de l’ANC accusent la police de prendre le parti de l’ Inkatha et contre l’ANC, dans un effort pour promouvoir les différences ethniques et d'affaiblir l’ANC dans ses négociations avec le gouvernement.

Après les élections dans les territoires occupés en 2006, certaines des actions du gouvernement israélien, fortement appuyé par des acteurs étrangers, en particulier les envoyés des USA, ont consisté à promouvoir avec une grande intensité  les luttes intestines palestiniennes entre les deux grands partis Fatah et Hamas, avec le même résultat : des dizaines de morts, la violence accrue, et d'énormes dégâts à la cause nationale, ce qui joue en faveur des instigateurs.

Le 1er septembre 1990 est rendu public le rapport d'enquête du juge Richard Goldstone sur la mort de 18 manifestants par des tirs de la police, qui a eu lieu au mois de mars précédent à Sebokeng. Le rapport critique l'action de la police et dit que la police a utilisé une force "exorbitante et disproportionnée avec tout objectif légitime qu’elle aurait pu avoir."
http://www.nelsonmandela.org/ OMalley / index.php / site / q / 03lv02039/04lv02040/05lv02041. htm

Goldstone ne pouvait pas soupçonner que 20 ans plus tard il répéterait ses recherches en Israël et dans les Territoires occupés sur l’attaque de Gaza, à une échelle beaucoup plus grande. Bien que ce rapport ait contribué à lui forger une renommée internationale, Israël et ses alliés l’ont critiqué et ont fait tout leur possible pour le discréditer et évidemment pour nier  les conséquences logiques des conclusions de son rapport : en faire la pierre angulaire d'un procès devant les organismes internationaux compétents pour les crimes de guerre et contre l'humanité. 

La force de la résistance populaire: fermeté jusqu’à la victoire 

En Février 1991, les pays de la Communauté européenne décident de lever les sanctions économiques une fois que le Parlement sud-africain aura abrogé trois lois fondamentales de l'apartheid, mais Mandela menace immédiatement d’une mobilisation générale pour empêcher les investissements étrangers si l’accord est conclu.

Pendant les deux années qui suivent (durant laquelle les sanctions seront partiellement levées) Mandela ne demande pas publiquement la fin des sanctions, qui se produit le 25 Septembre 1993.

Deux semaines auparavant Arafat et Rabin ont signé avec le président Clinton, la Déclaration de principes, aussi connue comme l'Accord de Washington. Il n’est pas exigé d’ Israël de reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien, de respecter le droit au retour des réfugiés, de renoncer à l’occupation, mais simplement d’accepter de négocier avec les Palestiniens.

Ces derniers, de leur côté, acceptent d'entamer des pourparlers avec l'occupant et agresseur en échange d’un renoncement au droit international et d’un oubli des résolutions des Nations Unies sur le conflit israélo-palestinien.

Aujourd'hui, on peut ne pas observer sans surprise et sans gêne le parcours réalisé par l'Autorité palestinienne durant les années gaspillées à "parler" à partir d'une position de faiblesse accusée avec un ennemi très puissant et implacable.

En 1993, Mandela et De Klerk reçoivent le Prix Nobel de la Paix en mai 1994 le premier est élu comme premier président démocratiquement élu d'Afrique du Sud.

En juin 1994, le Conseil de sécurité lève  l'embargo sur les armes et Pretoria est de nouveau admis à l’ONU et dans toutes ses agences.

En 1994, Arafat, Rabin et Pérès reçoivent  le Nobel de la Paix et le Prix Prince des Asturies pour la Concorde.

Depuis cette date, la situation des Palestiniens n'a pas bougé, bien au contraire, elle s'est détériorée considérablement et à certains égards, peut être considérée comme catastrophique. à 63 ans se sont écoulés depuis la création de l'État d'Israël, durant laquelle sa position sur la scène internationale s'est accrue.

Les dirigeants palestiniens embarqués dans les négociations n'y ont rien gagné, si ce n’est un moyen de gagner leur vie. La résistance palestinienne opposée à ces négociations a été punie régulièrement et sévèrement par Israël et ses alliés. Toutefois, elle maintient la dignité, et ne cesse pas, de sorte que, grâce à elle, la situation n’est  pas pire. 

Le droit international, l'apartheid, le sionisme et l'occupation militaire

L'apartheid a été condamné par l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 1761 de 1962, comme une violation de la Charte des Nations Unies et une menace à la paix et la sécurité internationales.

Le sionisme a été condamné par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1975 "comme une forme de racisme et de discrimination raciale", dans sa résolution 3379. En 1991, celle-ci est devenue la seule résolution de l'ONU qui ait été révoqué et, depuis lors, la situation s'est progressivement détériorée pour les Palestiniens.

L'occupation militaire par Israël de territoires palestiniens a été déclaré illégale par le Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment par la  Résolution 242, qui déclare irrecevable l'acquisition de terres par la guerre et exigeant le retrait de l'armée israélienne territoires occupés en juin 1967.

De nombreux juifs israéliens nés dans d'autres pays, dont ils ont la nationalité, bénéficient de 87% des territoires palestiniens, tandis que les autochtones sont obligés de vivre dans des parties isolées les unes des autres dans les 13% restants, sans liberté de la mouvement, dans ce qui est également connu comme bantoustans palestiniens.

Le système de l'apartheid en Afrique du Sud comme l'occupation militaire en Palestine, sont contraires au droit international et cela ressort d'innombrables documents de l'Organisation des Nations Unies et de ses organes subsidiaires. On peut consulter "L'Organisation des Nations Unies dans la lutte contre l'apartheid"  et «La question de Palestine à l'Organisation des Nations Unies» 

Cependant, cette reconnaissance a peu servi à ses victimes, car bien que la législation  internationale exige que les pays membres de l'ONU agissent contre ces systèmes avec les moyens à leur disposition pour les éradiquer, l'histoire montre que c'est plutôt le contraire qu'ils ont fait pendant de nombreuses années dans le cas sud-africain et qu’ils continuent à faire dans le cas de la Palestine.

La situation politique des Noirs sud-africains a changé en 1994, avec la fin de l'apartheid et la présidence de Nelson Mandela, mais les Palestiniens, qui ont aussi connu un tournant apparent en 1994 avec l'arrivée d'Arafat dans les territoires occupés et sa présidence l'Autorité palestinienne, s'est détériorée depuis lors jusqu'à une situation extrême, en particulier à Gaza.

Desmond Tutu, archevêque émérite du Cap, a déclaré après le dernier de ses voyages en Palestine, "à passer par les check-points je me rappelais comment les choses s'étaient passées dans mon pays sous l'apartheid: l'arrogance des policiers et des soldats, tu dépends de leur volonté pour passer ou non. Mais il ya des choses qui se passent en Israël et ne se sont jamais passés dans l’Afrique du Sud de l'apartheid, par exemple, les châtiments collectifs ».
http://www.guardian.co.uk/ books/2009/may/28/hay- festival de tutu-Israël-Palestine-solution

Ces châtiments collectifs constituent un crime de guerre en vertu du droit international, en particulier les lois de la guerre et la Quatrième Convention de Genève de 1949. Conformément à la loi, les Palestiniens sous occupation sont des personnes protégées et le châtiment collectif qu'Israël leur applique est donc un crime de guerre.

La peine pour les criminels de guerre, émise dans les procès de Nuremberg et de Tokyo, est la peine capitale, qui peut être commuée en réclusion à perpétuité.

Plus les crimes de guerre et contre l'humanité d'Israël en Palestine redoublent, comme ailleurs au Moyen-Orient, un nombre croissant de pays signataires de la Charte des Nations Unies, sans renoncer à celle-ci, modifient leur législation nationale pour empêcher leurs juges d’agir contre les responsables.

L'Espagne est parmi eux. Cela s'est produit avec La loi organique 6 / 1985 du 1er Juillet, du  pouvoir judiciaire, en particulier l'article 23.4. Lire: Espagne : Un coup contre la justice universelle, par Javier CHINCHÓN ÁLVAREZ

L'ONU et les sanctions face à l'apartheid et à l'occupation militaire 

Le laxisme inépuisable de la communauté internationale et le soutien vital des USA et de l'Union européenne à Israël sont en contraste avec les dizaines de résolutions du Conseil de sécurité sur l'Afrique du Sud, qui a fait l'objet de diverses mesures de la pression de la part de cette communauté de 1960 à 1994.

La communauté internationale, euphémisme pour désigner les USA et leurs comparses, continue à ne pas réagir à l'énormité des crimes commis par Israël depuis 1948  contre les Palestiniens et les pays de la région, notamment le Liban de manière cruelle en 2006.

Il n'ya pas de cas similaires dans le monde pour la durée - à partir du moment de la création de l’État d’Israël il ya 62 ans -, et pour la cruauté : des millions de réfugiés sans possibilité de retour, des milliers de morts, de blessés, d’emprisonnés, de torturés, d’expulsés de leurs maisons sans recours possible à la justice ni droit à une indemnisation, des générations qui se succèdent sous l'occupation militaire, avec la destruction de maisons, de biens, de cultures, d’infrastructures ...

Il est clair que Israël n'a aucun scrupule à commettre autant de violations qu’il le souhaite, ni ne recule devant leur  gravité, bien au contraire, parce qu'il sait qu'on ne le jugera pas pour ça. Gaza a récemment été un exemple parfait de complicité internationale avec Israël, s’il en fallait encore un après plus de soixante ans de tolérance.

Tout cela sous les yeux du Conseil de sécurité des Nations Unies, doté de manière spécifique par la Charte des Nations Unies de «la responsabilité primordiale du maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

La Charte ajoute que «dans l'accomplissement de ces devoirs, le Conseil de sécurité agira conformément aux buts et principes des Nations Unies."

Elle indique également que «les Membres de l'Organisation conviennent d'accepter et d'appliquer les décisions du Conseil de sécurité en vertu de la présente Charte».
http://www.un.org/fr/documents/charter/chap5.shtml

Le premier responsable de l’impunité israélienne, ce sont les USA, membre permanent du Conseil de sécurité, pays le plus puissant sur terre et principal soutien d'Israël, qui ne cesse d’opposer des vétos à toutes les résolutions condamnant Israël.

Ce sont les États, individuellement et ensemble, en particulier au sein de l'Organisation des Nations Unies, qui détiennent les instruments juridiques et la force de coercition nécessaires pour maintenir la paix et le respect des droits de l'homme dans le monde.

Par conséquent, outre qu'elle est contraire au droit international et au sens commun, il est immoral, ainsi que nuisible pour le bien-être de l'humanité et les idéaux de justice, de liberté, d'égalité et de progrès pour tous les peuples, que ce soient les États qui permettent et même encouragent Israël à bien des égards.

Il existe plusieurs mesures et sanctions internationales contre les systèmes politiques du type ici décrit, qui ont été utilisées dans différents contextes:

http://www.globalpolicy.org/ component/content/article/202 / 42346.html (Lois et règlements applicables dans le cas de sanctions et rôle des organisations internationales)

http://www.scn.org/wwfor/ iraqlaw.html (la législation internationale et les sanctions)

Les sanctions peuvent être diplomatiques, économiques et militaires. Ce que je tiens surtout à souligner ici, c'est tout d'abord que ces mesures sont conçues pour être utilisées lorsque la gravité de la situation l'exige, d'autre part elle sont une tactique, pas une fin.

On ne peut pas brandir contre la mise en œuvre de ces mesures un prétendu droit d'Israël à se défendre, et encore moins l'existence d'un processus de paix, qui est inférieur à l'égard du droit international (qui de plus est constamment violé par Israël), et encore moins une guerre contre une menace islamiste présumée.

Les crimes qu'Israël a commis et commet encore sans aucune perspective d’y mettre fin exigent l’application immédiate de sanctions par les autres pays pour y mettre fin et empêcher leur multiplication.

Une fois cet objectif atteint, les mesures disparaîtront, puisque ce qui est recherché, c’est d'isoler un gouvernement qui, pour son propre compte ou avec le soutien de son peuple, porte gravement atteinte à la Charte des Nations Unies. 


La campagne de boycott des oranges "sanguin(air)es" sud-africaines Outspan avait démarré aux Pays-Bas

La campagne BDS contre Israël et l'expérience du cas sud-africain

Face à la persistance de graves violations des droits de l'homme et du droit international par Israël et la complicité de la communauté internationale, un nombre croissant de personnes dans le monde se retrouvent aux côtés de la victime pour tenter de mettre fin à ces violations.

Dans le cas de l'Afrique du Sud, comme les gouvernements, les institutions internationales et les grandes entreprises étaient restés silencieux et n’ont rejoint que  très lentement la lutte de masse plus ou moins organisés, c’étaient des individus en petits groupes à travers des libres associations et des activités à petite échelle qui ont augmenté au fil du temps et ont gagné le respect et la force, qui ont mené le combat contre l'injustice, l'inhumanité et l'impunité.

Il ne s’agit  pas d’une lutte contre les Israéliens, ni contre les Sud-Africains, ou d'une lutte contre les juifs, autrement dit  une manifestation d'antisémitisme, comme ce n'était pas une contre les Blancs, parce qu’ils étaient blancs, mais une action contre la discrimination des Palestiniens en Israël et l'occupation militaire par celui-ci de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Ce mouvement populaire est connu sous le nom de mouvement ou de campagne BDS, qui signifie en  anglais, mouvement mondial de boycott, désinvestissement et sanctions pour la Palestine. http://www.bdsmovement.net/

Comme indiqué dans ce site, « le 9 Juillet 2005, après l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice sur le mur de séparation qu'Israël construit illégalement sur des terres palestiniennes, la grande majorité des citoyens palestiniens a appelé les citoyens du monde préoccupés par la situation en Palestine au boycott d'Israël, de la même manière qu’on a boycotté l'Afrique du Sud sous l'apartheid, jusqu'à ce qu'il se conforme entièrement au droit international et reconnaisse le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination. »

Avec ce mouvement à la fois palestinien et international, ses partisans tentent de faire pression sur Israël pour mettre fin pacifiquement à l'occupation et à l'agression contre les Palestiniens. Comme on le voit, l'un des piliers de la campagne est précisément le rappel de l'histoire du boycott contre l'Afrique du Sud.

L'attaque israélienne folle contre Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009, qui a provoqué 20 fois plus de morts qu’à  Sharpeville, plus de 5000 blessés et des dégâts incalculables, a donné une impulsion au mouvement BDS, qui a cinq ans d’âge. 

Le rôle des citoyens conscients et les risques qu'ils prennent

Tandis que les politiciens occidentaux continuent leur farce sur la paix et le dialogue entre l'agresseur et la victime, des milliers de personnes sont arrêtées au milieu des années quatre-vingt dans de nombreuses villes du monde entier pour avoir manifesté en faveur du Mouvement pour la liberté en Afrique du Sud.

Aujourd'hui les partisans  du BDS font face à une menace sérieuse de leurs propres autorités. Le nombre de ceux qui sont persécutés dans les pays démocratiques occidentaux augmente. Le maire de la ville française de Seclin, Jean-Claude Willem, a appelé à boycotter Israël. Il a été jugé et condamné à une amende de 1000 euros en 2002, mais son châtiment ne s'arrête pas là. Ayant porté l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme, il a perdu de nouveau, car celle-ci a estimé que son action "correspondait à une action discriminatoire et donc condamnable».
Lire : A propos de la décision de la Cour de justice européenne contre Jean-Claude Willem

Cinq militants BDS  écossais sont jugés ces jours-ci pour «comportement raciste», pour une protestation contre le siège israélien de la bande de Gaza. Ils ont interrompu une représentation au Festival international d'Édimbourg, en 2008, du Jerusalem Quartet, composé de quatre musiciens qui affichent le titre  d ' «ambassadeurs culturels» de l'État d'Israël et de "musiciens distingués des Forces de défense israéliennes."

La répression contre les partisans du BDS se manifeste en Espagne, où la police a violemment réprimé des militants dans plusieurs villes pour avoir manifesté leur soutien à un boycott pacifique d'Israël.

Israël augmente la pression sur les gouvernements des pays alliés pour qu’ils poursuivent et répriment les actions  BDS. Pour cela il utilise une fois de plus l'argument éculé  de la « montée de l'antisémitisme en Europe », « la menace de destruction d'Israël », «les liens terroristes internationaux ». 

No comas naranjas manchadas de sangre par Kalvellido
Ne mange pas des oranges tachées de sang, par Juan Kalvellido, Tlaxcala

Conclusion

Les crimes odieux commis par Israël à Gaza il y a un peu plus d'un an, ont une fois de plus rappelé à ceux qui se préoccupent des droits de l'homme, qu’il n'est pas acceptable moralement et qu’on ne peut raisonnablement attendre d'institutions internationales ou des gouvernants qu’ils se  conforment à la loi qu’ils ont eux-mêmes adoptées pour préserver ces droits selon l'Organisation des Nations Unies:

«Nous, peuples des Nations Unies,
 
Résolus

  • à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances,
  • à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
  • à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,»

(Préambule de la Charte des Nations Unies)

De plus, bien avant l'assaut sur Gaza, Israël a pratiqué dans ses 62 ans d'histoire des violations du droit international, et rien n’indique qu’il va y mettre fin sans intervention extérieure.

C'est pourquoi, avec l'exemple de ce qui s'est passé pour l'apartheid en Afrique du Sud au siècle dernier, il y a urgence à s’unir et à s’organiser aux côtés des victimes, les Palestiniens aujourd'hui, comme hier les Noirs, pour faire cesser ces violations.


Source : El porqué del boicot a Sudáfrica ayer y a Israel hoy

Article original publié le 26/3/2010

Sur l’auteur

Agustin Velloso est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Fausto Giudice est membre. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.

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TERRE DE CANAAN: 08/05/2010

 
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