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15/08/2020
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Sur les traces de Klaus Barbie

Bolivie : Le néofasciste italien Marco Diodato continue d’agir dans l’ombre, après avoir simulé sa mort


AUTEUR:  Wilson GARCÍA MÉRIDA

Traduit par  Esteban G., révisé par Fausto Giudice, commenté par Manuela Vittorelli


Dans l'enquête menée sur le massacre de 15 paysans indigènes commis le 11 Septembre dernier dans le département du Pando, émerge à nouveau une piste néofascsciste européenne, et plus précisément italienne. L'ancien parachutiste originaire des Abruzzes Marco Marino Diodato, 51 ans, serait, selon Michel Irusta, journaliste et ancien parlementaire bolivien, lié au préfet du Pando, Leopoldo Fernández, actuellement détenu pour avoir violé l'état de siège imposé par le gouvernement dans le département, et aurait été son complice dans le financement des escadrons de la mort qui ont commis le massacre du 11 Septembre.
Le journaliste indépendant de Cochabamba Wilson García Mérida pense la même chose. Selon lui, Diodato a opéré récemment dans les départements "rebelles" de la Media Luna  (Santa Cruz, Beni, Pando et Tarija) “organisant des équipes d'assassins".
Le néofasciste italien, qui s'est installé en Bolivie à la fin des années 70, a travaillé pour le dictateur Hugo Banzer, dont il épousa une nièce, et pour Luis García Meza. Accusé de diriger une bande de narcotrafiquants, il a été condamné en 1999 à dix ans de prison est s'est évadé en 2004. Depuis lors, il est en fuite.

(Datos & Análisis) - Marco Marino Diodato, l’exterminateur qui vint en Bolivie avec les mercenaires qui accompagnaient Klaus Barbie pour aider au coup d’État de García Meza, n’est pas le seul criminel qui a feint sa mort afin d’éviter le poids de la justice. On dit qu’il s’était suicidé par désespoir, mais il n’y a pas de preuve légale à ce sujet. Il est recherché pour l’assassinat d’une femme de Santa Cruz, la digne procureur Mónica von Borries, et il existe plus d’un indice à propos de sa réintégration dans le cercle des latifondistes1 qui le protègent ; ceux-là mêmes qui ont applaudi le massacre du 11 septembre dans le Département de Pando.

En 1992, un avis de décès parut dans la rubrique nécrologique du journal Los Tiempos, il annonçait qu’aux USA, un narcotrafiquant connu, « Adrián », lié à la bande de Jorge Roca Suárez (alias « Toit de Paille ») était mort. L’annonce fit rire à Cochabamba car tout le monde savait que ce pichicatero [pusher, trafiquant de cocaïne en argot sudaméricain, NdT],qui blanchissait des dollars dans cette ville au moyen de chaînes de restaurants, de motels et de bordels, se promenait bien vivant en se dandinant à San Diego, en Californie, avec une nouvelle identité et bien protégé par la DEA (l’agence anti-narcotiques US) ; mais, suite à « sa mort », il fut déchargé des divers délits que « Adrián » avait commis en Bolivie.

Peu d’années auparavant, en 1989, dans le Département de Beni, la mort du mafieux Yayo Rodríguez Román avait été largement commentée, il était accusé d’avoir dirigé la séquestration et l’assassinat de 36 pilotes brésiliens dont les corps furent retrouvés dans une fosse commune, découverte dans la propriété du narcotrafiquant. La bande de Yayo Rodríguez dérobait des avions légers, à la frontière du Brésil, puis tuait leurs propriétaires ; ils reconditionnaient ces petits avions pour leur donner une plus grande autonomie de vol afin d’atteindre le Golfe du Mexique (une route dégagée par la DEA pour laisser libre cours au narcotrafic bolivien « post Roberto Suárez » 2 où la drogue était déchargée, et à la suite de quoi, les avions « jetables » étaient coulés en pleine mer. Yayo Rodríguez fut solennellement « enterré » par des pompes funèbres officielles mais on ne put jamais voir son corps. Et lorsque les autorités voulurent exhumer le cadavre, elles ne trouvèrent que des pierres dans le cercueil.

Chez les mafieux en général et les criminels du narcotrafic en particulier, « être signalés comme morts » est une ruse courante car c’est une façon efficace d’échapper à la loi lorsque leurs délits sont extrêmement graves comme le meurtre avec préméditation. Mais ils « meurent » également par une action complice exécutée par la DEA et la CIA lorsque ces organismes – qui, pour des raisons politiques, n’ont aucun scrupule à s’allier avec des criminels avertis – leur font bénéficier de leurs « programmes de protection de témoins ».

Quoi qu’il en soit, dans son édition du 13 avril dernier, El Deber de Santa Cruz avait lancé l’information sur la « mort » de Marco Marino Diodato, le paramilitaire et narcotrafiquant italien qui vint en Bolivie avec les mercenaires de Klaus Barbie dans le but d’aider au coup d’État de Luis García Meza en 1980. Diodato, qui s’était marié avec une nièce de l’ex-dictateur Hugo Bánzer Suárez, avait fui Santa Cruz en 2004 après avoir assassiné la procureur Mónica von Borries avec un puissant explosif. La nouvelle insolite de la mort de cet assassin, une mort non confirmée, ne fait pas oublier cette vieille astuce si habituelle chez les mafieux peu recommandables.

   Qui est, ou était, Marco Marino Diodato ?

Marco Marino Diodato, né à  San Giovanni Teatino dans la province de Chieti il ya 51 ans, s'est installé en Bolivie au début des années 80, comme beaucoup de néoafscistes italiens qui se réfugièrent en Espagne ou en Amérique latine, se mettant sous la protection et au service de dictatures et des élites régantes.
À Santa Cruz Diodato épousa la nièce du général Hugo Banzer (au pouvoir de 1971 à1978, suite à un putsch , puis président élu de 1997 à 2001). Parachutiste (il a aussi fait aprtie de 'larmée bolivienne, au sein de laquelle il aurait créé entre 1994 et 1995, selon Giovanna Vitrano, in selvas.org, 2004, “la FRIE, la Fuerza de Reacion Immediata del Ejercito, un groupe de paramilitaires destinés à ‘protéger' les civils contre les attaques de terroristes et de narcotrafiquants”), Diodato aurait offert se services de consultant et aurait fodné des groupes paraamilitaires pour protéger les latifondistes, en plus de faire fortune comme "entepreneur".
En 1999 il est arrêté dans le cadre d'une enquête sur de stéléphones cellulaires des forces armées qui avaient été "clonés", puis accusé de recyclage d'argent sale, de trafic d'armes et de drogue (avec son père Tullio, un consul honoraire et d'autres Italiens résidant en Italie).
Les enqêteurs purent remonter jusqu'à ses liens avec le boss mafieux Nitto Santapaola.

Le 31 janvier 2004, il s'évade de la clinique où il est soigné pour problèmes cardiaques, laissant un billet :  “La plus grande expression de lâcheté et de violence, c'est quand on utilise la justice pour obtenir la condamnation d'innocents. L'heure a sonné de retourner à la lutte pour mourir comme un soldat.”)
Il reste dans le milieu de l'aristocratie blanche de la Media Luna et devient un des conseillers du préfet du Pando Leopoldo Fernandez (arrêté après le massacre d'El Porvenir), et aussi consultant et membre honoraire de l'Union de la Jeunesse de Santa Cruz. Il est l'un des organisateurs des groupes "civiques" qui s'opposent au président Morales et  réclament l'autonomie régionale, mettant en oeuvre ces deux derniers mois une véritable tentative de coup d'État.

Diodato est aussi accusé de la mort de la procureur Mónica Von Borries, qui enquêtait sur lui (à cette époque, elle enquêtait sur l'acquisition de grandes parcelles de terrains par un groupe chilien-bolivien, auquel Diodato était peut-être lié), tuée dans l'explosion de sa voiture en février 2004.

La nouvelle de la mort de Diodato en mars 2004, soutenue par Herland Campos Reimers dans son livre Diodato: el final de un fugitivo est remise en cause par les journalistes  Irusta e García Mérida.

L'histoire de Diodato est étrange et compliquée : il semble être lié à la fois avec les mafias et le narcotrafic (donc avec la DEA US), et avec les jeux de pouvoir de l'oligarchie latifundaire de l'Orient bolivien, qui cherche à s'accaparer les riches terres de la région, en éliminant les indigènes qui y vivent. –MV, Tlaxcala

   

Requiem pour un scélérat ?

Dans son édition citée plus haut, le journal El Deber, avait publié une interview avec le journaliste Herland Campos Reimers, qui, dans un livre intitulé « Diodato : la fin d’un fugitif », soutient « l’hypothèse » que le mafioso « rongé par la peine, se serait pendu à de la localité de Warnes, en mars 2004, c'est-à-dire, un mois et demi après sa fuite de la clinique Bilbao, le 31 janvier, dans laquelle il était sous surveillance policière ».

Selon ladite « hypothèse », la cause de l’acte fatal « serait une dépression survenue après s’être senti abandonné, sans argent, par ses amis et sa famille, et parce que son épouse avait engagé une liaison avec son frère en Italie »

Campos avait assuré que les informations pour son livre avaient commencé à être recueillies lorsqu’il fit la connaissance d’un chasseur et pêcheur, Luis Fernando Finetti Justiniano, d’ascendance italienne qui « avait travaillé pour Diodato dans les activités de jeux de hasard et qui était un de ses rares amis ».

Finetti était un fana de pêche, de même que l’auteur du livre, et le thème de Diodato avait surgi au détour d’une conversation au cours de leurs nombreuses journées de pêche. « Après la fuite de l’Italien, je lui avais demandé (à Finetti) s’il connaissait son adresse, mais il refusa de parler, j’insistais que je ne lui voulais aucun mal, mais il ne répondit pas. J’avais senti, à travers son expression, qu’il le protégeait, qu’il savait où il était caché, c’est alors que je lui remis ma carte », raconta Campos.

« Un jour de mai 2007, plus de trois ans après notre discussion, je reçus un appel téléphonique. C’était Finetti qui m’offrait des informations sur Diodato. Je me rendis donc au lieu indiqué, près de Warnes, où il me raconta en pleurant que son ami était mort. Il s’était pendu à un arbre au bout d’une corde », annota t-il. « Il me raconta qu’il avait enterré le corps de Diodato dans cette propriété et laissé passer du temps, jusqu’à son appel. Au cours de notre rencontre, il me proposa de m’emmener sur le lieu où il avait soi-disant enterré les restes, il me fournit même quelques indications du lieu. Nous avions donc convenu une autre entrevue, mais quelques jours avant le nouveau rendez-vous, Finetti décéda dans un accident. Le 27 mai 2007, alors qu’il sortait de la pompe à essence qui se trouve près de l’usine de lait à Warnes, un véhicule l’emboutit par derrière et le tua sur le coup. La police ne donna pas d’importance au fait, mais peut-être y a-t-il quelqu’un derrière cela », avait relaté Herland Campos au journaliste Igor Ruiz de El Deber. (En tout cas, il est fort probable que ce soit Diodato lui-même qui ait assassiné Finetti).

Campos précise qu’il avait entamé « la véritable recherche » sur le cas Diodato, après la mort de son informateur. « J’avais rencontré un de ses cousins ainsi que d’autres pêcheurs. L’un d’eux m’accompagna jusqu’à Coloradillo, c’est là que j’ai trouvé une botte militaire que Diodato portait. J’ai des preuves et beaucoup d’informations à fournir si la justice veut bien exhumer le corps de l’Italien », assura t-il. Dans son livre, Campos révèle le contenu des entrevues avec des amis de Finetti, lesquels affirment que « le chasseur leur avait confessé qu’il avait protégé l’Italien et que celui-ci était mort pendu ».

Cependant, les quelques mois passés depuis la publication de cette « révélation », n’ont pas permis aux autorités policières qui recherchent Diodato pour l’assassinat de la procureur Mónica von Borries, de retrouver le supposé cadavre. Bien au contraire, au cours des derniers jours, les versions convergent pour établir que le dangereux mafieux avait été vu, allant comme si de rien n’était, sur les territoires de la « Media Luna », à l’endroit où s’était produit un impitoyable massacre comme celui de Pando, le 11 septembre dernier, en plus des autres actes criminels inhérents à la préparation d’un coup d’État.

Diodato et Leopoldo Fernández

Entre mai et juin de cette année, le Département de Pando – zone qui se trouve sous la férule de Santa Cruz, à l’intérieur du territoire de la « Media Luna » qui cherche à se séparer du gouvernement indigène de Evo Morales – s’était transformé en théâtre d’une vague de crimes et d’assassinats commis par des tueurs à gages du narcotrafic qui parcourent ce territoire lointain de l’Amazonie bolivienne. En moins d’un an, il s’est produit plus de 30 « règlements de comptes » avec des exécutions en pleine voie publique réalisées par des assassins payés avec de l’argent provenant du Brésil, où, comme cela est indiqué dans certains dossiers judiciaires, Diodato recrutait des membres pour former sa bande.

Cette présence criminelle, encouragée et organisée par la Préfecture de Leopoldo Fernández, portait le sceau caractéristique de Marco Marino Diodato, dont on est sûr – d’après des sources policières très fiables qui sont en contact avec Datos & Análisis  - qu’il a repris ses activités de conseiller, dans l’organisation néofasciste « Union Juvenil Cruceñista » (Union de la Jeunesse de Santa Cruz) dont il est « membre honoraire » depuis 2001. Cette organisation paramilitaire qui obéit aux ordres du président du Comité Civique Pro Santa Cruz, le propriétaire terrien croate Branco Marinkovic, a développé son influence et ses activités vers d’autres circonscriptions de la zone séparatiste, en incluant Cochabamba et Chuquisaca, en plus de Santa Cruz, Beni, Tarija et Pando.


Branko Marinkovic, président du Comité civique de Santa Cruz, fils d'un Oustachi croate réfugié en Bolivie, patron d'une usine de production d'huile de soja, grand propréitaire, grand éleveur

À la veille du massacre de Pando survenu le 11 septembre, Datos & Análisis avait reçu l’appel d’une source policière qui assurait, qu’au mois de juillet, Diodato avait été vu dans une zone résidentielle de Tiquipaya, à Cochabamba, alors que ce département était encore gouverné par le préfet séparatiste Manfred Reyes Villa. Heureusement le mandat de Reyes Villa fut révoqué lors du référendum du 10 août, aujourd’hui Cochabamba est libre de l’influence balkanisatrice de la « Media Luna ». Au sujet de la présence de Diodato dans ce département, on ne nous a pas communiqué de plus amples détails ; mais nous avions pris contact avec d’autres sources – militaires, policières et judiciaires –confirmant que, Diodato, se trouve aujourd’hui à Santa Cruz et est protégé par les membres de « l’Union Juvenil Cruceñista ». Il est assuré également que Diodato maintient un contact direct avec des dirigeants du Comité Civique Pro Santa Cruz ainsi qu’avec d’autres leaders de la « Media Luna ».

Cependant, dans les cercles policiers, certains affirment également que Diodato peut être confondu avec le président civique Branco Marinkovic, dont la ressemblance physique avec le criminel italien est surprenante. Mais la probabilité la plus grande, est qu’il n’existe aucune erreur et qu’effectivement Diodato soit « sorti de sa tombe ».

L’exécution de dizaines de paysans dans le Pando, et parmi eux des femmes enceintes et des enfants en âge scolaire au cours de cette funeste journée du 11 septembre, est marquée de l’empreinte caractéristique néo-nazie d’un exterminateur comme Diodato. Leopoldo Fernández, le préfet de Pando, avait été ministre de l’Intérieur dans les gouvernements de Hugo Banzer Suárez et Tuto Quiroga, précisément lorsque Diodato avait la particularité d’être« conseiller », au rang militaire, dans les organismes étatiques de répression.


Leopoldo Fernández

À la recherche de l’exterminateur

Le vendredi 27 février 2004, vers midi, une voiture piégée explosa au moment où la procureur Mónica von Borries sortait de son domicile pour se rendre à son bureau au Ministère Public de Santa Cruz. L’assassinat se produisit à l’époque où von Borries se préparait à faire des recherches sur l’appropriation illégale de plus de 400.000 hectares de terre par le chef d’entreprise et ex-ministre du MNR3, Andrés Petricevic [décédé d’une maladie, le 21 juillet 2008], suite à la plainte du Movimiento Sin Tierra (MST)4 qui exigeait la restitution de ces terres, au bénéfice des milliers de paysans pauvres. La procureur von Borries enquêtait également sur la dotation illégale des terres que le chef d’entreprise croate Branco Marinkovic détient dans les territoires originaires indigènes, y compris la Laguna5.

Les recherches avaient établi que l’assassinat avait été exécuté par le narcotrafiquant italien Marco Marino Diodato, et celui-ci se trouvait à cette époque en cavale après avoir fuit la prison de Palmasola, dans laquelle il était enfermé pour avoir « cloné » des téléphones portables du Haut Commandement Militaire. C’est sous le gouvernement de Sánchez de Lozada que Diodato s’était échappé de la prison, et l’assassinat de l’avocate von Borries eut lieu pendant la présidence de Carlos Mesa.

Von Borries enquêtait également sur Diodato, au sujet de ses liens avec les propriétaires terriens accapareurs des terres indigènes. Les forces anti-drogue avaient découvert une usine de cocaïne à l’intérieur d’un de ses ranches d’élevage. L’assassinat de la procureur fut le début d’une escalade conspirative et crapuleuse, qui arriva à terme, un an après cet acte criminel, avec la proposition politique du « Référendum d’Autonomie » lancée dans « l’Assemblée de la Cruceñidad » 6 qui se réunit en janvier 2005. Cette première escalade séparatiste prit fin avec la démission de Carlos Mesa, au mois de juin de cette même année, lorsque « l’Unión Juvenil Cruceñista » commença à agir ouvertement ; « Union » dont Diodato, en plus d’être un « membre honoraire » était l’instructeur et le mentor.

À cette période, selon une information diffusée par l’analyste Aníbal Jerez, les fascistes de Santa Cruz s’étaient scindés en différentes corporations au travers des organisations patronales comme CAINCO (Cámara de Industria y Comercio)7 et la CAO (Cámara Agropecuaria del Oriente)8, de même le Comité Civique Pro Santa Cruz et des loges comme la « Nación Camba » qui est un regroupement de fraternités « carnavalesques » de l’oligarchie orientale.

La presse bolivienne avait déjà identifié comme leaders émergents de ce mouvement violent, les patrons Branco Marinkovic, Rubén Costas, Oscar Serrate, Rafael Paz, Oscar Ortiz et les frères Dabdoud: ceux-ci, disait Jerez, « sont rémunérés par les compagnies pétrolières en qualité de membres de leurs directoires, ou bien, ils sont associés à des capitalistes chiliens dans différents postes au département exportation ».

Diodato faisait partie de ces loges, et bénéficait de tout privilège. Après l’assassinat de la procureur von Borries, l’italien fut de nouveau arrêté ; mais immédiatement il simula une maladie, ses avocats demandèrent son hospitalisation dans une clinique de Santa Cruz, et de là, il s’évada en toute tranquillité. La justice bolivienne le recherche toujours.

Notes

1. Latifondistes : Grands propriétaires terriens

2. Roberto Suárez : principal parrain de la mafia, le « roi du narcotrafic »

3. Movimiento Nacional Revolucionario : Mouvement Révolutionnaire National

4. Movimiento Sin Tierra : Mouvement des Sans Terres

5. Propriété de Marinkovic, « Laguna Corazón ».

6. Assemblée à caractéristique identitaire « régionaliste » de Santa Cruz

7. CAINCO : chambre d’industrie et du commerce

8. CAO : Chambre agropastorale de la partie orientale


Source : Diodato, historia de un exterminador en Bolivia

Article original publié le 29/9/2008

Sur l’auteur

Esteban G. est rédacteur du blog http://letacle.canalblog.com/, Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Manuela Vittorelli rédactrice du blog http://mirumir.latervista.org. Tous trois sont membres desont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner les auteur, les traducteurs et la source.

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AU SUD DE LA FRONTIÈRE: 14/10/2008

 
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