L'épopée des deux inventeurs du photojournalisme. Récit (s) et images
(1er épisode)
Robert Capa avait pensé que les 3000 négatifs confiés en 1939 à son ami Weisz à Paris, étaient perdus à jamais ou détruits. Retrouvés au Mexique et examinés à New York 69 ans plus tard, ils devraient constituer une mine d’or sur la Guerre d’Espagne, sans que le voile soit toutefois levé –aujourd’hui- sur le « mystère » de la fameuse photo du milicien, fauché par une balle sur une colline.
Autre inconnue : combien de photos pourront être avec certitude attribuées à Gerda Taro, la compagne de Capa ? La réponse permettra de connaitre son rôle exact dans la couverture de ses onze mois de guerre civile.
Un jour de septembre 1934, Gerta Pohorylle, jeune et séduisante réfugiée allemande, tombe amoureuse, à Paris, d’Endre Friedmann, photographe juif hongrois de 21 ans, qui lui aussi a fui l’Allemagne nazie. Elle a trois ans de plus que lui.

Gerta, la femme au Rolleiflex, et Endre, l'homme au Leica, photographié par Gerta en 1937, courtesy of the International Center of Photography
L’histoire de ces deux jeunes immigrés venus de l’Est pourrait s’arrêter là, si Endre, devenu André à Paris, né dans une famille modeste de Budapest le 22 octobre 1913 et la jeune Pohorylle, aux opinions politiques clairement marquées à gauche, originaire de Stuttgart, issue de la petite bourgeoise juive, n’avaient pas rapidement connu un premier succès inespéré, lui avec les photos de son Leica, elle avec les légendes de ces photos.
Entretemps, il est vrai qu’ils avaient fait le choix de noms de « scène ». Gerta a en effet deux convictions : son jeune ami a un vrai talent de photographe, mais répondre Endre Friedmann, Hongrois, au moment de décliner son identité est alors un sacré handicap. Le couple invente un génial subterfuge : André Friedmann n’est que l’agent exclusif à Paris d’un photographe américain, forcément prestigieux, du nom de Robert Capa, injoignable car constamment en reportage… Capa de(Frank)Capra, un réalisateur qu’il admire et Robert, sans doute de Robert Taylor, le comédien, également américain. Selon d'autres sources, il aurait porté le surnom de "Cápa" (requin en hongrois) dès son enfance.
Gerta présente les photos de ce « Robert Capa » (en réalité bien sûr celles de Friedmann) aux rédacteurs en chef qui, impressionnés, les achètent et les publient. Robert Capa devient rapidement célèbre et, le subterfuge découvert, le photographe assume ce pseudonyme (selon Encarta). « Ils ont eu tous deux l’intelligence du bluff et décrochent la lune sur un coup de poker » (Astrid Eliard, le quotidien Le Figaro). Gerta, elle, devient Gerda Taro (parce que ça sonnait comme Greta Garbo ?) d’abord collaboratrice, agent de «Robert Capa », avant de devenir photographe elle-même comme ça coulait de source. Mais à force de travailler avec Capa, elle perdit longtemps son identité. Ce n’est que depuis quelques années à peine, qu’elle a été reconnue formellement comme photographe, authentique et talentueuse.

À la veille du départ pour l'Espagne
Fin juillet 1936, quand éclate la guerre civile en Espagne, l’ex-Hongrois Endre Friedmann (1) devenu définitivement Robert Capa, « l’Américain » et Gerda Taro passent les Pyrénées, à la demande de Lucien Vogel, rédacteur en chef de Vu. Ils vont « couvrir » la guerre du côté républicain – lui avec son Leica, elle avec son Rolleiflex – pour d’autres revues comme Regards, Ce Soir, le périodique communiste français, que dirige l’écrivain et poète Louis Aragon. Capa couvrira plus tard le départ des Brigades Internationales (2) et les batailles finales de Mora del Ebro et du Rio Segre.

Le dernier reportage de Gerta Taro, publié par Regards en juillet 1937
Mais leur vie commune s’est arrêtée net le 28 juillet 1937 quand Gerda Taro tombe mortellement blessée sur le front de Brunete. Meurt la première femme reporter de guerre. A la veille de ses 27 ans. Meurt la seule femme qui ait vraiment compté pour Capa. Il l'avait demandée en mariage au printemps 1937 mais elle avait refusé. Ils avaient écrit un livre ensemble intitulé Death in the Making. Gerda ne le verra pas paraître. La revue Life salue « la première femme photographe tuée en action ». L’annonce nécrologique parue dans la revue Ce Soir dit: « Notre reporter photographe Gerda Taro a été tuée près de Brunete où elle avait assisté à la bataille. Un tank républicain tamponna la voiture sur le marchepied de laquelle elle était montée pour quitter le village tombé aux mains des insurgés ».

La mort de Gerta dans une image d'Épinal républicaine
La chercheuse allemande Irme Schaber fut de ceux (et celles) avec notamment le biographe américain Richard Whelan, conservateur à l’International Center of Photography (ICP) de New York, qui ont travaillé pour donner à Gerda Taro le statut qui lui revenait. Elle lui a consacré un « Gerda Taro, une photographe révolutionnaire dans la guerre d’Espagne », édité (2006) dans la traduction française de Pierre Gallissaires chez Anatolia/Ed. du Rocher (édition allemande en 1994). « C’est le livre de référence, riche en informations inédites, autant sur Taro que sur son époque » (Michel Guerrin, Le Monde). Au début des années 1990, elle prend en main le dossier Taro. Michel Lefebvre, également journaliste au Monde raconte : « Elle parvient à se faire admettre dans les archives Capa abritées par l'ICP de New York, ce qui n'est pas facile. Elle convainc Richard Whelan que certaines photos sont de Taro. Les carrées provenant du Rolleiflex sont d'elles, les rectangulaires proviennent du Leica de Capa ».

Gerta en Espagne, par Fred Stein
L’intense et courte vie de Gerta Pohorylle méritait cette forme d’hommage, car trop longtemps oubliée ou confinée dans de « pâles avatars », comme « l’accessoire décoratif du grand Capa ou sur une plaque de rue en RDA, où elle était devenue une communiste d’Epinal » (Astrid Eliard, dans le quotidien Le Figaro). Pendant des années, son souvenir n´a survécu (3) que dans l´ombre de celui de Robert Capa.
Elle était déjà une femme libre, indépendante, engagée et courageuse quand elle parvint à s’évader de la prison de Liepzig pour fuir à Paris, où elle parvint très vite à côtoyer, elle, jeune juive de 24 ans, Bertolt Brecht, Anna Seghers (auteur de Transit), Paul Nizan (l’alter ego communiste de Sartre, qui collaborait à Ce Soir et mourut dans la Drôle de Guerre, auteur de l’inoubliable Aden Arabie) ou Louis Aragon.
Le 1er août 1937, Gerda Taro eut droit à des funérailles « grandioses et populaires » (Jean-Claude Perrier, Le Figaro) à Paris, où des milliers (une dizaine ?) de républicains, communistes, progressistes formèrent un cortège mortuaire de la Place de l’Opéra au cimetière du Père Lachaise, au son de la Marche funèbre de Chopin. Pour sa tombe, au Père-Lachaise, on fit appel à Giacometti. Irme Schaber apporte quelques correctifs sur l’usage que fit de son image l’appareil stalinien.
Soldats républicains. Photo: Gerda Taro, courtesy of the International Center of Photography
En décembre 1938 - Capa n’a que 25 ans - le magazine anglais Picture Post lui consacra onze pages, une sélection de ses dernières photos ainsi que son portrait avec pour légende : « Le plus grand photographe du monde : Robert Capa ». Il n’était arrivé à Paris que cinq ans auparavant, à l’âge de 20 ans. A 26 ans il était celui qui avait le mieux photographié la Guerre Civile espagnole. Il allait devenir le plus grand photographe de guerre. On ne parlait pas encore de photo-journalisme.
Expulsé de Hongrie à dix-sept ans, pour agitation politique gauchiste contre la dictature profasciste de Miklós Horthy (4), il gagna Berlin, où il suivit les cours de l´Ecole des sciences politiques. Pour gagner sa vie, il se tourna vers la photographie, obtenant un poste d'assistant à la Dephot (Deutscher Photodienst), une agence de photojournalisme de premier plan, fondée en 1928 par un de ses compatriotes, Simon Guttmann. Son premier travail, publié dans le Weltspiegel du 11 décembre, est le reportage qu´il effectua le 27 novembre 1932, avec comme crédit Friedmann-Degephot, sur Léon Trotski à Copenhague qui, en exil, donnait une conférence sur la révolution russe. Dephot défendait une nouvelle vision du reportage, mouvement qui allait donner naissance à des magazines comme Life et Picture Post. A l’arrivée des nazis au pouvoir (dès juillet 1932 majoritaires au Reichstag, ils votent les pleins pouvoirs à Adolf Hitler en mars 1933), Endre Friedmann parvint à fuir l´Allemagne pour Paris, à l’automne 1933, comme beaucoup de ses compatriotes et de ses amis. Il fit la connaissance d'autres photographes dont certains devinrent ses amis : parmi eux André Kertész. Avec David Szymin, dit David Seymour, alias "Chim", réfugié juif polonais, qui travaillait pour l'hebdomadaire communiste Regards, et le français Henri Cartier-Bresson, il constitua un trio d'amis qui répondait au surnom des "Trois mousquetaires". Ses options politiques antifascistes, bien ancrées malgré son jeune âge, l’amenèrent à photographier – il signait déjà « Robert Capa »- tout naturellement les grèves et les manifestations qui allaient précéder la victoire des partis du Front Populaire et la désignation pour la première fois d’un socialiste comme Président du conseil (équivalent aujourd’hui de Premier ministre), Léon Blum (juin 1936- avril 1938). Capa et Gerda Taro se trouvaient ainsi à Paris, mais pas encore unis, quand la capitale connut les grandes manifestations d’extrême-droite de février 1934.
La suite de la vie et de la carrière de Robert Capa est connue (5). La Chine de 1938 face à l’invasion japonaise, le Tour de France cycliste de 1939 pour Match et Paris-Soir(6), le débarquement allié (156.000 hommes) le 6 juin 1944, à Omaha Beach (7) plage de la Normandie française, la libération de Paris, la bataille des Ardennes, puis la guerre en Palestine (entre 1948 et 1950), puis celle d’Indochine. Il fut tué, le 25 mai 1954, par une mine, sur la route de Thai Binh (Nord-Vietnam), dans le delta du Fleuve Rouge, alors qu´il photographiait une colonne de soldats français au combat. Il avait 41 ans. Le drapeau américain recouvra son cercueil.

Soldat républicain au repos. Photo : Robert Capa, courtesy of the International Center of Photography
Lui qui n’avait jamais tenu un fusil, une grenade ou autre arme, il « tomba en soldat parmi les soldats », selon les propos du général français Cogny, qui lui remit à titre posthume la Croix de guerre avec palmes et citation.
Il avait émigré, une nouvelle fois, en 1939 aux USA, où il fut naturalisé en 1946. Il fut enterré dans le cimetière d’Amawalk, petit village de l’État de New York. Mais c’est à Paris qu’il vécut.
En 1947, il avait fondé à New York avec Henri Cartier-Bresson, Gisèle Freund, David Seymour, et quelques autres, l’agence Magnum (à cause du champagne ?), la première agence photographique indépendante .
« L´observateur pénétrant et impliqué dans les bouleversements du monde, se fixe comme tâche de témoigner sur le malheur que les hommes créent eux-mêmes : la guerre » (Elvire Perego, Encyclopedia Universalis). Le témoin, reporter-photographe, témoigna avec profondeur, comme lors de son premier voyage, quand il prit, sur le front de Cordoue, la fameuse photographie du milicien espagnol frappé par une balle (8).
Bob Capa ne s’était-il jamais remis de la mort de Gerta ? Cherchait-il à oublier les horreurs qu’il fixait avec son Leica ? Car quand il était Bob, entre deux claps de conflits un peu partout dans le monde, Capa était « un joueur invétéré, un sybarite amateur de bonne chère et de grands alcools, un dandy toujours fauché, un noceur, un flambeur qui aurait tout donné pour une homérique partie de poker avec de vrais amis, comme Hemingway (9)ou Steinbeck » (Jean-Claude Perrier). Les écrivains français Dan Frank et Jean Vautrin s’inspirèrent de Capa, romanesque à l’extrême, pour créer leur personnage de roman, Borowicz, dit Boro, reporter-photographe, of course, dans Le Temps des Cerises (Fayard, 1990). Puis « Boro » est devenu un personnage de bandes dessinées.
Capa eut des amis célèbres, en quantité, comme Picasso, Gary Cooper, John Huston, Billy Wilder, George Stevens, William Saroyan, Gene Kelly, etc. etc.
Il eut une quantité encore plus grande d’amies intimes, célèbres (Ingrid Bergman) ou pas, filles d’une nuit ou de maisons.
Selon Irme Schaber, c’est Gerda (10) qui fabriqua Capa. Jusqu’à la coupe de cheveux, la cravate avec le costume. Après la mort de la jeune et belle femme plutôt blonde (la pequeña rubia, l’appelaient les Républicains), Capa se fabriqua une vie sans Gerda.
« Une photographe est née, elle s'appelle Gerda Taro »
Combien de photos portent la signature de Robert Capa ? Combien de photos portent la signature de Gerda Taro ? « Aucun recensement ne fut effectué » après la mort de Capa, écrit Irme Schaber. Où commence le fonds Taro, ou finit-il ? En Espagne, les photos de Taro ont en effet été publiées sous la signature « Capa », puis Capa-Taro, puis Taro. Robert Capa a-t-il à son tour « fabriqué » Gerda Taro ?
« Cette énigme devrait être résolue dans une exposition Taro organisée par l’International Center of Photography de New York », écrivait Michel Guerrin en mai 2006.
Au 1133 Avenue of The Americas, jusqu’au 6 janvier dernier, quatre-vingts photos signées Gerda Taro ont été exposées, dont la moitié d'inédites. La commissaire n’était autre qu’Irme Schaber qui a identifié formellement 300 photos comme étant bien de Gerda Taro. « Une photographe est née, elle s'appelle Gerda Taro », titrait Michel Lefebvre, envoyé spécial du quotidien français (1 octobre 2007). Comme Capa, elle photographiait au plus près. On connaît la phrase de Capa : "Si votre photo n'est pas bonne, c'est que vous n'étiez pas assez près".

Affiche de l'expo
Au sous-sol, selon le journaliste français, quatre salles ont été consacrées à Robert Capa. Et un mur entier présente aussi les quarante tirages existants de photos prises au même moment que celle du milicien espagnol fauché par une balle, précise-t-il.
La découverte au Mexique des 3000 négatifs, en parfait état, a une portée considérable. Ils apporteront de nouveaux et profonds regards sur la Guerre d’Espagne. Leur histoire, leur itinéraire, d’Espagne il y a près de 70 ans à New York, aujourd’hui, en passant par Marseille, le Maroc et le Mexique est rocambolesque.
À suivre

Une de trois valises retrouvées récemment avec 3000 photos de Robert Capa
Notes
1- Pour la première fois, les cinq plus grands noms de la photographie hongroise ont été réunis en 2007 lors d’une exposition au Musée Ernest de Budapest. Il s’agit d’André Kertész (1894-1985), Gyula Halász dit Brassaï (1899-1984), Martin Munkácsi, László Moholy-Nagy (1895-1946) et le plus jeune, Endre Freidmann, Capa. La ville de Pécs, sud de la Hongrie, a présenté cette exposition unique (250 clichés pris entre 1910 et 1970). Tous sauf Brassaï (qui restera en France), deviendront citoyens américains. « Kertész et Moholy eurent une influence déterminante sur Capa », a dit Karoly Kincses, ancien directeur hongrois de la Photographie. Comme l’expliquait Robert Capa dans une boutade : « Il ne suffit pas d’être doué. Il faut être aussi…Hongrois ».
(2)- Le destin de responsables des Brigadistes allait prendre alors pour un bon nombre une tournure tragique. De retour en URSS ils furent - Russes et non Russes- fusillés ou emprisonnés, comme « hitléro-trotskystes ». Selon la formule connue, « agents à l’étranger, ils étaient devenus agents de l’étranger »… A l’Ouest, aux USA, furent pourchassés par le FBI et les commissions maccarthystes bien de ceux qui avaient appartenu aux B.I ou qui se réclamaient de la cause républicaine. Robert Capa, lui-même, fut inquiété à plusieurs reprises, comme « suppôt du communisme ».
(3) - Gerda Taro n’eut aucun ayant droit. Ses parents ont trouvé la mort dans les chambres à gaz des nazis. Par ailleurs, « son destin posthume traverse en cinquante ans des oscillations surprenantes : flamme symbolique, semi-oubli, dénigrement, icône dans le style stalinien... » (Philippe Lewandowski, mensuel Démocratie et Socialisme)
(4)- La Hongrie, devenue brièvement république à la fin de la guerre de 1914-1918, après la disparition de l’Empire austro-hongrois, vivait depuis janvier 1919 sous le régime d’une régence, celle de l’archiduc Jozsef (dirigée par Béla Kun (1886) et la République hongroise des Conseils ne dura que 133 jours. Condamné à mort en URSS, Béla Kun fut exécuté le 24 août 1938. Horthy (1868-1957) fut élu régent le 1er mars 1920. Forcé à abdiquer par les Allemands en octobre 1944, il mourut au Portugal le 10 février 1957.
5)- Notamment «Robert Capa, l’homme qui jouait avec la vie » d’Alex Kershaw, journaliste et biographe anglais (Ed. JC Lattès, 2003, trad. Daniel Roche). Capa écrivit une autobiographie, Slightly Out of Focus(1947).
(6)- Selon Laure Beaumont-Maillet( Capa, connu et inconnu, Bnf, 2004) : « Raymond Vanker, qui suivit lui aussi le Tour, se souvient de l'intrépidité de Robert Capa, l'un des premiers à prendre des photographies sur le tansad d'une moto. Dans le reportage du Tour, comme dans les conflits, Capa se montre toujours intéressé par ce qui se passe en marge de l'action. C'est ainsi qu'il photographie, autant que les coureurs, les spectateurs, et qu'il réalise un ensemble d'images étonnant sur la famille d'un des célèbres coureurs du temps, Pierre Cloarec, dit "le Colosse de Pleyben".
(7)- Capa a alors 31 ans. Il est devenu le correspondant de Life Magazine. Accrédité par l’US Army alors qu’il est encore citoyen hongrois (pays allié du IIIème Reich), il débarqua avec les soldats américains en Afrique du Nord, puis en Sicile. Le 6 juin 44, il a décidé d’être dans une barge de la première vague d’assaut de 1450 hommes (Compagnie E). Il est 6h35 du matin, le jour se lève à peine. Capa est armé…de trois appareils, deux Contax 35 mm et un Rolleiflex. Sur les 72 photos des Contax, prises à Omaha Beach, onze seulement auront pu être sauvées, mais elles sont floues et bougées. La rédaction de Life de Londres aura l’audace d’expliquer : « La main de Capa a tremblé ». Ironiquement, Capa fera de cette phrase le titre de ses mémoires de guerre, Slightly Out of Focus …
(8)- Qu’elle soit encore et toujours controversée n’enlève rien à la mythique photographie du milicien espagnol frappé par une balle. Elle fit le tour du monde, après avoir été publiée pour la première fois par la revue française Vu et un an plus tard par Life.
(9) – Robert Capa fit probablement la connaissance d’Ernest Hemingway lors de la seconde quinzaine de mai 1937 à l’Hôtel Florida de Madrid, QG des journalistes, reporters- photographes, intellectuels et artistes. Hemingway s’inspira notamment de photos de Capa, témoin oculaire de l’offensive républicaine, près de Ségovie, qu´Hemingway a décrite dans Pour qui sonne le glas. L’écrivain américain n´était pas présent sur le théâtre des opérations. 
(10)-Sur Gerda Taro : en préparation un film documentaire « L’ange oubliée de la photo » de Bernard Lebrun, grand reporter à France 2 et Pascale Bougaux (RTBF). La Bibliothèque nationale de France (Bnf) a mis en ligne une exposition virtuelle http://expositions.bnf.fr/capa/index.htm
Signalons enfin « L’Ombre d’une photographe, Gerda Taro », un livre de François Maspero, Seuil, 128 p, 2006.

Robert Capa, La Bataille de Rio Segre, planche de contacts de photos retrouvées, courtesy of Cornell Capa/Magnum Photos
F 2ème épisode
F Lire, du même auteur Agustí Centelles, le "Robert Capa espagnol" : esquisse d'une épopée
Source : proposé par l'auteur
Article original publié le 31 janvier 2008
Sur l’auteur
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