Une crise chez les abeilles se répand dans tous les USA. Récemment les abeilles ont commencé à disparaître rapidement dans 24 États à travers le pays. Pour des raisons inconnues, les abeilles s'envolent pour rechercher le nectar et le pollen et ne reviennent tout simplement jamais dans leurs colonies. Les pertes rapportées d'abeille varient de 30 à 60 pour cent sur la Côte Ouest. La situation est encore pire sur la Côte Est et au Texas où les apiculteurs ont rapporté des pertes de plus de 70 pour cent. À part produire du miel, les abeilles assurent aussi la pollinisation d'une diversité de plantes servant à l’alimentation humaine. Tous les ans les abeilles pollinisent pour une valeur d'environ 14 milliards de dollars de graines et de récoltes aux USA, en grande partie des fruits, des légumes et des noix, noisettes et amandes. Les mystérieuses pertes soudaines suscitent une inquiétude croissante des apiculteurs au sujet de leur gagne-pain. Les chercheurs disent que les abeilles peuvent mourir de causes naturelles ou perdre le sens de l’orientation ou encore être victimes d'acariens. Selon des apiculteurs, une perte en dessous de 20 pour cent est considérée comme normale en hors-saison. Certains apiculteurs désignent la crise récente comme une tragédie nationale, s’agissant de la première calamité majeure qui frappe l'industrie apicole US. « Je n'ai jamais rien vu de tel, » dit David Bradshaw, un apiculteur. « Mes ruches se sont tout simplement vidées. Il n'y a personne à la maison, » ajoute-t-il. Les abeilles ne retournent pas dans leurs colonies. La plus grande source d’inquiétude est que personne ne semble savoir pourquoi les abeilles continuent à disparaître. Les abeilles sont des insectes extrêmement sociaux ; elles n'abandonnent jamais leur progéniture ou leur reine. Les chercheurs présument que les abeilles meurent pendant leur recherche de nectar. Un éventail de théories est aussi étudié, y compris un virus, une moisissure et une mauvaise alimentation. Les chercheurs examinent un groupe de pesticides qui ont été interdits dans les pays européens pour découvrir si ces préparations chimiques (encore utilisées aux USA) détériorent en quelque manière la capacité innée des abeilles à retrouver leur chemin pour rentrer à la maison. Selon encore une autre théorie, les pertes peuvent résulter d'une attaque massive d'acariens, qui ont à plusieurs reprises endommagé des colonies d'abeille dans le passé. Les abeilles disparaissent alors que l'industrie apicole US est sous pression. Les coûts d’entretien des ruches montent sans interruption. Le business apicole devient en conséquence moins profitable. Selon des évaluations du Département de l'Agriculture, le nombre de ruches a chuté d'un quart au cours des vingt dernières années, et le nombre d'apiculteurs a diminué de moitié. Les apiculteurs sont aussi confrontés au problème de l'extension tentaculaire des agglomérations urbaines lorsqu'ils recherchent des zones où les abeilles puissent butiner du nectar pour rester saines et se sentir bien durant la saison de pollinisation. Une terrible épidémie éclate dans La peste, un roman d'Albert Camus, peu de temps après que des centaines de rats morts ont été découverts dans toute la ville. Le récent mystère des abeille, déjà baptisé « désordre d'effondrement de colonies » (“colony collapse disorder”) par des chercheurs US, évoque un peu à la situation décrite dans le roman. Nous pouvons seulement espérer que la « peste apicole » ne prendra pas la forme d'une catastrophe de dimensions mondiales.
Original : http://english.pravda.ru/world/americas/20-03-2007/88467-honey_bees-0 Traduit du russe en anglais par Guerman Grachev, de l’anglais en français par Pétrus Lombard pour Alter Info et révisé par Fausto Giudice pour Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs. URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2275&lg=fr
Image de titre : A. Howells © Australian Museum
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