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20/09/2017
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Diffusée sur le net, elle montre un détenu canadien, alors âgé de 16 ans : Omar Khadr

En six ans, une seule vidéo a été sortie du sinistre Gitmo et publiée


AUTOR:  Michel PORCHERON


Pour la première fois depuis l’ouverture en janvier 2002 du sinistre centre de détention de Guantanamo Bay, au lendemain des attentats du World Trade Center, une vidéo vient d’être rendue publique. Elle montre un prisonnier pendant des interrogatoires.

Il s’agit d’Omar Khadr, Canadien, filmé vraisemblablement par ses interrogateurs eux-mêmes, des agents des services secrets canadiens, pendant quatre jours de février 2003. Le prisonnier avait été arrêté par les forces américaines durant l’été 2002 en Afghanistan, où il a grandi après sa naissance au Canada. Il n’avait pas encore 16 ans.


Omar Khadr avant son odyssée

Accusé d’avoir tué un soldat-infirmier  américain avec une grenade qu’il aurait lancée en sa direction,  il est le dernier prisonnier de Guantanamo ressortissant d’un pays du monde occidental. Il est prévu officiellement que son procès s’ouvre cet automne 2008, soit six ans après son arrestation. Actuellement 265 personnes sont toujours détenues à Guantanamo. L’administration américaine admet que 80, à peine, « méritent » d’être déférées devant un juge.

 

 L’existence de cet enregistrement vidéo qui durerait sept heures a été rendue publique le 15 juillet par les avocats d’Omar Khadr, qui n’ont pas précisé avec exactitude depuis quand et comment ils avaient obtenu un tel document accablant. Les avocats souhaitent vivement qu’à la vue de la vidéo, les officiels canadiens ouvrent maintenant un dossier de demande d’extradition.

Si la vidéo ne montre pas de brutalités à l’encontre du jeune détenu, selon les agences de presse, des documents canadiens révèlent qu’Omar Khadr, filmé à son insu, a été privé de sommeil pendant trois semaines par ses gardiens, préalablement à ses interrogatoires par les Américains. Mais ces mêmes documents font savoir qu’Ottawa dès avril 2004 était informé de cette situation, après la visite que fit à Guantanamo un haut responsable politique canadien «Toutes les trois heures, il est transféré dans une autre cellule, le privant ainsi de sommeil de façon ininterrompue», précisait le compte rendu officiel canadien de cette visite.

Dans un premier temps dix minutes de cet enregistrement ont été mises en boucle sur Internet, après avoir été diffusées par des medias américains, comme la chaîne CBC. Il y a quelques semaines, la Cour fédérale canadienne, après une longue bataille juridique avec le gouvernement canadien, avait en effet autorisé les avocats d'Omar Khadr à divulguer à la presse la totalité de la vidéo.

La vidéo - de mauvaise qualité, avec un plan fixe et qui semble filmée derrière une grille de ventilation – montre l'état de détresse d'un adolescent qui pleure, supplie et se tire les cheveux de désespoir. Il montre également ses blessures à ses interlocuteurs. Il veut mourir (« Kill me ! »). Il pense manifestement que ces Canadiens sont venus l’aider et le libérer.

 

«  Les agents canadiens qui l’interrogent sont venus collecter des informations le concernant - sa famille était proche de celle d’Oussama Ben Laden - et sa vie en Afghanistan. Ils ont l’humour pesant et sont dépourvus de la moindre compassion (...) Dans un autre extrait, un flic canadien, encore plus lourdaud, ricane en faisant référence aux bonnes conditions météorologiques dans cette île des Antilles : «Je veux rester à Cuba avec toi. Peux-tu m’aider ?», selon Jean-Pierre Perrin pour le quotidien français Libération qui ajoute que selon ses avocats, ses geôliers américains ont aussi menacé de le violer ou de le faire violer dans un autre pays.

L’affaire a créé un choc au Canada. L'opinion publique, longtemps indifférente, a exhorté cette fois le premier ministre Stephen Harper à demander aux États-Unis le rapatriement de cet « enfant soldat». « Ramenez-le à la maison,  M. Harper ! », exigeait le journal montréalais The Gazette. «Hon­te au gouvernement canadien, signataire de conventions interna­tionales sur les droits des enfants, sur l'utilisation des enfants dans les conflits armés, sur la torture », estimait  La Presse.  

« Le traitement de M. Khadr et de centaines d'autres prisonniers de Guantanamo est maintenant reconnu partout dans le monde comme étant une abomination » ont écrit dans The Globe and Mail Ed Broadbent et Alex Neve, respectivement ancien chef des néo-démocrates canadiens et secrétaire général d'Amnesty international Canada.

Ils dénoncent l’attitude du Premier ministre, « alors que la Grande-Bretagne et l'Australie sont intervenues avec succès en faveur de leurs citoyens [qui étaient détenus à Guantanamo] ». « En tant qu'enfant-soldat, le jeune Omar Khadr aurait dû recevoir la protection du droit international […]. Plutôt que d'être jugé par des tribunaux militaires américains [à Guantanamo], il méritait protection et réhabilitation. Le droit international considère les enfants-soldats comme des victimes, et non comme des criminels ». Broadbent et Neve insistent sur l'inaction des deux précédents Premiers canadiens dans ce dossier, malgré le fait que, « dès 2003, des responsables canadiens savaient qu'un [citoyen canadien] de 16 ans subissait des tortures et des mauvais traitements ».

Jusqu’ici la réticence de l’opinion pouvait s’expliquer par le fait qu’elle fut longtemps hostile envers la famille d’Omar Khadr. Son père, Ahmed Saïd Khadr, qui avait quitté l'Égypte pour émigrer au Canada à la fin des années 1970, serait considéré comme un lieutenant d'al-Qaida, voire un proche d'Oussama Ben Laden. On lui reproche d’avoir fait entraîner quatre de ses fils, dont Omar, dans des camps islamistes.

En attendant « les procès »

Six ans après l’ouverture du camp de prisonniers, le cadre de système de justice n’est pas réellement défini. Accusation et défense ne sont d’accord ni sur le mode de jugement, ni sur le calendrier des procès, ni sur la période choisie.

Dans l’immédiat, on en est aux audiences préliminaires (chaque audience, précise Corine Lesnes, Le Monde, 8 mai, nécessite un pont aérien de 70 personnes, avocats, procureurs, greffiers, observateurs et le transport de plusieurs dizaines de cartons de dossiers), aux mises en accusation. Désormais certaines ONG ont un droit de visite, comme Human Rights Watch (HRW), rédigent et publient des comptes rendus d’audiences.

 Si le système de justice n’est pas encore au point, le nom de l’endroit où sera rendu la « justice » militaire a déjà un surnom : « Camp Justice », situé sur l’ancien aéroport de la base et réduit à quelques préfabriqués + une salle d’audience sans fenêtre + tentes + barbelés. Il hébergera 500 personnes en quasi-autarcie pendant la durée des procès : magistrats, avocats, greffiers, jour­nalistes et gardes de sécurité (C.L).

Le général Thomas Hartmann, du bureau des commissions militaires, a rédigé  une liste de 14 noms: 8 détenus dont le Canadien Omar Khadr et six autres qui auraient à voir avec les attentats du 11 septembre 2001, dont Khaled Cheikh Mohammed. La correspondante permanente à Washington fait remarquer que le Pentagone a « en revanche retiré sans explication ses accusations contre un autre membre présumé du com­plot, Mohammed Al-Qahtani, qui aurait dû être le 20e kamikaze ».

On rappelle que le procureur en chef, le colonel d'aviation Morris Davis, a démissionné en octobre 2007 en se plaignant de pressions pour accélérer les poursuites contre les suspects des attentats de 2001. Et le 9 mai, on apprenait que le juge militaire le capitaine Keith Allred a prescrit que le général Hartmann , soupçonné de pressions sur la procédure, soit déchargé de toute responsabilité concernant les commissions militaires...Tempête dans les crânes militaires US.

L’administration républicaine a manifestement intérêt à accélérer la tenue des procès. Le général Hartmann a notamment souligné « la valeur politique stratégique » de procès avant novembre 2008.

Plusieurs explications semblent prévaloir, en faveur bien sûr des républicains, tout en rappelant que les deux candidats à la présidence ont exprimé leur idée de faire fermer le centre de détention de Guantanamo Bay : les thèmes de campagne électorale, pour l’instant plutôt favorable au candidat démocrate, seraient «mis entre parenthèses », l’attention étant détournée vers Guantanamo, de plus ressortir le sujet du « terrorisme » est plus avantageux au candidat républicain, comme le seraient des condamnations lourdes, qui apporteraient la preuve de la détermination de l’administration actuelle.

Le 12 juin, la Cour suprême des Etats-Unis, dans un jugement sans précédent, a estimé que les 270 détenus de Guantánamo avaient le droit de mettre en cause leur détention devant une cour civile américaine. «C’est tout le fondement de l’existence de Guantánamo qui s’écroule», triomphait un avocat. «Les lois et la Constitution sont destinées à être en vigueur, même dans des circonstances exceptionnelles», a asséné la Cour suprême, qui met ainsi en cause les cours militaires d’exception établies par l’administration Bush pour juger les «ennemis combattants».

Ce n’est pas demain que la lumière sera faite dans ce trou noir qu’est Guantanamo.

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Hiatt, c'est fini
A Guantanamo, un « accessoire » est bien connu : le « service trois pièces », soit une paire de menottes, une chaîne pour les hanches et une chaîne pour les chevilles, le tout « astucieusement reliées entre elles pour le plus grand confort du bourreau » (Delfeil de Ton (DDT), Le Nouvel Observateur, 10 juillet).  

Jusqu’ici, elles venaient de la firme Hiatt, de Birmingham, Angleterre. Si l’on en croit de bonnes gazettes, la maison Hiatt, à la réputation mondiale, qui fournit démocraties et dictatures, fournissait déjà la Couronne au temps de la traite des Noirs.

Eh bien, Hiatt de Birmingham vient de fermer, des emplois sont perdus, mais l’honneur anglais est peut être sauf. Désormais la production des « trois pièces » se fera aux Etats Unis, dans le Hampshire. DDT pose la question : « L’Amérique saura-t-elle maintenir un coût de production compétitif ? »


Action contre l'entreprise Hiatt en 2005, avec le groupe musical Seize the Day

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Harold et Kumar s'échappent de Guantanamo

Après « Kafka en Amérique » de Steven Wax, livre accablant sur « Gitmo »,  au cinéma, Guantanamo est déjà devenu une comédie...
Harold et Kumar s'échappent de Guantanamo,  première tentative au cinéma - en grande partie manquée- de faire de l'humour sur le sujet, alors que les dessinateurs de presse y ont parfois réussi. Le film relève d’une pochade de potache, qui n’a rien à voir avec par exemple La vie est belle (1997) de Roberto Benigni. Pourtant ce film de  Hayden Schlossberg et Jon Hurwitz est la « comédie la plus subversive » sur l'Amérique post-11-Septembre, a dit un critique américain. Une « source d'espoir, selon le Washington Post. A moins que ce ne soit d'angoisse ».

Harold et Kunar sont envoyés à Guantanamo à la suite d'un quiproquo largement dû à leurs origines asiatiques. Les autorités y voient la confirmation d’« un axe entre la Corée du Nord et Al- Qaida »... Ils parviennent à s’enfuir et ils ne devront leur salut qu'à l'intervention du propriétaire d'un ranch à Crawford, Texas. « Rien de tout cela ne devrait faire de ce film un document pour servir à l'histoire de ce temps. Il est pourtant à parier que ce film surgira régulièrement dans les notes de bas de page des manuels d'histoire des décennies à venir » (Le Monde 15 juillet) « Quelques bouffées d'afghan ont suffi à amadouer le retraité. « Quand je pense que je vous avais pris pour des terrorisateurs ! » Bush est hilare. Il a enfin échappé à Guantanamo » (CL).


Source : proposé par l'auteur

Article original publié le 23 Juillet 2008

Sur l’auteur

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EN EL VIENTRE DE LA BALLENA: 23/07/2008

 
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