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19/10/2017
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33 ans d'exil et de lutte

Sahara occidental : Les raisons légitimes du peuple sahraoui


AUTEUR:  Luis PORTILLO PASQUAL DEL RIQUELME

Traduit par  Gérard Jugant et Fausto Giudice


Cet article est la version mise à jour et complétée d'un article précédent, établie à la demande d'une revue universitaire française, qui a finalement refusé de le publier, sans fournir d'explications à l'auteur.

Plus de 32 ans se sont écoulés depuis que le Maroc a expulsé l’Espagne du Sahara occidental et s’y est substitué, par le feu et par le sang, dans le rôle de puissance coloniale et de pays occupant.

Cette manœuvre a pu être menée avec l’assistance stratégique et la bénédiction d’Henry Kissinger, alors secrétaire d’État des Etats-Unis, et elle a pris la forme de la tristement célèbre Marche verte, par laquelle le Roi du Maroc envoya 350 000 de ses sujets civils à la frontière nord-ouest du Sahara espagnol  (novembre 1975). Quelques jours auparavant, et sans aucune publicité, les troupes marocaines pénétraient dans le territoire par la frontière nord-est [1].

Hassan II profitait ainsi sans vergogne de l’agonie du dictateur espagnol  Francisco Franco (qui mourra le 20 novembre 1975), dont le régime caduc était très affaibli par la longue lutte des forces démocratiques.

Reculant devant la perspective d’un massacre de civils (les participants à la Marche Verte) et la menace d’une guerre avec le Maroc, le gouvernement espagnol – paralysé par l’agonie de Franco – choisit de se retirer et de laisser la voie libre aux troupes marocaines, abandonnant à leur sort les Sahraouis (qui étaient alors citoyens espagnols).

Après la Marche Verte, l’invasion et l’occupation du Sahara Occidental furent formalisées, le 14 novembre 1975, par les “Accords (illégaux) tripartites de Madrid”, en vertu desquels l’Espagne cédait de façon temporaire l’administration (mais non la souveraineté) de sa province africaine au Maroc (les deux tiers du territoire) et à la Mauritanie (le tiers restant au Sud), s’engageant à la quitter avant le 28 février 1976[2].

C’est à partir de cette date qu’éclata la guerre du Maroc et de la Mauritanie contre le Front Polisario[3]. Les militaires marocains persécutèrent et bombardèrent la population civile sahraouie, tant dans ses localités que dans sa fuite en débandade à travers le désert, perpétrant un horrible massacre destiné à éliminer tout un peuple, et obligeant la population survivante à traverser la frontière algérienne et à se réfugier dans la zone la plus aride du désert (les campements de Tindouf), où la plus grande partie de la population autochtone – qui a créé son propre État en exil : la République arabe sahraouie démocratique (RASD)[4] – survit de manière exemplaire.

Depuis lors, l’ONU (tant son Assemblée générale que le Conseil de Sécurité) a adopté des dizaines et des dizaines de résolutions sur le Sahara Occidental, reconnaissant de manière réitérée le droit du peuple sahraoui à son autodétermination et exhortant le Maroc à quitter  un territoire qui ne lui appartient pas et sur lequel il ne peut faire valoir aucun titre de souveraineté[5].

En Espagne, après la mort de Franco, les premiers gouvernements de l’étape de transition à la démocratie et l’ensemble des partis politiques de l’opposition ont soutenu de manière claire le Front Polisario et le peuple sahraoui dans leur lutte contre l’envahisseur et en faveur d’un référendum d’autodétermination.

En 1991, après 16 ans de guerre, la médiation de l’ONU et de l’ OUA aboutit à un cessez-le-feu et à un accord sur la tenue d’un référendum d’autodétermination, accepté par le Maroc. Mais depuis cette date, après la signature d’un Traité d’amitié et de coopération entre l’Espagne et le Maroc [6], la positon officielle espagnole a connu un changement de cap, qui se maintient à ce jour et qui apparaît inexplicable à la majorité de la société espagnole, largement solidaire de la cause sahraouie [7].

Après diverses tentatives de solution au conflit, toujours rejetées par les élites gouvernantes marocaines [8], finalement, le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté le 30 avril dernier la résolution 1754 appelant le Maroc et le Front POLISARIO à des négociations directes pour parvenir à une solution politique définitive à la question du Sahara. Dans le cadre de la mise en oeuvre de cette résolution, le Secrétaire Général a invité l'ensemble des parties à un premier round de négociations les 18 et 19 juin 2007 à Manhasset, dans la banlieue de New York. Le deuxième round a eu lieu les 10 et 11 août. Un troisième round a eu lieu, en janvier  2008. Cette fois-ci on avait envisagé de se réunir à Genève, siège du Haut Commissariat des Nations unies aux Droits humains (HCNUDH) et du Haut Commissariat des Nations unies aux Réfugiés (HCR), organismes auxquels les représentants légitimes du peuple sahraoui ont eu à recourir tant de fois pour dénoncer les atrocités récurrentes du régime marocain [9]Mais la tenue des dites négociations dans une ville européenne comme Genève aurait attiré l'attention de toute l'Europe; il n'est donc pas à exclure que Rabat, Washington et Paris aient fait pression pour qu'elles aient finalement lieu à New York, loin de l'Europe et de l'Afrique, sur le terrain des groupes de pression (lobbys) marocains, puissants, influents et miltimillionnaires, dont parlent  Frank Ruddy et Tomás Bárbulo dans la bibliographie présentée dans cet article.
Ce troisième round s'est conclu sans grandes avancées et a fixé le prochain rendez-vous à la mi-mars 2008, aussi à  Manhasset (New Jersey, USA).

Le présent travail est né de l’impérieuse nécessité de répondre aux arguments d’un article publié dans le quotidien espagnol EL PAÍS, qui a semé la confusion dans l’opinion publique espagnole et a suscité la colère dans les rangs du vaste mouvement de solidarité avec le peuple sahraoui. Dans les lignes qui suivent, nous réfutons point par point les principaux arguments exposés dans cet article.

LA THÈSE MAROCAINE

Le jour même où le Conseil de sécurité adoptait sa plus récente résolution sur le Sahara Occidental (30 avril 2007), le quotidien EL PAÍS publiait dans ses pages d’opinion un article de Bernabé Lopez Garcia (BLG) intitulé « Ajourner l'utopie, défendre la dignité », qui, dans son essence, visait à justifier la position du gouvernement marocain sur le futur du Sahara Occidental. L'auteur argumentait que l'offre [10] marocaine (le plan d’autonomie présenté en avril 2007) constitue aujourd'hui une opportunité historique unique pour que le peuple sahraoui et son territoire du Sahara Occidental s'intègrent au Maroc, dans une région à autonomie limitée sous souveraineté marocaine. Pour appuyer son argumentation, l’auteur comparait les concessions que le PCE (Parti communiste d’Espagne) fit au début de notre transition à la démocratie [11] à celles que, à son avis, devrait faire maintenant le Front Polisario, abandonnant ainsi son droit à l’autodétermination et à  l'indépendance (comme utopique, selon BLG). Selon l’auteur, si le peuple sahraoui et en fin de compte la RASD, se pliaient à accepter ces “ concessions ”, cela permettrait aux Sahraouis d'en finir avec la diaspora, l'exil, la souffrance et de vivre dans la dignité. Dans le cas contraire, concluait BLG en guise de menace voilée, le peuple sahraoui se verrait obligé de poursuivre sa vie en exil, un exil long et douloureux qui dure depuis plus de trois décennies.

A mon avis, cet exposé, en plus d'être un simple reprise des thèses marocaines, élude des questions fondamentales et contient des arguments qui ne s'ajustent pas à la réalité, la dénaturant totalement, comme je le signale ci-après.

1.  C'est une erreur de comparer la situation de l'Espagne et du PCE, au début de notre transition à la démocratie, avec celle du Front Polisario et d'un Maroc envahisseur qui a prétendu annexer de facto un territoire sur lequel il ne détient aucun titre de souveraineté [12]. Entre autres différences notables (un Front de Libération National est beaucoup plus qu'un parti politique et a des objectifs politiques beaucoup plus vastes), le PCE appartient à une même et seule nation, alors que le Maroc a envahi et occupé, illégalement et illégitimement, un territoire étranger. Ce sont deux situations qui n'ont rien à voir et la comparaison, en conséquence, ne peut être soutenue.

2.  La crédibilité des gouvernants marocains dans le contentieux du Sahara est nulle [13]. L'armée marocaine a mitraillé et  bombardé les Sahraouis avec du napalm, du phosphore blanc et des bombes à fragmentation (lancées par des avions de chasse de fabrication française de dernière génération et des Phantom F-15) [14], obligeant la plus grande partie de la population ayant survécu au génocide - toujours impuni à ce jour [15] - à l'exode et au refuge forcé dans les zones les plus dures et inhospitalières du désert algérien. Dans la province [16] alors encore espagnole, le Maroc a impulsé une seconde colonisation - dans le dernier tiers du XXe siècle!- faisant échouer en même temps le processus décolonisateur espagnol, requis par l'ONU dès les années 1960. Dès le début, les dirigeants marocains ont défié la légalité internationale et ont fait obstruction de manière byzantine et systématique à la solution internationalement reconnue pour ces processus (le référendum d'autodétermination) [17]; et après une guerre de 16 ans contre le peuple sahraoui et avoir défait tous les plans proposés par l'ONU, le Makhzen marocain fait maintenant l'offre unilatérale au Front Polisario -représentant légitime du peuple sahraoui - de négocier une autonomie limitée sur la base, non négociable, de la marocanité [18] du territoire, sans place, évidemment, pour l'autodétermination et l'indépendance [19].

DIGNITÉ... OU REDDITION DEVANT LES FAITS ACCOMPLIS  ?[20]

3.  Après tant de temps (32 ans), tant d'engagements non tenus, tant de crocs-en jambe au processus décolonisateur, le Maroc continue de miser sur sa politique des faits accomplis: une fois le Sahara occidental envahi et occupé militairement et sa population massacrée et délogée, ce qui se négociera entre les Parties sera, comme maximum, quelques conditions[21] de la prétendue autonomie et du processus correspondant; le peuple sahraoui n'aurait qu'à accepter et souffrir, d'entrée, la soumission et l'annexion au Maroc, dont le régime politique a récemment été rejeté dans les urnes et fait l’objet de sévères critiques, y compris au sein même de la famille royale alaouite [22]. Est-ce cela que BLG appelle « défendre la dignité »? N'est-il pas établi dans la Charte et dans les multiples résolutions des Nations Unies que la solution aux problèmes de décolonisation est le référendum d'autodétermination avec toutes les options ouvertes?[23].

4.  Que ferions-nous, nous autres Espagnols dans une hypothèse similaire, à savoir, si « eux » (les Sahraouis) étaient les Espagnols et « nous » (les Espagnols), nous étions les Sahraouis et étions dans leur situation? Qu'avons-nous fait quand les troupes napoléoniennes nous envahirent? Avons-nous renoncé à notre indépendance? Avons-nous laissé bafouer notre dignité? Non; le peuple espagnol s'est levé, a combattu et expulsé l'envahisseur[24], avec les horribles conséquences immortalisées par génial Francisco de Goya dans Les fusillés du trois mai (1808)[25]. Aujourd'hui, plusieurs de ces milliers de patriotes qui se soulevèrent contre l’envahisseur sont honorés comme des héros dans le cimetière de la Florida à Madrid.

LA RASD ET LE RÉFÉRENDUM

5.  Précisément parce que le Maroc a refusé aux Sahraouis -premièrement avec l'invasion et l'occupation et ensuite avec la transgression systématique de la légalité internationale »- la réalisation de ce que maintenant BLG et d’autres coryphées du Makhzen prétendent qualifier d'utopie, le peuple sahraoui n'a eu d'autre issue pour défendre sa dignité et sa survie comme peuple que de se proclamer République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) en exil, reconnue déjà par plus de 80 pays et par l’OUA, devenue UA, dont elle est membre fondateur de plein droit[26]. Et, depuis la déclaration de cessez-le-feu en 1991, sous les auspices de l'ONU et de l’OUA, la RASD a opté pour la voie pacifique afin de procurer à son peuple un futur légitime et digne, qui passe nécessairement par le droit inaliénable à l'autodétermination.

6. Le referéndum d’autodétermination était la contrepartie accordée en échange du cessez-le-feu en 1991. Si le Maroc ne tient pas ses engagements et si la communauté internationale n’exerce pas des pressions fermes sur les dirigeants marocains pour qu’ils les tiennent effectivement, devons-nous nous attendre à ce que le Front Polisario et le peuple sahraoui restent éternellement assis sur le sable du désert, les bras croisés, à contempler impassibles les cendres de leur République et les cadavres de générations de Sahraouis ? [27] En outre, si l’injustice énorme perpétrée contre le peuple sahraoui n’est pas réparée, cela pourrait non seulement laisser en piteux état la principale institution internationale pour la préservation de la paix  mais de plus semer la haine dans la population blessée et constituer une source d’instabilité future au Maghreb, si ce n’est dans d’autres parties du monde [28].

DEUX PROJETS TRÈS DIFFÉRENTS

7. Il n' « y  a pas sur la table deux projets cohérents qui reconnaissent le droit à l'autogouvernement du peuple sahraoui », comme le soutient BLG. Le document présenté au mois d'avril 2007 par le Front Polisario au Secrétaire Général de l'ONU, pour son débat au Conseil de Sécurité, a pour titre « Proposition du Front Polisario pour une solution politique mutuellement acceptable qui assure l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental »[29]. En revanche, le titre du document présenté par les dirigeants marocains est bien différent: « Initiative d'autonomie pour la région du Sahara»[30]. La proposition du Front Polisario affirme et défend la légalité internationale avalisée par les résolutions des Nations Unies, alors que le projet du Maroc la nie et plus encore, la mutile considérablement. Déjà en avril 2006, dans son Rapport au Conseil de Sécurité, le Secrétaire Général de l'ONU disait textuellement[31]: « Dans les consultations bilatérales faites par mon Envoyé Spécial [....], le Front Polisario rappelait qu'en aucun cas il ne négociera aucun type d'autonomie sous la souveraineté du Maroc. Mon Envoyé Spécial a expliqué [...] qu'il avait parlé de négociations sans conditions préalables afin d'aboutir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permettrait la libre détermination de la population du Sahara Occidental. Le Conseil de Sécurité ne pourrait pas inviter les parties à négocier sur une autonomie du Sahara Occidental sous la souveraineté du Maroc, étant donné que cela impliquerait la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, ce qui était hors de question, tant qu’ aucun membre membre des Nations Unies n'aurait reconnu cette souveraineté. » Et dans la Résolution déjà citée du Conseil de Sécurité, du 30 avril 2007[32], les parties sont exhortées à « poursuivre les négociations […] sans conditions préalables et de bonne foi [...]en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental ». Mais il faut ajouter que le Maroc, allant à l’encontre de ce qui a été disposé par le Conseil de sécurité, a bien mis des conditions préliminaires (rien ne sera négocié hors de son “projet d’autonomie”, selon les mots du roi Mohamed VI) et que, loin d’agir de bonne foi, comme le demandait l’ONU, il a déclenché une féroce répression contre la population sahraouie des territoires occupés du Sahara occidental et du Maroc même [33].

LÉGALITÉ INTERNATIONALE, UTOPIE ET LAISSEZ-FAIRE

8.  La légalité internationale est – « avec toutes ses déficiences »  -l'ensemble de normes que les humains se sont données comme cadre de vie en commun, pour vivre en paix et résoudre les conflits par la voie pacifique. Mais encore faut-il la respecter et l'appliquer. Le Maroc ne la respecte pas (conformément aux dispositions du Chapitre VI de la Charte des Nations Unies) et la communauté internationale ne fait pas suffisamment pression pour l'appliquer (conformément au Chapitre VII)[34]. Comme le souligne correctement BLG lui-même, « la légalité internationale est un cadre pour assurer le respect des droits des peuples ». Mais respecte-t-on les droits légitimes du peuple sahraoui? Est-ce que ce sont les Sahraouis qui auraient violé les droits du peuple marocain? Si la RASD avait envahi et occupé le Maroc, comment aurait réagi la communauté internationale? Le cas du Koweït et celui du Timor[35] sont bien proches dans le temps. Restent les spéculation à ce sujet.

9.  Si le Maroc a fait systématiquement obstruction à un référendum transparent et juste c'est parce que ses gouvernants les plus récalcitrants craignent de le perdre[36]. Ils nient ainsi, d'avance, la supprimant de la réalité, la prétendue utopie (la légalité internationale et l'indépendance) dont parle BLG, en même temps qu'ils maintiennent le peuple sahraoui dans la plus indigne des conditions de vie, l'exil et la misère. Ils espèrent ainsi gagner du temps, épuiser et démoraliser les Sahraouis, aliéner la mémoire historique des jeunes générations, vaincre par exténuation tout un peuple, avec la vaine espérance que, finalement, ils succomberont et accepteront ce qui leur est fait, noyés dans les contradictions que les obstacles injustes génèrent[37].

10.  Le Maroc n'a pas durant plus de 30 ans pratiqué la politique de l'autruche, comme le soutient BLG, mais la politique de la terre brûlée, des faits accomplis, violant impunément la légalité internationale depuis la tristement célèbre Marche verte (d'une population civile excitée et manipulée, d'un côté, et de tanks, d'avions et de troupes de l'autre), ourdie sous le conseil stratégique d'Henry Kissinger[38]. Et l'Espagne et la communauté internationale ont laissé faire, regardant ailleurs, absorbées par d'autre affaires plus rentables et une vision myope, à courte vue, qui n'a que trop duré et qui est devenue insupportable[39].

11. Selon le droit international de la décolonisation, l’autodétermination ne signifie pas autre chose que la possibilité pour un peuple colonisé de choisir librement et démocratiquement entre diverses propsitions : pleine intégration dans la métropole, libre association avec celle-ci, association avec un autre État ou indépendance[40]. Ainsi donc, malgré les craintes et les arguties des dirigeants marocains, le droit à l'autodétermination ne présuppose pas, obligatoirement et nécessairement, l'indépendance, à laquelle les Sahraouis aspirent légitimement. Comme le souligne explicitement et textuellement le point 8 de la Proposition sahraouie, avec générosité et largeur de vues : « Le Front Polisario s'engage aussi à accepter les résultats du référendum, quels qu'ils soient, et à négocier avec le Royaume du Maroc, sous les auspices des Nations unies, les garanties qu'il est disposé à accorder à la population marocaine résidente au Sahara Occidental durant 10 années, ainsi qu'au Royaume de Maroc sur les aspects politiques, économiques et de sécurité, au cas où le référendum d'autodétermination s'achève par l'indépendance ».

12. Comme le signalait récemment CEAS-Sáhara, “la lutte pour faire valoir leurs droits sur une terre qui leur a été arrachée en 1975, la patience et la résístance, la foi en la justice et la confiance dans leur raison, c’est ce qui a fait que les Sahraouis, malgré les promesses jamais tenues[41],ont été capables de vivre tout ce temps dans une des zones les plus inhospitalières de la planète” [42]. Si maintenant, en ce moment (décembre 2007), soufflent des vents nouveaux, c'est parce que l'élite gouvernante au Maroc a joué ses dernières cartes, parce que le peuple sahraoui a su résister dignement et maintenir son ferme respect de la légalité internationale (qui n'est pas une utopie), tissant un dense réseau de solidarité entre tous les peuples et portant sa cause dans tous les coins du monde. Et parce que la société civile – mais pas toujours les gouvernants- réclame, chaque fois plus, le respect et l'application de la légalité internationale.

 

Notes

[1] Tomás BÁRBULO, La historia prohibida del Sáhara Español, Destino – Imago Mundi, Vol. 21, Barcelona 2002.

Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad, Cuadernos de  Pensamiento Político nº 12 (2006), p. 151-179, http://www.gees.org/pdf/3237/

Chronologie du conflit au Sahara occidental, http://freesahara.unblog.fr/2007/03/28/chronologie-du-conflit-au-sahara-occidental/

Elí RODRÍGUEZ MARTÍNEZ, El derecho a la libre determinación de los pueblos - El caso de la República Árabe Saharaui Democrática, http://www.rebelion.org/noticia.php?id=55275

[2]  Les Accords de Madrid, du 14 novembre 1975, comprennent une déclaration de principes et une série d'accords cadres de coopération économique. Ce texte est signé par le président du Gouvernement, Carlos Arias Navarro, pour l'Espagne, le Premier ministre, Ahmed Osman, pour le Maroc et le ministre des affaires étrangères, Hamdi Ould Mouknass, pour la Mauritanie.  (Source: "Décolonisation", ONU, n°17, octobre 1980, p. 77 - "United Nations Treaty Series"). http://www.arso.org/ac3madridFr.htm
Les
Accords de Madrid n’ont jamais été publiés dans le Bulletin Officiel de l'État (B.O.E.), et sont donc illégaux :
Carlos RUIZ MIGUEL, “Los Acuerdos de Madrid, inmorales, ilegales y políticamente suicidas”. La Ilustración Liberal, Num. 26, Invierno 2005-2006, http://www.libertaddigital.com/ilustracion_liberal/articulo.php/647 , http://www.gees.org/articulo/2344/
Résolution S/2002/161 du Département Juridique des Nations Unies: "Les Accords de Madrid [de 1975] n’ont pas transféré la souveraineté du Sahara occidental ni accordé a aucun des signataires le statut de puissance administrative, statut que l’Espagne ne peut transférer unilatéralement"
AFAPREDESA, Conclusiones de la Jornada Jurídica Internacional sobre el Sáhara Occidental, Madrid, 24/09/2007. http://www.afapredesa.org/index2.php?option=com_content&task=view&id=71&pop=1&page=0&Itemid=2

[3] La Mauritanie a signé la paix avec le Front Polisario en 1979 et a quitté le territoire occupé, qui a été immédiatement annexé par le Maroc, dont les gouvernants ont ainsi violé les “Accords de Madrid”, de toute façon illégaux.

[4] Charte de Proclamation de la République Arabe Sahraouie Démocratique, Bir Lahlou, 27 février 1976, http://www.arso.org/03-1f.htm
Constitution de la RASD, http://www.arso.org/03-const.99.htm

[5] Toutes les résolutions adoptées par l’ONU entre 1965 et 2004, au sujet du Sahara Occidental, sont enumeres dans Elí RODRÍGUEZ MARTÍNEZ, El derecho a la libre determinación de los pueblos - El caso de la República Árabe Saharaui Democrática (notes 14 y 16), qui analyse les résolutions les lus importantes dans une chronoolgie résumée du conflit: http://www.rebelion.org/noticia.php?id=55275 .
Les Rapports du Secrétaire Général: http://www.arso.org/06-6-0.htm
Les Résolutions de l’Assemblée Générale: http://www.arso.org/06-4-0.htm
Les
Résolutions du Conseil de Sécurité: http://www.arso.org/06-5-0.htm

[6] Le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération entre l’Espagne et le Maroc, signé à Rabat le 4 juillet 1991, stipule  dans ses Principes généraux: “1. Concernant la légalité internationale: Les Hautes Parties Contractantes  s’engagent à remplir de bonne foi les obligations auxquelles elles ont souscrit selon le droit international ainsi que celles émanant des principes et  normes généralement reconnus du droit international, comme celles découlant de traités ou autres accords,conformément au droit international, dont elles sont partie”http://www.boe.es/g/es/bases_datos/doc.php?coleccion=iberlex&id=1993/5422&codmap

[7] Tomás BÁRBULO, op. cit.: “La solidarité de la société espagnole est en forte divergente avec la position officielle” (p. 34). “ Les diplomates de Rabat savent bien que l’une des raisons fondamentales pour lesquelles leurs manoeuvres visant à annexer définitivement le territoire ont échoué est le soutien de l’opinion publique espagnole au Front Polisario” (p. 29).

[8] Frank RUDDY, Western Sahara: Africa’s Last Colony, World Affairs Council, Alaska (Juneau, Anchorage), Oct. - Nov. 2007. http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.pdf  http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.htm
Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad, Cuadernos de  Pensamiento Político nº 12 (2006), p. 151-179, http://web.usc.es/~ruizmi/

John BOLTON, Surrender Is Not an Option: Defending America at the United Nations and Abroad. Threshold Editions, November 2007, Chapt. 9, pp. 246-247 et Chapt. 13, pp. 367-369.

[9] AFAPREDESA, Sáhara Occidental. ¿Hasta Cuándo?, Tercera Prensa, Bilbao – Donostia – San Sebastián, 2005.
Jean-Paul LE MAREC , La répression est quotidienne au Sahara occidental, http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-10-24%2008:45:58&log=invites
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=58546
Poemario Por Un Sahara Libre, http://poemariosahara.blogspot.com/
Joaquín
VIDAL, En las mazmorras de Hasán. Las torturas a los saharauis que investiga el juez Garzón. Revista INTERVIÚ (Madrid) Nº 1.647, 19-25 Nov. 2007, pp. 34-38. http://www.interviu.es/default.asp?idpublicacio_PK=39&idioma=CAS&idnoticia_PK=46521&idseccio_PK=547&h

[10] Au nom de quelle légalité la puissance occupante peut-elle se avoir le culot d’ “offrir” une autonomie sous sa propre souveraineté à un territoire qui ne lui appartient pas  ? Voir plus bas le point 7 de notre texte. 

[11] Durant la période qui a suivi la dictature de Franco, les partis de gauche (et en particuler le PCE), pour pouvoir être légalisés et acceptés dans le jeu de la démocratie parlementaire, se virent obligés de faire certaines concessions, comme l’acceptation du retour de la monarchie et le renoncement au rétablissement de la République, constituée légalement avant la Guerre civile espagnole de 1936-1939.

[12] Cour Internationale de Justice: « Affaire relative au Sahara Occidental. Opinion consultative du 16 octobre 1975 » (http://www.icj-cij.org/). Voir aussi la Note 2 supra.
Frank RUDDY, Western Sahara: Africa’s Last Colony, op. cit., p. 4.
John BOLTON, op. cit.

[13] Comme en témoigne le fait que le gouvernement marocain n’a pas appliqué les résolutions de l’ONU et les plans de règlement ayant fait l’objet d’accords, y compris le référendum d’autodétermination lui-même, devant la passivité ou l’indifférence de la communauté internationale. Cette absence de crédibilité du gouvernement marocain est signalée par la plupart des auteurs cités dans ce travail. 

[14] Tomás BÁRBULO, op. cit., p. 284. La vente d’armes par les États-Unis, la France et l’Espagne au gouvernement marocain s’est poursuivie depuis  1975; tout comme les affaires conclues pas des entreprises de ces mêmes pays.

[15] Carlos JIMÉNEZ VILLAREJO, Genocidio en el Sáhara, El Periódico de Catalunya, 2/4/2007, http://www.rebelion.org/noticia.php?id=49253;
Tomás BÁRBULO, La historia prohibida del Sáhara Español, op.cit.
Le 29 Octobre 2007, pour la première fois dans l’histoire, la justice espagnole, sur la base d’une plainte de citoyens sahraouis, a engagé des poursuites – de manière similaire à l’affaire Pinochet – pour génocide présumé, assassinats, blessures et tortures contre trois hauts responsables de la Gendarmerie royale, de l’Armée et de la Sûreté marocaines :
<Garzón abre diligencias por un delito de genocidio de Marruecos contra el Sáhara Occidental>, EL PAÍS, Madrid, 30/10/2007.
Joaquín VIDAL, op. cit.
Juzgado Central de Instrucción nº 5, Madrid, Diligencias Previas Proc. Abreviado 362/2007 A, http://www.elpais.com/elpaismedia/ultimahora/media/200710/30/internacional/20071030elpepuint_1_Pes_PDF.doc

[16] Sur la politique africaine du régime de Franco consulter Anne DULPHY, La guerre d’Algèrie dans les relations franco-espagnoles. Enjeux spécifiques et éléments de comparaison avec l’Italie,  Cahiers De La Mediterranée, Vol. 71 – 2005 (Tome 2). http://www.pensamientocritico.org/anndul1006 
Franco a ignoré les appels de l'ONU (constants à partir de 1965) et a conçu plusieurs stratagèmes pour se cramponner au territoire [du Sahara ]. En 1961 il a transformé le Sahara en province espagnole ; en 1967 il a créé lla Jemaa ou Assemblée Générale, un Parlement sahraoui manipulé et inutile, et en 1973 il a conçu un statut d'autonomie, que la Jemaa a approuvé en juillet 1974 mais qui ne put être promulgué de par les pressions de Hassan II.   (Tomás BÁRBULO, op. cit. p. 42).

[17] Frank RUDDY, op. cit., signale plusieurs cas d’obstacles byzantins mis par le Maroc au référendum d’autodétermnation. http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.pdf - http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.htm

Francisco José ALONSO RODRÍGUEZ, Sáhara Occidental: ¿el principio del fin?, Diario PÚBLICO, Madrid, 13/11/2007,

[18] Résolution S/2002/161 du Département Juridique des Nations Unies, citée dans la Note 2 supra.
Larosi HAIDAR, La imposible marroquinidad del Sáhara Occidental, Telde Actualidad, 19/08/2007,
Voir aussi le  point 7 de notre article.

[19] La rationalité, la légitimité et les avantages de l’indépendance ont fait l’objet d’une étude du professeur de droit Carlos RUIZ MIGUEL, “Sáhara Occidental: Independencia, paz y seguridad”, op. cit. Un exposé plus vaste des travaux de cet universitaire sur le Sahara Occidental est disponible sur http://web.usc.es/~ruizmi/.

[20] “Reddtion” est l’expression utilisée par John BOLTON dans le titre de son dernier livre (cité dans la Note 8 supra), dans lequel il traite de la question du Sahara Occidental: Surrender Is Not an Option, op. cit.
Ignacio CEMBRERO, Bolton lamenta que EE UU no le ayudase a pacificar el Sáhara, EL PAÍS, Madrid, 22/11/2007.

[21] Frank RUDDY, op. cit., signale parmi ces conditions, en particulier, l’article 6 de projet d’autonomie marocain, qui spécifie les zones dans lesquelles il n’y aura aucuen autonomie; et il conclut : “In other words, the Moroccans are offering autonomy, except in everything that counts” (p. 24).

[22] Selon les chiffres officiels marocains,  l’abstention a été de 63% aux élections législatives du 7 Septembre 2007 et les votes blancs ou nuls de 19%.  
Abdellatif IMAD,  Élections marocaines : Haj Moussa – Moussa Haj, Bakchich.Info, samedi, 15 septembre 2007 – Tribune 
Ignacio CEMBRERO, Marruecos sigue sin facilitar los votos obtenidos por cada partido, EL PAÍS, 15/09/2007.
Moulay HICHAM, Las elecciones marroquíes, inicio de explicación, EL PAÍS, 11/10/2007

[23] http://www.un.org/french/

[24] Le peuple espagnol se souleva spontanément contre les troupes d’invasion françaises. Déclenché à madrid le 2 Mai 1808, le processus révolutionnaire s’étendit à toute l’Espagne, dans une guerre de guérilla qui dura trois ans et réussit à à expulser l’envahisseur. Cet épisode de 1808, en relation avec l’invasion et l’occupation du Sahara occidental par le Maroc, est aussi signalé par Fernando GUIJARRO ARCAS, Carta abierta a Raimon OBIOLS, euro-parlamentario ante la Unión Europea.
Sur les événements du 2 Mai 1808 et la Guerre d’Indépendance (1808-1812) contre les troupes napoléoniennes, voir :
Benito PÉREZ GALDÓS: El 19 de marzo y el 2 de mayo; Bailén, S.A.P.E., Madrid 2005, et
Arturo PÉREZ-REVERTE, Un día de cólera, Alfaguara, Madrid 2007.

[25] Le tableau mondialement célèbre de Francisco de Goya “Les fusillades du 3 Mai” [1808] est exposé au Musée du Prado, Madrid.

[26] Thabo MBEKI, Président de la République sud-africaine, a adressé une lettre (1er Août 2004) très dure au Roi du Maroc, Mohamed VI, lui exposant les raisons pour lesquels il se voyait dans l’obligation de reconnaître la RASD, face au non-respect par le Maroc de ses engagements et en application de la légalité internationale. On peut lire la lettre sur http://arso.org/MBKfr.htm

L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) fut fondée en mai 1963 sous l’impulsion de deux importants leaders du Tires Monde, le Ghanéen Kwame Nkrumah et l’Égyptien  Gamal Abdel Nasser, afin de promouvoir l’unité et la solidarité des États africains, servir de voix collective au continent africain, éradiquer le colonialisme et promouvoir la coopération internationale.  En 2002 elle comptait 54 États membres dont la RASD. Le Maroc s’est retiré de l’Organisation  en 1985 suit à la reconnaissance et à l’incorporation de la RASD. L’OUA fut l’une des principales promotrices du boycott et des protestations diplomatiques et politiques contre le régime d’ apartheid en Afrique du Sud, laquelle fut finalement admise à l’OUA en juin 1994, une fois éradiqué  l’apartheid. En juillet 2002, l’OUA a été remplacée par l’Union Africaine (UA), organisation supranationale du continent, inspirée de l’Union européenne et destinée à augmenter l’intégration économique et politique et à renforcer la coopération entre ses États membres. Le Maroc est l’unique pays du continent à ne pas en être membre, du fait de la reconnaissance de la RASD par cette organisation régionale.
Un total de 82 pays avaient reconnu la RASD, mais ils ne sont actuellement que 70, vu les très fortes pressions exercées par le Maroc sur certains petits pays pour qu’ils retirent ou congèlent leur reconnaissance (Frank RUDDY, op cit., p. 25.

[27] Les avertissements sahraouis sont toujours plus nombreux et fréquents sur un possible retour aux armes si le Maroc continue à s’obstiner à ne pas respecter ses engagements vis-à-vis de la légalité internationale et si la communauté internationale n’exerce pas de pressions économiques et/ou militaires sur le Maroc :
Agencia EFE, El Frente Polisario amenaza con librar una nueva guerra contra Marruecos, Libertad Digital, 21/05/2005,
Fernando ÍÑIGUEZ,  El Polisario amenaza con volver a la guerra contra Marruecos, EL PAÍS, 22/05/2005,  J. AMENGUAL DOLÇ, El Frente Polisario amenaza con volver a la lucha armada en el Sáhara; Diario de Mallorca, 23/11/2007, Beatriz MESA, El Polisario discutirá en su próximo congreso el retorno a las armas, Libertad Digital, 28/11/2007,  

[28] Carlos RUIZ MIGUEL, Le projet marocain d’ « autonomie » de 2003 pour le Sahara - Analyse et conséquences pour l’avenir, . (Original: El  proyecto marroquí de "autonomía" para el Sáhara de 2003: Análisis y consecuencias para el futuroGEES,  Grupo de Estudios Estratégicos, Análisis nº 146, 6 de Octubre de 2006).
Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad, Cuadernos de  Pensamiento Político nº 12 (2006), p. 151-179.
Stephen ZUNES, The Future of Western Sahara, Foreign Policy in Focus (FPIF), 20/07/2007, Frank RUDDY, op. cit.
John BOLTON, op cit., Chapt. 9.

[29]Proposition du Front POLISARIO  pour une solution politique mutuellement acceptable assurant l' autodétermination du peuple du Sahara Occidental [transmise au Secrétaire Général des Nations Unies le 10 avril 2007].  

[30] Initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie de la région du Sahara
Voir les commentaires sur le plan marocain de Stephen ZUNES, op. cit., Frank RUDDY, op. cit., et Carlos RUIZ MIGUEL, op. cit.

[31] Rapport du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara occidental, 19 avril 2006, p.10.

[32] Résolution 1754 du Conseil de sécurité adoptée le 30 avril 2007.

[33] Voir la bibliographie indiquée dans la Note 9 supra.

[34] L’ONU, les organismes internationaux, l’UE et jusqu’aux parlements nationaux des divers pays disposent d’instruments plus que suffisants pour imposer et faire respecter la légalité internationale. Qu’on se rappelle entre autres comment on put mettre fin au régime  d’apartheid en Afrique du sud.

[35] “Morocco’s crime was contemporaneous with and as flagrant a crime as Indonesia’s seizure of East Timor” (Frank RUDDY, op. cit., p. 23). Dans le cas de Timor-Leste, autrefois appelé Timor Portugais, les Portugais ont effectué une décolonisation irrégulière, très semblable à ce que le dernier gouvernement de Franco a fair avec le Sahara. L’ex-colonie portugaise fut envahie en 1975 par l’Indonésie, qui l’occupa jusqu’en  1999. 25 ans plus tard, les Portugais sont revenus et ont organisé un referéndum d’autodétermination sous la tutelle de l’ ONU, qui a donné naissance à un nouveau pays, l’actuelle République démocratique du Timor oriental, qui a obtenue son indépendance le 20 mai  2002. (Tomás BÁRBULO, op. cit., p. 23, et http://fr.wikipedia.org/wiki/Timor_oriental )

[36] Tomás BÁRBULO, op. cit., p. 220. Frank RUDDY op. cit., pp. 12 et 24. y Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad, Cuadernos de  Pensamiento Político nº 12 (2006), p. 151-179, .

[37] Nous ne référons pas seulement aux divers obstacles dont parlent Frank RUDDY et Carlos RUIZ MIGUEL, mais aussi aux contradictions générées par cette longue attente au sein du Front Polisario lui-même, dans la population sahraouie et en particulier dans les jeunes générations qui n’ont pas vécu le massacre et l’horreur de la fuite; contradictions que le régime marocain tente d’exploiter à son profit.

[38] Sur la participation d’ Henry KISSINGER à la préparation de la Marche Verte et le financement de celle-ci par le Koweït et l’Arabie saoudite, voir Tomás BÁRBULO, op. cit., pp. 212-234.
Jacob MUNDY, How the US and Morocco seized the Spanish Sahara, Le Monde Diplomatique, janvier 2006.

[39] EUROPA PRESS, La Fedissah, preocupada por la abstención de España en la ONU respecto al Sáhara, LUKOR, 26/10/04
Afifa KARMOUS, Les ressources naturelles d'un territoire non autonome: le Sahara Occidental, Colloque des Juristes sur le Sahara Occidental, Paris le 28 avril 2001
Suso DE TORO, Ana ROSSETTI y Ricardo GÓMEZ, El Sáhara y los intelectuales marroquíes, EL PAÍS, 25/07/2005
Abdellatif LAÂBI, Marruecos, enfermo del Sáhara, EL PAÍS, 04/07/2005,
Alberto CARNERO y David SARIAS, Sáhara Occidental: deslealtad, dejación... o responsabilidad, Papeles FAES, Nº 46, 22/05/2007, disponible aussi en anglais sur http://documentos.fundacionfaes.info/es/documents/show/00336-00
Javier PEROTE
, Aniversario socialista, Espacios Europeos, Nº 42, 02/11/2007,

[40] Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad, op. cit., p. 151.

[41] Sur les promesses au peuple saharaoui faites et non tenues par l’Espagne :
José VIDAL-BENEYTO, El Sáhara y la MPC, EL PAÍS, 21/07/2007 et   http://www.rebelion.org/noticia.php?id=54247
Ce que le leader, Felipe GONZÁLEZ (ultérieurement Premier ministre espagnol), dit aux Sahraouis, lors de sa visite aux camps de réfugiés de Tindouf (Argelia), le 14 novembre 1976, premier anniversaire de la signature des Accords tripartites de Madrid, est reproduit textuellement dans:
Fernando GUIJARRO ARCAS, Carta abierta a Raimon OBIOLS, euro-parlamentario ante la Unión Europea :

"... Nous avons voulu être ici aujourd'hui, 14 novembre 1976, pour démontrer par notre présence notre rejet et notre réprobation de l'Accord de Madrid de 1975...

" Le peuple sahraoui va vaincre dans sa lutte. Il va vaincre, non seulement parce qu'il a la raison, mais parce qu'il a la volonté de combattre pour sa liberté.  

" Je veux que vous sachiez que la plus grande partie du peuple espagnol, la plus noble, la meilleure du peuple espagnol, est solidaire avec votre lutte. Pour nous, il ne s'agit pas du droit d'autodétermination, mais de vous accompagner dans votre lutte jusqu'à la victoire finale. (...)

" (...) En tant que partie du peuple espagnol, nous ressentons de la honte du fait que le Gouvernement n'a pas seulement fait une mauvaise colonisation, mais une pire décolonisation, vous livrant entre les mains de gouvernements réactionnaires comme ceux du Maroc et de Mauritanie. Mais vous devez savoir que notre peuple combat aussi ce Gouvernement qui a laissé dans des mains le peuple sahraoui entre les mains de gouvernements réactionnaires. Au fur et à mesure que notre peuple s'approche de la liberté, plus grand et plus efficace sera l’appui que nous pourrons apporter à votre lutte. (...)

"Nous savons que votre expérience est d’avoir reçu beaucoup de promesses jamais tenues ; je ne veux, par conséquent, rien promettre, mais m’engager devant l'Histoire : notre Parti sera avec vous jusqu'à la victoire finale".

Ces paroles de Felipe GONZÁLEZ sont recueillies, en audio et en vídéo, sur http://www.rasd-tv.com/ , et leur texte peut être lu sur http://www.arso.org/guijarro2.htm 

[42] CEAS-Sáhara: Coordinadora Estatal de Asociaciones de Amistad y Solidaridad con el Pueblo Saharaui  


Source : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4625&lg=es

Article original publié le 29 Décembre 2007

Sur l’auteur

Gérard Jugant et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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MÈRE AFRIQUE: 10/02/2008

 
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