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01/04/2020
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Les attentats d’Alger : « En un mot comme en cent, c’est de pétrole qu’il s’agit» - Interview de Werner Ruf


AUTEUR:  Manuela Honsig-Erlenburg, 12 avril 2007

Traduit par  Traduit par Michèle Mialane et révisé par Fausto Giudice


derStandard.at a interviewé Werner Ruf, spécialiste de l’ Algérie, au sujet des coulisses des attentats du 11 avril et des intérêts des USA.

Ruf est convaincu que la date des attentats algériens ne doit rien au hasard.
« Derrière tout ça il y a la fondation imminente de l’AFRICOM, le commandement militaire US pour l’Afrique, auquel les USA travaillent depuis 2002 » dit-il à Manuela Honsig-Erlenburg. Et là nous retrouvons nos bonnes vieilles habitudes : en un mot comme en cent, c’est de pétrole qu’il s’agit.


derStandard.at : La branche d’Al Qaïda pour le  Maghreb : qui se cache - ou qu’est-ce qui se cache - derrière cette organisation ?

Ruf : C’est une histoire embrouillée. Depuis l’annulation des élections en Algérie et le putsch de 1992 elle est devenue  pratiquement impossible à suivre.
À l’époque il y avait sûrement l’armée du Salut islamique. Avant on avait  eu l’Organisation de la jeunesse algérienne libre (OLAL), qui a ensuite totalement disparu. C’est alors qu’ont fait surface les Groupes islamiques armés (GIA), qui initialement  combattaient l’armée du Salut islamique. Cette dernière a négocié  en 1997 une paix séparée - dont on ignore jusqu’à présent les circonstances. À partir de ce moment, le GIA n’a plus fait parler de lui.
Et ensuite on a vu brusquement arriver ces fameux GSPC (Groupes Salafistes pour la Prédication et le Combat.) Ce sont eux qui seraient à l’origine en 2003 de prise d’otages - de mauvais augure et opaque -, des otages principalement autrichiens et allemands. La branche d’Al Qaïda pour le Maghreb n’a été fondée qu’en janvier dernier. On pouvait donc s’attendre à un attentat.

derStandard.at : Que dites-vous des rumeurs selon lesquelles les services secrets algériens étaient au courant ?

Ruf : Tout ce qui se touche au terrorisme en Algérie est à ce point complexe et opaque que l’on peut toujours supposer que ce sont les services secrets qui tirent les ficelles. Pour moi, il y a derrière tout ça la fondation imminente de l’AFRICOM, le commandement militaire US élaboré tout exprès pour l’Afrique, auquel les USA travaillent depuis 2002. En un mot comme en cent, c’est de pétrole qu’il s’agit. Quand on sait que les USA importent déjà d’Afrique 16% de leur pétrole et qu’ils visent 25% en 2015, il est clair qu’il s’agit d’une sécurisation globale des sources d’approvisionnement. Et bien sûr cela provoque des rivalités avec l’Europe.

derStandard.at : Est-ce à votre avis une des raisons qui empêchent, malgré les demandes répétées d’ONG algériennes, la création  d’un tribunal extraordinaire des Nations Unies chargé d’enquêter sur les évènements de la guerre civile ?

Ruf : Bien sûr. La prétendue loi d’amnistie pour les membres d’organisations terroristes est une gigantesque opération de poudre aux yeux. Il s’agit, au moins en partie, de réintégrer dans la vie civile des ex-agents  infiltrés dans le GIA. Et les bonnes raisons ne manquent pas. En Algérie tout est entre les mains des services de l’État. Et cet attentat, en ce moment, ne s’explique pour moi que par la nécessité de justifier le stationnement, avec le soutien des USA, d’énormes troupes dans la région du Sahel. Je doute aussi que les attentats actuels au Maroc et en Tunisie soient le fruit  du hasard. En Tunisie, pas une mouche n’éternue sans que les services secrets en soient informés. Dans ces conditions, je ne peux imaginer que des cellules terroristes à même d’effectuer des actions armées aient la possibilité de se créer.

derStandard.at : Le facteur  « guerre civile » ne joue donc aucun rôle ?

Ruf : Il est évident que la grande pauvreté, l’absence de perspectives, le chômage qui touche 70% de la jeunesse algérienne favorisent la montée du terrorisme. En devenant membre de ce genre d’organisations, on peut enfin se conduire en homme et combattre ceux qui vous ont plongés dans la misère.

derStandard.at : Attendez-vous une réaction de la communauté internationale ?

Ruf :  Non. Au mieux, la communauté internationale va dire : « C’est affreux. Nous devons combattre le terrorisme. » Et cet argument vous permet de  saper un peu plus l’État de droit chez vous. Si l’on voulait combattre le terrorisme, il faudrait s’y prendre autrement. L’UE devrait faire ce qu’elle prétend toujours faire chez elle : établir la démocratie et l’État de droit dans tous les pays. Mais cela mettrait en péril les dictatures et avec les dictatures, on sait au moins à qui l’on a affaire.


Original : http://derstandard.at/?url=/?id=2840382
Traduit de l’allemand par Michèle Mialane et révisé par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2454&lg=fr 


OUMMA: 18/04/2007

 
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