HOME TLAXCALA
le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique
MANIFESTE DE TLAXCALA  QUI SOMMES-NOUS ?  LES AMIS DE TLAXCALA  RECHERCHER 

AU SUD DE LA FRONTIÈRE (Amérique latine et Caraïbes)
EMPIRE (Questions globales)
TERRE DE CANAAN (Palestine, Israël)
OUMMA (Monde arabe, Islam)
DANS LE VENTRE DE LA BALEINE (Activisme dans les métropoles impérialistes)
PAIX ET GUERRE (USA, UE, OTAN)
MÈRE AFRIQUE (Continent africain, Océan indien)

ZONE DE TYPHONS (Asie, Pacifique)
KALVELLIDO AVEC UN K (Journal d'un prolo)
REMUE-MÉNINGES (Culture, communication)
LES INCLASSABLES 
LES CHRONIQUES TLAXCALTÈQUES 
LES FICHES DE TLAXCALA (Glossaires, lexiques, cartes)
BIBLIOTHÈQUE D'AUTEURS 
GALERIE 
LES ARCHIVES DE TLAXCALA 

04/07/2020
Español Français English Deutsch Português Italiano Català
عربي Svenska فارسی Ελληνικά русски TAMAZIGHT OTHER LANGUAGES
 
Scandale ? Vous avez dit scandale ?

La justice espagnole censure un magazine satirique pour offense à la famille royale


AUTEUR:  TLAXCALA


À la demande du Procureur général du Roi, le juge de l’ Audiencia Nacional Juan del Olmo a ordonné aujourd’hui la saisie de tous les exemplaires en vente et l’interdiction de vente du dernier numéro de l’hebodamdaire satirique Jueves (Jeudi) pour un délit supposé d’offense à la Couronne. La couverture de ce numéro de Jueves, que nous vous présentons ci-dessus, présente un dessin représentant le Prince et la Princesse des Asturies – Felipe de Bourbon et Letizia – faisant l’amour en levrette. Le Prince dit :”Tu te rends compte ? Si tu tombes enceinte, ça sera ce qui ressemble le plus à un boulot que j’aurai fait de toute ma vie.” Le thème de la caricature fair allusion à une récente décision prise par le gouvernement socialiste de Madrid, d’attribuer 2500 € à tout couple espagnol ayant un enfant. C’est un thème récurrent de Jueves : tous les membres de la famille royale sont des parasites qui vivent aux crochets des contribuables.

Nous attendons les protestations de Reporters sans frontières.

Le magazine a été mis en vente le mercredi 18 juillet. Site web : http://www.eljueves.es/

*    *    *

Premières réactions du réseau des amis de Tlaxcala à cet acte de censure

http://www.aporrea.org/

Censure en Espagne: où est la liberté d’expression ?

Par Marcelo Colussi

Date de publication : 20/07/2007

Il y a quelques tours, devant le non-renouvellement de la concession de la chaîne télévisée golpiste RCTV au Venezuela, la corporation médiatique mondiale – de toute évidence conservatrice  - a poussé de hauts cris devant ce qui a été qualifié de “mesure dictatoriale », de « fermeture par traîtrise d’un moyen de communication », d’ « absence de liberté d’expression sous le régime castro-communiste d’ Hugo Chávez”. Pur montage médiatique !

Ce qui était en réalité en jeu, c’était un moyen correct dans l’esprit de la révolution bolivarienne : l’approfondissement du socialisme du XXIème siècle. S’il y eut une telle réaction, c’est parce que la décision du gouvernement réolutionnaire dérangeait les grands de ce monde. La liberté d’expression (qui n’est rien d’autre que la « liberté d’entreprendre ») ne fut qu’une excuse.
Peu de temps après, le 20 juillet, selon des sources diverses (El Mundo, El País),un juge a ordonné en Espagne la saisie d’une revue picaresque - El Jueves”- qui contenait une satire contre des membres de la famille royale, en l’espèce une caricature constituant « un dénigrement clair » et « objectivement infamante »,selon les termes du juge.

Est-ce qu’on verra cette fois-ci aussi la presse internationale élever une voix indignée conter cette mesure ? Est-ce que la grande machinerie médiatique réagira à cette affaire avec la même véhémence qu’elle a mis à protester contre une procédure constitutionnelle correcte engagée conte un média qui avait fomenté un coup d’État violant les institutions du Venezuela ?

Je suis sûr que non. Et vous, qu’en pensez-vous?

Original http://www.aporrea.org/internacionales/a38593.html

*    *    *

http://www.cubadebate.cu

Date de publication : 20/07/2007

Un juge espagnol ordonna la censure contre le magazine El Jueves

Le juge de l’ Audiencia Nacional espagnole, Juan del Olmo, a ordonné le retrait des kiosques du dernier numéro du magazine satirique 'El Jueves'  pour un délit supposé d’injure à la famille royale. Et dès aujourd’hui, il est devenu impossible d’accéder à l’édition électronique du magazine, comme nous l’avons vérifié à Cubadebate.

La Constitution espagnole interdit la censure préliminaire des publications, mais elle autorise la saisie après publication si un juge décide qu’il ya atteinte à certains droits fondamentaux.

Dans le journal électronique Aporrea,  Marcelo Colussi se demande à juste titre si la la grande machinerie médiatique réagira à cette affaire avec la même véhémence qu’elle a mis à protester contre la décision du Venezuela de ne pas renouveler la concession à la chaîne RCTV, « un média qui avait fomenté un coup d’État violant les institutions » de ce pays latinoaméricain.

Et l’on pourrait ajouter : réagira-t-elle contre cette atteinte à El Jueves,  comme elle fit en 2003 contre Cuba, quand le gouvernement révolutionnaire avait capturé un groupe de mercenaires et apporté des preuves éclatantes de ce qu’ils étaient stipendiés par le Bureau des intérêts US de La Havane, et que cette même machinerie convertit en un tournemain ces mercenaires en « journalistes indépendants » et » combattants de la liberté » ? Réagiront-ils avec la même rage qu’ils mettent à condamner Cuba pour ses violations supposées de la liberté d’expression et pour soi-disant censurer l’Internet, appelant à des condamnations sans preuves ?

Original http://www.cubadebate.cu/index.php?tpl=design/especiales.tpl.html&newsid_obj_id=9582

*    *    *

Erreurs de casting

Guillermo, l’auteur du dessin par lequel le scandale est arrivé, est tombé des nues : « Mais je n’ai pas du tout représenté le couple princier ! Le juge del Olmo ne doit pas y voir clair, vu qu'il porte des lunettes et se met du collyre dans les yeux. Pas du tout, c’est Tom Cruise et Katie Holmes ! » Et notre humoriste de poursuivre, toujours avec la même dérision : “la saisie de El Jueves, c’était pour rire, ce n’est pas une attaque contre la liberté d’expression, parce que, avec ça, il n’arrivera à rien.”

Questions : on peut réellement s’interroger sur les motivations de l’Audiencia Nacional, du procureur et du juge : seraient-ils des républicains clandestins qui auraient décidé de mettre dans l’embarras la famille royale ? Auraient-ils décidé de rendre El Jueves, qui n’est qu’une feuille de chou sans grande envergure, mondialement célèbre ? En tout cas, ce coup de pub est inespéré pour lle magazine, qui verra ses ventes monter en flèche dès le premier numéro. Par ailleurs, le dessinateur risque, au terme du Code Pénal, deux ans de prison. Comment la justice va-t-elle se sortir de ce pétrin ? Dans une affaire similaire et tout aussi rocambolesque, il y a quelques semaines, la justice malienne avait choisi une « solution élégante », en condamnant le journaliste incriminé à 13 jours de prison, soit la durée de sa détention préventive (Lire La maîtresse du Président, une docu-fiction africaine). Le juge del Olmo n’est tout de même pas allé jusqu’à faire embastiller Guillermo, mais il ya au moins un trait commun entre la justcie du mali e celle de l’Espagne : elles n’ont pas peur du ridicule.

Service minimum : RSF (Reporters sans Frontières) s’est tout de même fendue d’un communiqué condamnant  la saisie de El Jueves. Il a fallu 96 heures à l’organisation de Robert Ménard pour réagir. Et cette réaction est pour le moins minimaliste. Le communiqué fait exactement 52 mots (302 caractères) qui tiennent en 2 phrases. Ces deux derniers mois, RSF a produit 5 longs communiqués sur l’affaire RCTV au Venezuela.

Imaginons : imaginons que El Jueves s’appellerait Al Khamis et serait un magazine satirique paraissant, par exemple, en Arabie saoudite (je sais, c'est à peu près invraisemblable, mais bon, imaginons). Imaginons qu'Al Khamis aurait été saisi pour avoir publié un dessin sur un des 5000 princes de la famille royale en position galante. Imaginons la réaction : on aurait droit au moins à
- une manifestation au Trocadéro à Paris, et une autre sur le Washington Mall ;
- le drapeau mis en berne sur la Mairie de Paris ;
- une édition spéciale de Charlie-Hebdo ;
- une motion vigoureuse du Parlement européen.
Et le tout diffusé en boucle à tous les journaux de télé et mis en Une de tous les journaux du monde libre.
Je n’ose même pas imaginer ce qui se passerait si une affaire similaire arrivait en Iran ou au Venezuela. Vous me direz que ces pays n’ont pas de rois. Et qu’ils sont dirigés par des hommes qui n’ont pas le temps de batifoler avec leurs épouses. Ils ont mieux à faire : ils travaillent, eux ! Pas comme un certain petit prince des Asturies.

Fausto Giudice, Tlaxcala, 21 juillet 2007

***

3000 € !
Depuis la censure dont a été victime la revue satirique El Jueves vendredi dernier, certains lecteurs-speculateurs y ont vu une aubaine pour se payer des vacances au soleil. En effet, sur Ebay, le numéro saisi sur ordre du ministère public par la main du Juge Juan del Olmo, atteignait hier 3.000 euros à la vente. Dans son dernier numéro, la revue, vendue 2,10 euros en période "normale", avait publié en couverture un dessin considéré par le Juge comme "une offense à la Couronne", montrant le Prince et la Princesse d’Asturies dans une "position clairement dénigrante et objectivement infamante". L’objectif était de se moquer de la mesure jugée "électoraliste" de Zapatero d’offrir un chèque de 2.500 euros pour chaque naissance. La caricature montrait Don Felipe et Doña Letizia en plein acte sexuel sous le titre "2.500€ por niño". Vendredi, le Juge Del Olmo a ordonné la saisie du numéro 1.573 qui a été rapidement retiré des kiosques et la fermeture du site web de la revue. D’après José Luis Martín, co-éditeur de El Jueves, c’est la première fois en 30 ans qu’une telle mesure frappe le magazine. Tous les médias s’accordent en tout cas sur un point : la censure dans une démocratie se transforme en général en énorme campagne de pub pour celui qui en a été victime. Source : www.lepetitjournal.com - Madrid, mardi 24 juillet 2007

***

La riposte de El Jueves


Rectificatif !Voici la couverture que nous voulions publier !

***

‘Saisir le journal est grotesque’
Entretien avec Oscar Nebreda, éditeur du magazine El Jueves

Dernières nouvelles
Manuel Fontdevila (le scénariste) et Guillermo (le dessinateur) seront jugés, a annoncé le juge Del Olmo le vendredi 27 juillet 2007. Mais le procureur de l’Audiencia Nacional qui poursuit les auteurs de la caricature a renoncé à requérir des peines de prison et ne réclame désormais que des amendes.


Source : Tlaxcala

Article multilingue publié le 20 juillet 2007 et actualisé au fil des jours

Sur l’auteur

Tlaxcala est le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=3364&lg=fr

      


DANS LE VENTRE DE LA BALEINE: 25/07/2007

 
 IMPRIMER CETTE PAGE IMPRIMER CETTE PAGE 

 ENVOYER CETTE PAGE ENVOYER CETTE PAGE

 
RETOURRETOUR 

 tlaxcala@tlaxcala.es

HEURE DE PARIS  7:11