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29/10/2020
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Idylle avec Olmert, Peretz et Livni, clash avec le CRIF : Ségolène Royal en Israël, vue par Haaretz


AUTEUR:  Daniel Ben Simon, 8 décembre 2006

Traduit par  Traduit par Marcel Charbonnier et Fausto Giudice


Une rebuffade de Ségolène Royal

Ce fut un moment particulièrement embarrassant. Le décor : la réception de l'Hôtel King David, à Jérusalem. Les acteurs : le porte-parole de Ségolène Royal, Julien Dray [1], et un représentant du CRIF, l'organisation parapluie de la communauté juive de France.
« Je n'ai rien à vous dire ! », lança un Dray ulcéré au représentant juif stupéfait.
« Vous avez vendu votre âme à l'autre camp ; vous n'avez rien à faire ici. Retournez chez votre pote Nicolas [Sarközy] : c'est lui, votre propriétaire! »
Le représentant du CRIF tentait de convaincre Dray, en y mettant toute son énergie, que son organisation est en train d'adopter une position de stricte objectivité [sic] en ce qui concerne la compétition électorale en France.
Mais Dray est resté inflexible : « Vous allez payer très cher votre racolage unilatéral », se mit-il à hurler. « Ségolène sera président(e) ( ?), et vous allez devoir vous mettre à genoux, quand vous souhaiterez qu'elle vous reçoive ! ! »
Cet incident s'est produit dimanche matin, quelques minutes avant la conversation qu'allait avoir Royal avec des journalistes au sujet de ce qu'elle considéra comme une visite réussie en Israël. Dray, influent parlementaire du parti socialiste, exprimait la colère qui s'était accumulée dans le camp royaliste à l'encontre de la communauté juive, et en particulier contre l'organisation dirigée par Roger Cukierman [Cookie, pour les intimes : président du CRIF. NdT]
Que les juifs en tant que communauté organisée aient juré allégeance au candidat de la droite, Sarközy, c'est un secret de polichinelle.
À la moindre occasion, Sarközy les rencontre et les consulte. A chaque opportunité, ils manifestent leur enthousiasme pour lui, afin de bien montrer qu'ils le soutiennent dans sa course à la présidence.
C'est la raison pour laquelle Royal n'a pas accepté une invitation à rencontrer les responsables du CRIF, au cours des derniers mois écoulés.
C'est aussi la raison pour laquelle elle a ignoré [royalement !] leur existence quand elle a décidé, à la dernière minute, d'aller faire un tour en Israël, et c'est enfin la raison pour laquelle le porte-parole du PS [Juju Dray] a eu vis-à-vis du représentant du CRIF l'attitude qu'on adopte généralement vis-à-vis d'un pestiféré.
Par le passé, des dirigeants français qui avaient l'intention de venir en visite officielle en Israël emmenaient dans leurs bagages un représentant du CRIF, afin de démontrer leur accointances avec les juifs. Royal est venue en Israël avec sa propre cour, et elle a laissé les responsables du CRIF dans leurs bureaux, à se ronger les sangs.
Ceux-ci, dans un premier temps, l'avaient snobée, voyant en elle un électron libre venu se perdre dans une bataille de titans. Par la suite, tandis qu'elle commençait à monter en puissance, ils envoyèrent des estafettes dans son camp, afin d'étudier les conditions d'une trêve, voire plus si affinités.
Quand Ségolène battit à plate couture les mecs de son camp, dès le premier tour [des primaires du PS], les responsables du CRIF prirent conscience qu'ils avaient misé sur le mauvais cheval. S'étant remis du choc de la victoire de Ségolène, ils n'en demeuraient pas moins convaincus que leur alezan, Sarközy, la coifferait au poteau, les doigts dans les naseaux. Mais aujourd'hui, les derniers sondages montrent une course extrêmement serrée, avec un léger avantage pour [la pouliche] Royal.
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu ; qu'allons-nous faire ? Ils essaient de négocier une retraite élégante et de signaler au camp de Royal que les juifs, en réalité, n'ont pas encore décidé de qui, à leurs yeux, est le candidat préférable. Il est toutefois possible que le racolage du CRIF en faveur de Sarközy ait d'ores et déjà créé une profonde crise de confiance avec le camp royaliste.
C'est toujours ainsi que les choses se passent, dès lors que la France est confrontée à des décisions majeures : les juifs font de leur mieux pour sembler neutres. Dans une tentative désespérée de ne pas être confondus avec les forces politiques dirigeantes, ils se sont toujours efforcés d'adopter une politique de portes ouvertes dans leurs contacts avec les deux principaux partis politiques français [l'UMP et le PS, NdT]
Récemment, toutefois, ils ont été piqués par un vif désir de rivaliser avec l'American Israel Public Affairs Committee [AIPAC : le principal lobby pro-israélien, aux USA, NdT]. Depuis des années, ce lobby us américain se dresse, tel une fortification défendant les faucons israéliens. Les caciques de la droite sont fêtés en héros, à ses conférences, tandis que les personnalités de gauche quémandent - en vain - l'égalité de traitement en la matière.
Les responsables du CRIF ont donc franchi un pas, et ils n'ont pas tardé à comprendre qu'il y avait un prix à acquitter. « Il ne nous était encore jamais arrivé de ne pas avoir d'excellents rapports avec une personnalité clé dans le staff électoral d'un quelconque candidat », a reconnu une haute personnalité de l'organisation. C'est la raison pour laquelle ils tentent d'effectuer un pèlerinage en direction de Julien Dray, dans l'idée que celui-ci leur débroussaille une piste vers le coeur de la candidate. Toutefois, Dray, juif déclaré et partisan fanatique d'Israël, et dont le frère exerce la médecine ici [en Israël, NdT [2]], leur a carrément tourné le dos.
Rien d'étonnant, par conséquent, que les premiers à lancer des accusations contre Royal à la veille de sa visite en Israël aient été les responsables du CRIF. Alors que les cercles officiels israéliens ont passé l'éponge sur les gaffes de la candidate au Liban, y voyant les erreurs d'une novice, les responsables du CRIF l'ont attaquée pour avoir osé rencontrer un député du Hezbollah. Le CRIF a publié une déclaration de condamnation absolument abracadabrantesque, dans laquelle il rappelait à Royal que l'organisation chiite est responsable de massacres de masse et que sa chaîne de télévision propage l'antisémitisme. Dans une guerre, tout fait ventre - et les deux camps aiguisent leurs couteaux, en prévision d'une poursuite des combats.
Cette situation n'est pas « bonne pour » les juifs de France, ni pour Israël, ni pour les relations entre les deux pays.
[C'est dommage], le CRIF avait acquis son prestige en s'étant montré un pont enjambant largement les eaux tumultueuses de la vie politique française. C'est la raison pour laquelle les sages du pays, quel que soit leur camp, se donnaient la peine d'accepter la moindre de ses invitations à s'afficher devant ses membres, car ils savaient que l'organisation juive était une institution française qui s'élevait au-dessus de la mêlée politicienne.
Mais il y a encore un autre risque inhérent à cette situation. Quand l'alliance entre les juifs et le candidat de la droite à la présidentielle sera un fait coulé dans le béton, les électeurs de culture musulmane se rallieront massivement à la candidate socialiste, afin de faire contrepoids aux juifs.
Dans exactement la même mesure où les juifs attendent un renvoi d'ascenseur pour leur soutien à Sarközy, les musulmans attendront un échange de bon procédés pour leur soutien à Royal.
Si cela se produit effectivement, la distance entre les deux communautés, dont il faut être conscient qu'elles sont déjà en froid, pourrait encore s'accentuer.

 

Notes du réviseur :

[1] Julien Dray (surnom : Juju), que Haaretz s’acharne à appeler Julian Dray (on croirait un personnage d’Oscar Wilde) est le porte-parole de la candidate Ségolène Royal et probablement son futur ministre de l’Intérieur. Cet ancien trotskyste (LCR d’Alain Krivine et Olivier Besancenot) a rejoint le Parti socialiste après 1981, après une transition par le Mouvement d’action syndicale (MAS), un groupuscule étudiant. Il a créé en 1983 – sur ordre de l’Élysée -, avec Françoise Castro, la femme de Laurent Fabius et une équipe de publicitaires, SOS-Racisme, à la tête duquel fut placé le jeune Antillais Harlem Désir (aujourd’hui sage député socialiste au Parlement européen), qui était entièrement dévoué à Julien Dray. SOS-Racisme était conçu comme une machine de guerre contre le mouvement autonome des jeunes Arabes des banlieues, alors en révolte et en lutte pour leur reconnaissance. Le premier congrès de SOS-Racisme, à Noisiel vit un affrontement entre le clan juif sioniste et le clan arabe antisioniste de SOS-Racisme sur la question d’Israël et des droits des Palestiniens. Les antisionistes quittèrent rapidement SOS-Racisme, qui est devenu, 23 ans après sa création, une simple officine socialiste et sioniste. Les conflits entre le CRIF et Julien Dray ne doivent pas faire illusion : il s’agit d’un conflit de leadership entre Anciens et Modernes au sein de la grande famille sioniste, et nullement d’une querelle sur des principes tels que les droits du peuple palestinien et autres naïvetés. Quant au CRIF et à son président Roger Cukierman, il est évident qu’ils font de la surenchère par rapport à leurs maîtres à penser israéliens, Olmert en tête, en tentant d’être plus sionistes qu’eux, comme ont dit « être plus royaliste que le roi »…

[2] Le frère de Julien Dray, qui a fait son aliya en Israël, a été longtemps dirigeant du Betar-Tagar France, une milice appartenant à la mouvance sioniste révisionniste de Vladimir Jabotinsky, père spirituel du Likoud et de Kadima.

 



Une néophyte en diplomatie ? Pas du tout

Soudain le sourire captivant s’est effacé et son visage a affiché une rare froideur de glace. C’est arrivé juste après que Ségolène Royal, la candidate socialiste à l’élection présidentielle française, avait achevé sa rencontre avec le Premier ministre Ehud Olmert dans son bureau à la Knesset, une rencontre qui a reçu une grosse couverture médiatique
Les reporters et journalistes étaient invités au bureau d’Olmert pour couvrir l’événement. Les vétérans de l’équipe du bureau du Premier ministre ne peuvent se souvenir d’avoir jamais assisté à un tel vacarme. Avant même que Royal sorte à la rencontre de la presse, des douzaines de photographes se bousculaient pour  avoir un bon angle de vue. En quelques instants, les gens se sont mis à agiter leurs mains et ça a failli tourner à la bagarre. Si les gardes du corps n’avaient pas été là, ça aurait pu mal tourner. Des photographes “revenus de tout”, qui ont déjà pris des photos de présidents, de Premiers ministres et de leaders du monde entier, se battaient pour une position stratégique comme s’il s’agissait d’une bataille à la vie à la mort..
Quand Royal est sortie du bureau d’Olmert, accompagnée par le Premier ministre, les photographes sont devenus comme fous. Pendant ce qui a semblé une éternité, les flashes ont crépité et les caméras se sont concentrées uniquement sur la femme aux traits fins qui a déjà atteint une place respectable dans le panthéon national français, alors qu’elle n’est pas encore élue. Tous, photographes et reporters, s’adressaient à elle en criant “Ségolène, Ségolène”, comme s’il s’agissait d’une vieille camarade de classe. Elle a répondu à chacun, ne cessant de faire ce sourire qui a fait fondre les coeurs en Israël, au Liban et en Jordanie.
Heureux d’avoir un répit dans les migraines qui l’assaillent, Olmert tenait sa main, lui lançant des bons mots pour tenter de l’impressionner. Royal lui a parlé de ses rencontres au Liban et de ses impressions sur ce pays éprouvé. Le Premier ministre a écouté l’étudiante appliquée assise en face de lui, qui a pénétré dans le champ de mines le plus dangereux du monde sans aucune préparation. Jusqu’à il y a quelques mois, il n’avait jamais entendu parler d’elle. Même le ministère israélien des Affaires étrangères donnait peu d’importance à sa campagne : les responsables du ministère pensaient que cette femme attirante – dont le partenaire est le leader du parti socialiste français François Hollande – ne ferait qu’apporter une détente comique dans une saga politique qui la dépassait.
Les femmes membres de la faction travailliste, qui se sont battues pour avoir une place à côté d’elle à la cafétéria de la Knesset, voient Royal comme un symbole de toutes les femmes et sont moins intéressées par ses ambitions présidentielles. Si elle gagne, pourquoi Colette Avital ne pourrait-elle pas être présidente d’Israël , Pourquoi Yuli Tamir ne pourrait-elle pas viser le poste de Premier ministre ? Et pourquoi Nadia Hilou ne pourrait-elle pas devenir ministre?
Lors de toutes ses rencontres, Royal a fait preuve d’un mélange de fragilité et de chic qui a fait fondre tous les hommes qui l’ont approchée. Même les durs à cuire du Parti travailliste - Benjamin (Fouad) Ben-Eliezer, Matan Vilnai, Yoram Marciano et Danny Yatom – se sont métamorphosés en super-charmeurs quand ils ont parlé avec elle. Apparemment, la “French touch” peut dans de telles circonstances adoucir les Israéliens les plus rudes.
À un moment de leur rencontre à huis clos, Olmert a posé à son invitée une question qui pouvait être embarrassante : pensait-elle vraiment que la France était prête pour avoir une femme comme présidente ? L’interprète Giselle Barzon a traduit la question pour Royal, qui a répondu sans hésiter : “Absolument!”
Bien qu’elle connaisse l’anglais, Royal a tenu à parler français et à entendre les réponses de son hôte en français, par le biais de l’interprète. Sage précaution de sa part, afin de ne pas se voir accusée d’avoir mal compris ce qui se passe au Moyen-Orient.
Pendant sa visite dans la région , des gens de droite en France l’ont accusée d’avoir fait preuve d’une complète ignorance des faits durant ses rencontres au Liban. Elle a écouté ces critiques sans faire de commentaires, mais a promis à ses assistants qu’elle mettrait les pendules à l’heure après son retour en France. Royal a été rendue particulièrement furieuse par les propos de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui lui a parlé comme si elle était une ménagère ignorante des choses de la politique. “Elle doit savoir que des déclarations irresponsables pourraient coûter la vie à nos hommes au Liban”, a dit Alliot-Marie dans une attaque pleine de colère

L’ opposition rembarrée
Quand elle est entrée à l’Hôtel King David de Jérusalem, tout de suite après sa rencontre avec le Premier ministre, Royal est tombée sur une ponte de l’UMP. Françoise de Panafieu, candidate de son parti au poste de Maire de Paris, était aussi en visite officielle en Israël. Leurs regards se sont croisés et la femme de droite a dit “bonsoir” à la femme de gauche, lui tendant la main.
”Je ne vous serrerai pas la main”, a répondu Royal à sa collègue et rivale, laissant de Panafieu en plan, la main tendue vers le vide. L’entourage des deux femmes a été abasourdi. La veille, de Panafieu avait critiqué  vertement Royal pour son manque d’expérience diplomatique et pour l’embarras qu’elle était censé avoir causé à la France lors de sa rencontre avec des membres du parlement libanais associés au Hezbollah.”Après ses critiques cinglantes de mon action”, a ajouté Royal, “je ne veux rien avoir à faire avec elle”.
L’incident a fait la Une des médias en France. Soudain, la première visite de la candidate socialiste au Moyen-Orient est devenue le thème le plus brûlant de la campagne présidentielle française.
Ce n’est que quand Royal se sent attaquée qu’elle révèle son autre face, elle qui a acquis en Europe la réputation d’être capable de captiver toute personne qu’elle rencontre par un simple sourire.
Dans ce rare moment, dans le hall d’un hôtel de Jérusalem, son visage s’est durci, ses yeux ont lancé des éclairs furieux et ses lèvres se sont serrées. Cela lui était déjà arrivé une fois durant sa campagne électorale. Lors d’une prestation devant des jeunes membres du parti, une jeune fille s’était levée et avait posée à la candidate une question qui lui avait déplu. “Qui vous a envoyé ?”, a crié Royal. “J’ai l’impression que vous travaillez pour des gens qui ont des intérêts occultes.” L’assistance fut visiblement choquée. La jeune fille s’est rassise, en larmes. Ce n’est qu’après l’incident avait fait la Une que Royal a appelé la jeune fille pour s’excuser. “Et si on se rencontrait en tête à tête ?”, a suggéré Royal. “Avec joie”, fut la réponse.
Dans des conversations privées, le partenaire de Royal dit que sa volonté de fer ne doit jamais être sous-estimée. Il fait allusion à sa réponse à la stratégie de la droite pour détruire son image aux yeux du public. Beaucoup de commentateurs politiques croient encore que dans l’affrontement avec un politicien dur comme Nicolas Sarkozy, elle devra faire des concessions et lever le drapeau blanc. Ce ne sera pas le cas, ajoute son partenaire :”Faites-moi confiance. Après tout, je la connais très bien. Je vis avec elle.”

Expérience tumultueuse
Quelques heures avant de quitter Israël, Royal a montré des signes évidents de ce que cette visite avait été une expérience tumultueuse pour elle. Dès qu’elle a mis les pieds au Moyen-orient, elle a été au centre de l’attention publique. Des foules la suivaient à Beyrouth et Amman, criant son nom. À chaque rencontre officielle, elle était assaillie par des bataillons de reporters et de photographes, venus voir de près le “phénomène Royal”. À Jérusalem, ses assistants ont rencontré une frénésie médiatique qu’ils n’avait pas du tout prévu. Ils pensaient que les Israéliens avaient d ‘autres préoccupations et avaient fait l’erreur de croire qu’elle serait considérée comme un personnage anonyme en Terre sainte.
”C’est vraiment surprenant”, commente Agnès Longueville, la conseillère médias de Royal. “Où que nous allions, il y a des grands rassemblements de foule, juste pour l’apercevoir, même dans les villages les plus reculés de France. Je ne sais pas s’ils viennent pour la voir ou pour entendre ce qu’elle a à dire. J’ai le sentiment que le public français n’est pas encore revenu du fait qu’une femme soit allée si loin et c’est pour cela que les gens viennent pour voir Royal. Ils veulent vérifier par eux-mêmes qu’elle existe vraiment.”
Royal n’a pas eu assez de temps pour se préparer correctement pour sa visite en Israël, car l’agenda lui a été imposé. “Mais c’est comme ça qu’elle travaille”, explique Longueville; “Elle fait confiance à son intuition et sent qu’elle doit être en permanence en mouvement. Nous avons eu le plaisir de constater que nous avons pu organiser tous les rendez-vous avec les chefs d’État que nous voulions rencontrer, malgré les délais très courts. Partout, elle a été traitée comme si elle était elle-même un chef d’État.”
Pour Royal, la visite à Gaza a été déprimante. Elle a trouvé incroyable de voir une telle noirceur et souffrance autour d’elle. “Mahmoud Abbas n’avait pas grand-chose à ajouter : elle pouvait facilement comprendre ce qui se passait là”, dit Longueville. “C’était terrible : une déshumanisation qu semblait sortir d’un livre de Primo Levi.”
Apparemment, c’est pour cela que Royal a mangé si peu au restaurant Montefiore de Jérusalem, où elle a eu un dîner avec la ministre des AE Livni. Royal lui a fait part de ses impressions et Livni a acquiescé à plusieurs reprises. Deux femmes, deux hautes représentantes de la révolution féminine qui est en train d’avoir lieu dans la politique globale.


Haaretz : http://www.haaretz. com/hasen/ spages/797420. html et http://www.haaretz.com/hasen/spages/798425.html
Premier texte traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice et deuxième texte traduit par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteurs et sources.
URL de cette page : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1714&lg=fr
Suite à cet article, le CRIF, sous la plume de son président Roger Cukierman, a adressé un droit de réponse à Haaretz.


TERRE DE CANAAN: 09/12/2006

 
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