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21/10/2019
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Demande d'asile en Suisse des premiers réfugiés de la guerre de ordures

Les déchets toxiques de Naples - Fuite du Triangle de la Mort


AUTEUR:   Horizons et débats, présenté par Fausto Giudice

Traduit par  Horizons et Débats


Une véritable guerre

La situation catastrophique des ordures et déchets à Naples et dans sa région, la Campanie, a pris désormais la tournure d'une tragédie collective. C'est une véritable guerre qui met aux prises de nombreux acteurs : l'État italien et ses insitutions nationales, régionales et locales, les partis politiques, la police et l'armée, la Camorra (la mafia napolitaine), et la population. Celle-ci s'est révoltée et mène des batailles, violemment réprimées, pour le droit à l'environnement, à la santé, à la vie. Début janvier, un nouvel épisode a eu lieu dans cette guerre : un couple originaire du "Triangle de la Mort" - lui est économiste, elle, enceinte, est chercheuse - a demandé l'asile au canton du Tessin, en Suisse. Si jamais leur demande était accueillie favorablement, ce serait une grande première mndiale : ils seraient les premiers réfugiés environnementaux reconnus.
Quelques chiffres pour donner une idée de la situation : Naples produit 1500 tonnes d'ordures par jour, la Campanie en produit 4 mllions de tonnes par an. On compte en Campanie 15 500 décharges, dont ...15 000 sont illégales. Ces décharges contiennent des déchets hautement toxiques, notamment radioactifs. En outre, toute la région est infestée de dioxine, produite notamment par la mise à feu des déchets. Actuellement, un incendie d'odures éclate toutes les 15 minutes en Campanie.
La guerre des ordures qui mobilise la population locale voit s'agiter tous les groupes possibles : simples citoyens, associations de défense de l'environnement, bandes de jeunes autonomes, groupes fascistes ou "post-fascistes" (le parti Alleanza nazionale, l'ex-MSI devenu respectable) et, bien sûr, camorristes.
On parle beaucoup dans la presse italienne de l'effet "nimby" ("not in my back yard, pas dans mon arrière-cour) qui serait à l'origine des protestations quotidiennes des habitants, qui, en Campanie, comme en Sicile et en Sardaigne, refusent l'entreposage, l'enfouissement ou l'incinération des ordures sur leurs territoires. La population de Marigliano vient de perdre sa bataille : les carabiniers ont évacué très violemment les manifestants qui bloquaient l'accès à la décharge le 30 janvier, parmi lesquels des femmes enceintes et des enfants (voir les vidéos de la bataille de Marigliano). En revanche, celle du quartier Pianura à Naples vient de gagner la sienne : le procureur de la Républqiue vient de mettre sous séquestre la décharge de la Contrada Pisani suite aux plaintes déposées pour atteinte à la santé et à l'environnement. La population ne se contente pas de se révolter : elle se bat en justice (une association de 1600 commerçants de Naples vient d'engager une "class action", un dépôt d'une plainte de masse), elle conçoit des alternatives à la gabegie actuelle : des organisations de chômeurs et d'écologistes ont conçu un plan réaliste et réalisable de gestion des déchets qui serait à la fois écologique et créatrice d'emplois. Pour le moment, elles n'ont ps été entendues.
Dans la gigantesque confusion de cette guerre, certains ne perdent pas le Nord : l'entreprise transnationale d'origine française Veolia environnement avance ses pions et répond avidemment aux appels d'offre lancés pour la gestion des déchets à Naples. Cette entreprise s'est déjà vue sous-traiter la gestion des services d'eau et d'assainissement de certanes villes du Latium, dont les habitants ont vu leur facture augmenter de...300%. L'objectif de Veolia est de faire main basse sur la gestion des déchets napolitains  dans un premier temps et, dans un deuxième temps, sur celle de l'eau. Comme aurait pu l'écrire Gustave Flaubert dans son Dictonnaire des idées reçues : "Veolia = plus noble que Camorra".
Lisez ci-après le dossier explosif constitué par nos amis suisses de la copérative Horizons et débats/Zeit-Fragen/Current Concerns

Fausto Giudice, Tlaxcala

Lire aussi
Les mines d'ordures de la Camorra, par Jean-Jacques Bozonnet, Le Monde, 25 avril 2007
Les déchets et la pierre philosophale, par Stefano Palombari, 23 janvier 2008

 

  

Le préfet Gianni De Gennaro, 59 ans est depuis début janvier 2008 le énième Commissaire Extraordinaire chargé du Plan d’Urgence déchets de Campanie. Pour la guerre des ordures, ce policier est secondé par le général de division Franco Giannini.
L’état d’urgence a été déclaré en 1994. Rien qu’en 2004, 676 millions d’€ ont été dépensés pour la gestion des déchets. Sans résultats visibles. Chef de la police italienne de 2000 à 2007, De Gennaro a fait l’objet d’une enquête judidicaire pour avoir ordonné de mentir aux dirigeants policiers impliqués dans les volences contre les manifestants lors du sommet du G8 à Gênes en 2001. Au lieu d’être sanctionné, il a été promu chef de cabinet du ministre de l’Intérieur en juillet 2007. Il vient de présenter le 31 janvier un plan pour la résorption des déchets à Naples impliquant la mise en place de 6 nouveaux sites et la remise en route de 2 autres. Le même jour la Commission de Bruxelles a donné un ultimatum de 2 mois à l’Italie pour résoudre le problème des déchets selon les normes européennes, faute de quoi, de spoursuites seront engagées devant la Cour de justice européenne. Sur De Gennaro, Francesco Cossiga, sénateur à vie, ancien Président de la République, a eu en novembre 2006 cette phrase assassine : « Gianni De Gennaro est d’une telle bassesse morale qu’il ne peut pas m’offenser même s’il me crache à la figure. »

 

   

Antonio Bassolino, 60 ans, est le gouverneur (président) de la région Campanie depuis 2000, réélu en 2005. Communiste depuis l’âge de 17 ans, il a suivi son parti dans toutes ses transformations en parti social-démocrate (PDS), puis en parti simplement démocrate (PD). Il a été député, ministre et maire de Naples. Il apporte un appui inconditionnel au commissaire De Gennaro.

Non-respect des lois sur la protection de l’environnement par des importations complaisantes de déchets ?

hd. A Naples, les déchets ménagers s’entassent dans les rues. Le lecteur compatissant juge par les images qu’il est urgent d’aider la population tourmentée. La Suisse offre sa main secourable pour «gérer la crise». Elle propose de prendre en charge des déchets pour les brûler dans nos centrales d’incinération dont la capacité n’est pas pleinement utilisée. Voilà qui semble tout à fait plausible. Mais une partie de ces déchets est pourtant très toxique et radioactive. Aucune autre des régions d’Italie ne veut prendre en charge ces déchets, il y a des émeutes contre les exportations, par exemple en direction de la Sardaigne.
L’importation de tels déchets comporte un énorme danger. Des métaux lourds contenus dans les boues d’épuration, des déchets d’hôpitaux radioactifs et infectieux ne doivent pas être brûlés dans des centrales d’incinération. Aujourd’hui, personne ne sait avec certitude quelles sortes de déchets industriels ou autres ont été enterrés et déposés dans les décharges situées dans les environs de Naples au cours de ces 20 dernières années.
On ne peut même pas être certain qu’il n’y ait pas de «cadeaux» américains mélangés à ces déchets, car suite aux travaux de déblayage entrepris dans certaines parties du Kosovo et d’Irak pour tenter de réduire la contamination à l’uranium appauvri provoquée par leurs bombardements, les USA semblent avoir réparti ces matériaux dans divers pays européens.


Le Triangle de la Mort


Horizons et débats a interviewé le couple X* qui a récemment demandé asile dans le canton du Tessin pour échapper à ce désastre environnemental (cf. encadré ci-dessous). Il ressort de leur demande d’asile ce qui est tu au lecteur des journaux: Depuis plus de 20 ans on entrepose, dans d’anciennes caves souterraines, des déchets de toutes sortes. Dans nos médias, personne ne mentionne quelles sont les substances enterrées, pourquoi elles y reposent et quels sont leurs risques pour la santé. Il est avéré – et cela a été publié dans Lancet ­Oncology – que ces déchets ont déjà provoqué dans le «triangle de la mort» des taux fort élevés de cancers du foie, de leucémies et de lymphomes et qu’ils causent de grandes souffrances.

Horizons et débats: Dans votre demande vous faites allusion à des faits très concrets concernant la situation dans votre village. Pourriez-vous nous dire quelles substances dangereuses sont contenues dans les déchets?

Le couple X: Il existe de très sérieux soupçons qu’il y a des métaux lourds, des substances chimiques très toxiques et du matériel radioactif enterrés dans les champs des environs (entre Acerra, Nola et Merigliano) et à l’intérieur des décharges légales.

De quelles substances radioactives s’agit-il?

De déchets d’hôpitaux, mais on soupçonne aussi d’autres substances dangereuses.

Y a-t-il aussi du matériel radioactif en provenance des régions de guerre, du Kosovo et de l’Irak, ou d’où ces déchets viennent-ils encore?

Je ne le sais pas. Mais je crois qu’ils viennent surtout d’Italie.

Si tel est le cas, comment sont-ils parvenus jusqu’ici?

Par camion. Mais je répète qu’il s’agit de matériel venant d’Italie, même si je n’exclus pas qu’il puisse y avoir aussi des déchets toxiques venant d’autres pays.

Où a-t-on trouvé des substances radioactives et cancérigènes dans la chaîne alimentaire?

Il n’y a pas de certitude pour cela, parce que, pour ce qui est des denrées alimentaires, personne n’a fait de contrôle, mais les morts du cancer sont très nombreux. Dans certains cas, on fait même allusion à un taux 350 % plus élevé que dans d’autres régions européennes.

Quelles malformations a-t-on constatées sur des fœtus d’enfants et d’animaux? Y a-t-il des photos à disposition?

Des animaux à deux têtes et des fœtus avec de graves malformations.

L’approvisionnement en eau potable est-il encore garanti?

Oui, certainement.

Dans un film, il est question de décharges et de cavernes souterraines, où se trouve du matériel contaminé. Qu’est-ce que vous en dites? Avez-vous des informations à ce sujet?

La plus grande partie des déchets se trouve dans de vieilles fosses souterraines.

Est-ce que des résultats d’examens concernant les tumeurs ont été publiés, par exemple par l’Institut des tumeurs de Naples ou par d’autres instituts ou est-ce qu’on a tu tous ces résultats?

Oui, il y a eu de nombreuses études effectuées par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), par des oncologues indépendants, par l’Istituto Superiore di Sanità (ISS) et par le Lancet Oncology.

Comment vous expliquez-vous que c’est précisément dans votre région et depuis si longtemps que des déchets et du matériel contaminé ont été déposés en si grande quantité?

Le territoire n’a jamais été contrôlé, et les plaintes n’ont jamais été prises au sérieux.

Nous espérons que vous et votre famille vous portez bien. Nous sommes très impressionnés et très reconnaissants que vous attiriez l’attention de manière aussi directe et personnelle sur cette terrible affaire.
Merci beaucoup à vous tous.    •
*    Les noms sont connus de la rédaction.


La Campania felix vue par l'artiste flamand Iris Hofnaegel à la fin du XVIème siècle

Demande d’asile du couple X auprès de Mme Patrizia Pesenti, conseillère d’Etat du canton du Tessin et directrice du département de la Santé et des Affaires sociales

Madame la Présidente,
Je m’appelle X et j’habite depuis 32 ans dans le village de …, dans la province de ­Naples. Depuis très longtemps mon village appartient à une partie de la ­région de la Campanie qu’on appelait ­«Campania felix». Cela est dû à la qualité extraordinaire des sols qui se composent de sédiments volcaniques âgés de ­milliers d’années, donc très fertiles et formant des paysages admi­rables. Ceux-ci se sont créés par le jeu harmonique de la fertilité des sols, de la diversité des formes générée par leur origine volcanique et par les caprices des eaux fluviales et maritimes. C’est ainsi que le feu, la terre et les eaux ont formé, en coopération avec la photosynthèse, un paysage d’une sublime qualité dont la valeur esthétique, culturelle et économique est très haute.
Aujourd’hui, mon village n’est plus attribué à la «Campania felix», mais au «Triangle de la mort» mal famé où le taux de la mortalité dû aux maladies cancé­reuses est de plus de 350 % plus élevé que celui de l’Europe. 43 % de la pollution italienne sont à la charge de la région de la Campanie dont la plus grande partie concerne le village où j’habite.
En août 2004, The Lancet Oncology a publié un des premiers articles scienti­fiques du monde consacré à ce problème, sous le titre «Triangle of death» ­(Triangle de la mort). La notion provoquant le frisson a désigné le territoire napolitain entre Nola, Acerra et Marigliano où le risque de mourir d’un cancer est significativement plus élevé que dans le reste de l’Italie. C’est ce que prouvent les statistiques des dernières années: Dans ce territoire peuplé de plus d’un demi-million d’habitants le taux de mortalité due à une tumeur du foie est à 35,9 pour les hommes et à 20,5 pour les femmes sur 100 000 habitants, la moyenne nationale étant de 14. De même, le taux de mortalité par rapport au cancer de la prostate ou de la vessie ainsi qu’aux tumeurs malignes du système nerveux est considérablement plus élevé que dans le reste de l’Italie. Selon ladite étude, le taux élevé du cancer est une conséquence directe du dépôt des ordures dans les décharges illégales de la région. Pendant plus de vingt ans on y a enfoui des substances cancérogènes et radioactives qui, aujourd’hui, réapparaissent et pénètrent la chaîne alimentaire: des sels d’ammonium et d’aluminium, du plomb, des pneus dont s’échappent des substances cancérigènes quand ils sont brûlés. Dans ce territoire-là, c’est également des substances cancérigènes provenant de déchets toxiques d’hôpitaux qu’on a enfouies. Aujourd’hui, cette pollution gigantesque empoisonne les pâturages où paíssent les moutons: un véritable tueur de l’environnement.
Les conséquences néfastes pour les hommes se répartissent en deux catégories: d’une part les malformations se mani­festant chez les fœtus ou les évolutions anormales d’organes et, d’autre part, la manifestation de tumeurs aussi bien chez les adultes que chez les enfants. Les organes les plus sensibles du corps sont particulièrement exposés à ce genre de malformations: la vessie, le foie et l’estomac, des organes où le risque est très haut qu’ils laissent pénétrer les substances empoi­sonnées dans les cellules. Il en résulte le risque élevé d’être atteint, entre l’âge de 20 et 40 ans, de la leucémie ou d’un ­lymphome.
Du reste, le danger de la dioxine, qui se trouve dans la quasi-totalité des substances qu’on brûle ou qui sont exposées à un processus de décomposition, se manifeste partout. On a repéré la dioxine avant tout dans la nappe phréatique: entre 2002 et 2004, 79 puits artésiens ont dû être fermés suite à la pollution, suivi de dégâts considérables pour l’agriculture et l’élevage du bétail. La situation ne s’est pas améliorée: Il y a peu de temps, le 5 février 2006, beaucoup de cadavres d’animaux empoisonnés ont été retrouvés. Les autopsies ont montré que les animaux sont morts parce que dans leur fourrage ainsi que dans l’eau on a repéré de la dioxine.
Or, c’est un fait établi aujourd’hui que dans les décharges légales et illégales de la région de la Campanie on s’est débarrassé de n’importe quels déchets, générant ainsi une bombe dirigée contre l’environnement à dimension biblique. Face à ceci, le désespoir des citoyens, notamment le mien, a atteint une dimension insupportable.
Mon droit à la santé aussi bien que celui de ceux qui me sont chers, garanti dans l’article 32 de la constitution italienne, a été violé. Je crains pour ma santé et celle de mon fils à qui ma femme devra donner naissance dans un proche avenir et qui se voit, dès maintenant, privé de ce droit. J’ai peur pour mes parents qui, depuis trop longtemps, ont été exposés à un ­risque extrême. Je vis depuis très longtemps déjà avec la peur qu’un dégât injuste détruira notre vie à jamais, et ceci après que la vie de mon père, en 2002, a été détruite par un cancer des glandes surrénales. Je vis sous l’angoisse, éprouvant, de plus en plus, de la panique dans un terrain malsain, contaminé pour toujours. Dans ce terrain, la vie en sûreté et en dignité est devenue impossible. Dans les années passées, il a été endommagé, torturé et violé d’une façon irréparable, les signes d’une catastrophe écologique imminente étant apparents. Il est devenu impossible de le nettoyer parce que la quantité des déchets déposés dans les plus de 1550 décharges légales et illégales (dont 1500 sont illégales!) est immense. La pollution a contaminé la chaîne alimentaire, l’air que je respire, la terre sur laquelle je marche et l’eau que je bois. Les déchets empoisonnés m’en­tourent et se trouvent très probablement déjà en moi. Il est dangereux et déraisonnable de vivre ici. Les malformations des fœtus, aussi bien des hommes que des animaux, sont aussi nombreuses que celles enregistrées à Tchernobyl, à la différence qu’ici, il n’y a pas de centrales nucléaires ni d’industries polluantes. La mise en fonction probable de l’usine d’incinération des ordures ménagères d’Acerra augmente encore mon malaise face à la qualité de la vie qui y règne. Aujourd’hui il m’est impossible d’imaginer un avenir sur ce terrain déjà empoisonné, notamment par rapport à mon enfant qui, à cause de sa fragilité, ne sera exposé auxdits dangers que d’une manière plus cruelle encore. On ne peut plus garantir mon droit à la santé. Mon droit à l’indemnité physique est en danger ainsi que celui de ceux qui me sont chers et de mon enfant pas encore né. Leur vie est en danger et leur vie c’est ma vie.
Vu les faits que je viens de détailler je demande donc l’asile politique pour moi-même et pour mon épouse. Nous voilà prêts à abandonner notre travail et à entamer une nouvelle période de vie. Je vous prie donc, vous, Madame la Présidente, et l’institution que vous représentez, d’accepter ma demande désespérée. Aidez-nous à nous intégrer dans votre réseau social. Aidez-nous à ne pas finir en simple valeur statistique pour les scientifiques.
Persuadé d’avoir sollicité votre intérêt, je vous prie d’agréer, Madame la Présidente, l’expression de mes salutations distinguées.
Monsieur et Madame X


(Traduction Horizons et débats)
Source :
Horizons et débats N°4, 28 janvier 2008

  
La décharge de Lo Uttaro, près de Caserta

Dioxine – du dépôt d’ordures aux aliments

Les substances toxiques, qui résultent de la combustion des ordures, contaminent l’eau, la terre, les plantes et les animaux. Une analyse sur des moutons effectuée par le Conseil de Recherche National (CNR) de Naples et de Caserta dévoile ce fait.
Depuis des jours, l’état de siège à cause des ordures règne en Campanie. Il triomphe de Naples avec environs 3000 tonnes d’ordures. Des incendies sur les montagnes d’ordures, allumés par les habitants, aggravent en plus la situation par la puanteur, la boue et le danger de contagion: La dioxine, qui est dégagée par les incendies, est un grave danger pour la santé de la population. Mais pas seulement cela. Selon une étude actuelle du laboratoire pour le recensement cytogène animalier et génétique du Ispaam/CNR (istituto per il sistema produzione animale in ambiente mediterraneo = institut pour l’élevage d’animaux dans la région méditerranéenne) de Naples, il y a un danger pour la chaîne alimentaire.
La dioxine contamine l’eau, la terre, les plantes et elle provoque aussi des dommages aux animaux, en particulier aux moutons de la région.

 

  
 Vincenzo Cannavacciuolo , un éleveur de moutons d’Acerra, 59 ans, est mort le 16 avril dernier d’une tumeur pulmonaire. Son sang contenait 25 plus fois de dioxine que la quantité tolérée. Les médecins qui l’ont suivi « s’arrachaient les cheveux », dit sa fille. « Ils n’avaient jamais vu une tumeur aussi agressive » Dans les 4 ans précédant sa mort, 2200 de ses brebis étaient mortes intoxiquées. Sa famille s’est constituée partie civile contre l’entreprise Pellini, qui répand dans la zone des déchets toxiques provenant d’industries du Nord de l’Italie. Les autorités locales ont émis une interdiction de pâturage, suite à la découverte de très hautes teneurs en dioxine dans le lait des brebis, mais n’ont toujours pas interdit le maraîchage, dont les produits, hautement toxiques, continuent à être vendus sur les marchés napolitains. Les tumeurs du pancréas et du foie chez les habitants sont en expansion. La population est dans une colère noire, d’autant plus qu’un incinérateur d’ordures (joliment mais improprement appelé en Italie termovalorizzatore = "thermovalorisataeur") est en cours de construction dans la zone.

Regardez le reportage bouleversant de Pupia TV du 4 octobre 2007.

 


«Les dépôts d’ordures illégaux en Campanie, en particulier dans les provinces de Naples et de Caserta, et la combustion systématique des différents déchets, avec le but de réduire leur volume à un minimum, ont provoqué une accumulation importante de substances nuisibles pour l’environnement. La dioxine en est une substance qui est hautement toxique et qui provoque le cancer,» explique Leopoldo Iannuzzi de Ispaam/CNR. «La situation a empiré à cause des combustions systématiques des poubelles par la population locale pendant ces derniers mois. Inconsciemment ils ont favorisé l’entrée de ce poison dans le circuit vital, qui est d’abord entreposé dans les plantes, dans la terre et dans l’eau, et qui se fixe lentement dans le tissu adipeux des animaux (y compris les lipides du lait), qui ont mangé la nourriture contaminée.»
Afin d’examiner les conditions de l’élevage dans la région, le Ispaam/CNR a réalisé deux études financées par la commune d’Acerra, dans lesquelles on a exposé les moutons à des concentrations basses et hautes de dioxine. On a fait deux tests de lymphocytes génétiques dans le sang. La dioxine laisse des traces sur le plan des chromosomes parce qu’elle est capable de transformer la structure de l’ADN.
Ianuzzi précise: «Les deux études ont montré une fragilité extraordinaire des chromosomes des moutons qui avaient été exposés à la dioxine. De plus, on a vu une fréquence quadruplée, en comparaison avec les moutons de contrôle, chez les moutons qui avaient été exposés à une basse quantité de dioxine, et une augmentation de 8 à 14 fois chez ceux qui avaient été exposés à une haute quantité de dioxine. En outre, on a vu un grand nombre de fausses couches et d’avortements dans les élevages de moutons qui avaient été exposés à une grande quantité de dioxine.»
Ces résultats sont importants, car les moutons, qui se nourrissent avant tout des pâtu­rages naturels, sont les meilleurs gardiens biologiques pour la pollution de l’environnement dans les régions à risque.    

Source: www.galileo.it du 22/5/07
(Traduction
Horizons et débats)


Polis Nova, periodico a cura dell'ASCA Associazione per lo sviluppo del Centro Antico di Napoli

Voir les vidéos de la bataille de Marigliano


Source : Horizons et débats & Tlaxcala

Articles originaux publiés le 21 Janvier 2008

Fausto Giudice est membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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DANS LE VENTRE DE LA BALEINE: 04/02/2008

 
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