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18/01/2020
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Ceux qui ont amené l'Islande à demander secours au FMI sont maintenant déterminés à ravager son paysage

ISLANDE : Après la débâcle financière, voici maintenant la débâcle environnementale


AUTEUR:   BJÖRK

Traduit par  Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice


Björk Guðmundsdóttir, si elle est une artiste confirmée et incontestable, n’est pas  ce qu’on peut appeler un génie politique. Pour avoir crié « Tibet, Tibet » et « Kosovo, Kosovo » lors de concerts récents, elle a été interdite de concerts en Serbie et en Chine. Mais elle vient de franchir une nouvelle étape sérieuse dans son engagement en s’associant à des femmes politiques qui ont lancé l’initiative « La route de Copenhague » pour appeler l’Europe à prendre des mesures radicales pour combattre le changement climatique. Étant islandaise, Björk vient de créer une ONG de défense de l’environnement appelée Náttúra, dont le premier objectif est de combattre les projets de multinationales (Alcoa et Rio Tinto) de construire deux nouvelles fonderies d’aluminium, qui viendraient s’ajouter aux trois déjà en fonction en Islande , qui sont les plus grosses d’Europe. L’argument du lobby industriel favorable à ces nouvelles implantations est la très grave crise financière qui a frappée l’Islande, obligée d’emprunter 4 milliards de dollars à la Russie. Björk voit les choses autrement. Elle l’explique ci-dessous. – FG, Tlaxcala

 

  Björk à Coolplanet à Bruxelles

Coolplanet 2009 : les Nations Unies lancent une campagne d'information publique européenne sur l'environnement

Avec l'initiative intitulée Road to Copenhagen (La Route de Copenhague) dirigée par  Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, Gro Harlem Brundtland, Envoyée spéciale des Nations Unies pour les changements climatiques et Mary Robinson, Vice-Présidente du Club de Madrid, ainsi que la Directrice de l'UNRIC, Afsane Bassir-Pour et Björk.

Bruxelles, le 6 novembre 2008 - L'UNRIC, le Centre d'information des Nations Unies pour l'Europe occidentale a lancé sa deuxième campagne d'information publique européenne, « Coolplanet 2009 », afin de sensibiliser les citoyens aux problèmes environnementaux et de les mobiliser pour soutenir un nouvel accord sur le climat. 2009 est considéré comme une année cruciale pour le combat mondial contre le changement climatique.

La campagne sera annoncée lors d'une conférence de presse animée conjointement par l'initiative Road to Copenhagen et la Présidente de l'ONG Nátturá, la chanteuse islandaise Björk qui est le premier membre de la société civile à rejoindre la campagne CoolPlanet2009. Björk a récemment lancé « Nátturá », un mouvement écologique informel de protection du climat qui a pour but de promouvoir les initiatives économiques écologiques.

La pièce centrale de la campagne sera un site internet qui sera mis en ligne début 2009.

« CoolPlanet2009 » est conçu pour informer et impliquer les citoyens européens, les gouvernements et la société civile en général. Le site internet sera le rendez-vous des idées et hébergera un Mur d'événements où vous pourrez envoyer vos idées et initiatives et voir ce que les autres font, » a indiqué Afsane Bassir-Pour, Directrice de l'UNRIC.

Le site internet comprendra des informations sur le changement climatique et sur la manière dont les individus peuvent agir pour la protection du climat dans leur vie quotidienne.

Lors de la conférence de presse, sera également lancé un partenariat entre l'UNRIC et l'initiative Road to Copenhagen sous la direction de  Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, Gro Harlem Brundtland, Envoyée spéciale des Nations Unies pour les changements climatiques et Mary Robinson, Vice-Présidente du Club de Madrid.

La conférence de presse a lieu en relation avec une importante conférence de « Road to Copenhagen » et un groupe de travail « Dernier arrêt pour agir contre le changement climatique avant Poznan ».

 
L’Islande, une île d’origine volcanique  au paysage unique, est célèbre pour ses geysers, nommés d’après le Geysir, le plus célèbre geyser islandais, dont le nom vient du verbe islandais gjósa (jaillir). Les tentatives d’exploiter financièrement les geysers ne datent pas d’hier. En 1894, le futur Premier ministre d’Irlande du Nord, James Craig, acheta le Geysir, auquel il fit payer l’accès. Sigurdur Jonasson le racheta et l’offrit au peuple islandais. Un comité fut créé pour protéger la faune et la flore du site.

 

Après la débâcle financière, voici maintenant la débâcle environnementale
Ceux qui ont amené l'Islande à demander secours au FMI sont maintenant déterminés à ravager son paysage
Björk

Après une tournée de 18 mois, j'étais heureuse, il y a quelques semaines, de rentrer chez moi, de retrouver la bonne et solide Islande et de profiter d'un peu de stabilité. J'avais fait un concert un peu plus tôt cette année afin de faire prendre conscience des problèmes environnementaux locaux et 10 % de la population du pays1[1] était venue ; pourtant j'avais le sentiment que ce n'était pas suffisant.

Alors quand je suis rentrée, j'ai décidé de contacter des gens dans toute l'Islande, qui avaient tenté de créer des nouvelles entreprises et de mettre en place des manières plus vertes de travailler mais qui n'y avaient pas réussi. Pendant très longtemps, le principal revenu de l'Islande a été la pêche mais lorsque cette activité est devenue improductive, les gens ont commencé à chercher d'autres moyens de gagner leur vie. Les conservateurs au pouvoir pensèrent qu'exploiter l'énergie naturelle de l'Islande et de la vendre à des gigantesques multinationales comme Alcoa et Rio Tinto, allait résoudre le problème.

Maintenant nous avons trois fonderies d'aluminium qui sont les plus grosses d'Europe. Et dans les trois prochaines années, deux autres devraient être construites. Les fonderies auront besoin de l'énergie d'une poignée de nouvelles usines d'énergie géothermale, qui impliqueront la construction de barrages qui nuiront à la nature sauvage immaculée, aux sources chaudes et aux champs de lave. L'énergie de ces champs géothermiques n'est pas renouvelable.

Beaucoup d'Islandais sont contre la construction de ces fonderies. Ils préféreraient développer leurs propres petites entreprises et garder l'argent qu'ils gagnent. Beaucoup de batailles ont été gagnées à ce sujet en Islande. Une des victoires est que le Ministre de l'Environnement a exigé, pour la première fois, qu'une estimation sur l'impact environnemental soit réalisée avant toute construction de fonderies ou de barrages.

Et puis la crise économique a frappé. De jeunes familles se voient menacées de perdre leurs maisons et des personnes âgées, leurs pensions. C'est catastrophique. Il y a beaucoup de colère. Les six plus gros investisseurs capitalistes en Islande sont hués sur les places publiques, dans les émissions de télévision et de radio. Des vois furieuses s'élèvent pour demander que ces investisseurs vendent tous leurs avoirs et qu'ils reversent leurs recettes à la nation. On a découvert que des emprunts énormes avaient été transférés à l'étranger par quelques individus et sans que le peuple islandais soit pleinement au courant. Maintenant, il semble que le pays se retrouve l’obligation de remboursemer ces prêts.

Ce qui rend les gens furieux est que ceux qui sont responsables de cette situation en Islande sont ceux-là même qui essayent de nous en sortir. Beaucoup ici veulent que les responsables se retirent et qu'ils permettent à d'autres d'arranger les choses. La plupart des critiques visent Daviđ Oddsson, qui s'est nommé Président de la Banque centrale après avoir été maire de Reykjavík pendant 19 ans et Premier Ministre pendant 13 ans. Une fois par semaine, une foule se rassemble au centre ville de Reykjavík pour demander sa démission.


Daviđ Oddsson en Premier ministre. Ici, chez W le 6 juillet 2004. Photo Eric Draper, The White House


Daviđ Oddsson en Gouverneur de la Banque centrale. Photo Arnaldur Halldorsson/Bloomberg News

Et puis une attaque choc et très spectaculaire de votre propre Premier ministre est venue nous frapper. Je cite une pétition signée par un dixième de la population : «Gordon Brown a utilisé, sans aucune justification, la loi anti-terroriste contre le peuple islandais pour son seul bénéfice politique. Ce qui a transformé une situation grave en un désastre national... Heure par heure et jour après jour, les actions du gouvernement britannique anéantissent sans distinction les intérêts islandais.»


"Sauvons l'Islande !": avec ce slogan, les opposants aux projets de nouveaux barrages manifestent depuis plusieurs années

 


D'habitude, je ne m'intéresse pas à la politique. Je vis heureuse dans le pays de la création musicale. Mais je me suis retrouvée impliquée car les politiciens semblent déterminés à ruiner le milieu naturel d'Islande. Et j'ai lu, la semaine dernière, que, à cause de la crise, un certain nombre de députés font pression pour que l'estimation sur l'impact environnemental ne soit pas prise en compte afin que les barrages puissent être construits le plus vite possible pour pouvoir donner à Alcoa et Rio Tinto, l'énergie dont ils ont besoin, pour les deux nouvelles fonderies.

L'Islande est un petit pays. Nous avons raté une révolution industrielle et j'espérais qu'on s'en passerait complètement pour aller directement vers des options hi-tech durables. S’il y a quelqu’un qui peut le faire, c’est bien nous. La mentalité islandaise comporte une merveilleuse caractéristique : l'audace. Nous sommes si accro à la prise de risque que ça frise l'inconscience. Dans la création musicale, les contes et la pensée créative, la prise de risque est une bonne chose. Et après avoir découvert un grand nombre de petites entreprises islandaises en expansion, je me suis rendue compte que beaucoup d'entre elles avaient eu cette approche audacieuse que ce soit dans la biotechnologie ou dans la haute technologie.

Les Islandais sont très diplômés dans les sciences high-tech. Nous avons ORF, une des meilleures sociétés de biogénétiques au monde, Össur, un fabricant de prothèses, CCP, un fabricant de jeux électroniques et bien d'autres. Nous avons également beaucoup de docteurs et de professionnels de la santé. Avec ses centaines de piscines à eau chaude naturelles dans toute l'île et sa nature presque intacte (pour l'instant), l'Islande pourrait facilement devenir une immense et luxuriante station thermale où les gens pourraient venir, soigner leurs blessures et se détendre. Si seulement le gouvernement pouvait investir son argent à aider ces entreprises plutôt que de servir Alcoa et Rio Tinto.

La flexibilité est importante : nous devrons vivre avec les trois fonderies d'aluminium que nous avons déjà et essayer de trouver des moyens de les rendre plus écologiques. Mais en avons-nous besoin de cinq ? Dans le passé, avoir tous nos oeufs dans le même panier s'est avéré beaucoup trop risqué, comme nous avons pu le voir quand 70 % de nos revenus rpovenaient de la pêche. Aujourd'hui, nous sommes face à un désastre économique du fait d'avoir tout misé sur la finance. Si nous construisons deux autres fonderies d'aluminium, l'Islande deviendra la plus grande fonderie d'aluminium au monde et ne sera plus connue que par ses fonderies. Et il ne restera plus guère de place pour d'autres activités. Si le prix de l'aluminium chute (comme il est train de le faire), ce sera catastrophique.

L'Islande peut être plus autonome et plus créative et quand même, avoir une approche qui soit plus proche du 21ème siècle que du 19ème. Elle peut construire moins de barrages, plus petits et plus écologiques. Servons-nous de cette crise économique pour devenir complètement renouvelables. Apprenons au monde tout ce que nous savons sur les usines à énergie géothermique. Soutenons les pépinières d'entreprises islandaises. Soutenons les initiatives de base. Il faudra certainement plus de temps pour construire et générer des profits mais on aura quelque chose de solide et stable, qui tiendra le coup indépendamment des cours en montagne russe de Wall Street et des prix volatiles de l'aluminium.

Et ceci aidera l'Islande à demeurer ce qu'elle est fondamentalement : une force de la nature intacte et magnifique.

[1] L’Islande compte 300 000 habitants (NdT)


   Björk se joint aux choeurs des militants et les États européens changent leur refrain sur le climat
 

Jamie Smyth, The Irish Times, 11 novembre 2008

 

AGENDA EUROPÉEN : Faut-il donner la priorité à l'économie ou à l'environnement ? Le débat fait rage en Islande et en Europe.
 

La semaine dernière, la diva de la pop islandaise, Björk, a ajouté une touche de glamour à la conférence de Bruxelles, qui avait pour but de regagner le soutien populaire à un nouvel accord mondial de lutte contre le changement climatique.

 

La chanteuse a fait un discours passionné sur les dommages environnementaux provoqués en Islande par les fonderies d'aluminium et a averti que la crise financière risquait d'inciter les politiciens à accélérer leurs projets de construire plus de fonderies afin d'essayer de contrer le rapide ralentissement économique. « Habituellement, je ne m'intéresse pas à la politique. Je vis heureuse dans le pays de la création musicale. Mais je me suis retrouvée impliquée car les politiciens semblent déterminés à détruire le milieu naturel d'Islande, » a-t-elle déclaré.

 

L'abondance d'énergie thermique a permis à l'Islande de devenir un centre mondial pour l'industrie aluminium, attirant les investissements d'Alcoa et de Rio Tinto. Les trois plus grosses fonderies en Europe sont situées dans le pays, qui a une population de seulement 300 000 habitants.

 

Dans les trois prochaines années, deux autres usines fonctionnant à l'énergie géothermique devraient être construites. « A cause de la crise, un certain nombre de députés font pression pour que l'estimation sur l'impact environnemental ne soit pas prise en compte afin que les barrages puissent être construits le plus vite possible et pouvoir donner à Alcoa et Rio Tinto, l'énergie dont ils ont besoin, pour les deux nouvelles fonderies, » a indiqué Björk qui soutient que les entreprises ont besoin de se tourner vers des options plus durables, qui ne nuisent pas à l'environnement.

 

La campagne de Björk pour l'environnement a attiré des critiques du milieu des affaires islandais, qui se trouve face à des taux d'intérêts de 18 %, à une inflation de 20 % et à un taux de chômage de 10 % ,à cause de la crise financière affectant le pays.

 

« L'industrie de l’aluminium emploie plus de 1500 personnes et pour chaque couronne islandaise de revenu généré, 30 à 40 % restent en Islande pour payer les salaires, les taxes et l'électricité, ainsi que divers biens et services locaux », a répliqué Jón Steindór Valdimarsson de la Fédération des Industries islandaises, en réponse aux articles récemment publiés par Björk.

 

Le débat en Islande pour savoir s'il faut accorder la priorité à la croissance économique ou à la protection de l'environnement est un microcosme d'un plus large débat qui fait rage en Europe sur la manière dont la crise financière va affecter ses objectifs de la lutte contre le réchauffement climatique. L'an dernier, l'Europe a accepté les objectifs climatiques « 20-20-20 » qui fixent pour l'horizon 2010, une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, une augmentation de 20 % de l'utilisation des énergies renouvelables et une amélioration de 20 % de l'efficacité énergétique. Mais avec le déclin de l'économie européenne, des signes d'hésitation face à ces engagements commencent à apparaître.

 

Lors du sommet de l'Union Européenne le mois dernier, de nombreux États ont vivement protesté en indiquant que les objectifs du paquet énergétique infligeraient trop de charges à l'industrie. L'Italie a déclaré que remplir les objectifs fixés lui coûterait 18 milliards € par an, un chiffre fortement contesté par la Commission européenne.

 

D'autres pays comme l'Allemagne et la République [tchèque ? mot manquant dans l’original, NdR] souhaitent qu'une plus grande flexibilité soit apportée au paquet climat et énergie pour les aider à remplir leurs propres engagements de rejet d'émissions de CO2. 

 

Un accord sur la mise en application des objectifs doit être négocié dans les cinq prochaines semaines restant jusqu’ au sommet des dirigeants de l'UE les 11 et 12 décembre prochain, ce qui inquiète les militants écologistes.

 

« Je suis inquiète au sujet de certaines informations que j'entends à propos des pays européens... comme l'Italie et l'Allemagne dans une certaine mesure, car nous devons comprendre que notre engagement n'est pas négociable. On ne peut se libérer du sauvetage de la planète, » a déclaré l'ancienne Présidente, Mary Robinson, qui a participé à la conférence sur le changement climatique à Bruxelles avec Björk.

 

L'eurodéputée et membre du parti Fine Gael, Avril Doyle, qui est en charge du pilotage d'un élément clef du paquet climat et énergie au sein du Parlement européen, a indiqué qu'il est vrai que certains ministres en Europe agitent le drapeau blanc à cause de l'état de l'économie. « Ils sont simplement en état de choc à cause du déclin rapide, » a-t-elle ajouté. Mais, rappelant la crédibilité de l'UE, elle croit que les objectifs 20-20-20 ne seront pas menacés, particulièrement parce que si les bonnes décisions ne sont pas prises maintenant, le coût des actions futures sera plus élevé.

 

« Le changement climatique doit être la priorité numéro un, encore plus que la crise financière. Nous devons nous souvenir que le paquet énergétique de l'UE et le prochain accord mondial qui succédera à celui de Kyoto n'entreront en vigueur qu'après 2012, » a déclaré Doyle, qui pense qu'une certaine flexibilité sera apportée au paquet final afin de permettre aux 27 États de signer leur engagement.

 

Le gouvernement (irlandais) fait pression pour que les forêts et les herbages soient pris en compte car avec la chute du carbone, les engagements de réduction des émissions de CO2 de 20 % dans les secteurs résidentiels, de l'agriculture et des transports sont difficiles à remplir. L'Allemagne veut garantir que les industries lourdes qui produisent beaucoup de CO2 ne seront pas déplacées en dehors des frontières de l'UE, tandis que la Pologne veut s'assurer que le secteur produisant de l'électricité n'aura pas à augmenter ses prix, suite à un quelconque accord.

 

Mais avec l'économie de l'Europe qui devrait entrer en récession l'année prochaine, les dirigeants européens se trouvent face à la même pénible question qu'affrontent en ce moment, les politiciens islandais. Doivent-ils faire des coupes pour le bien durable de la planète, et certainement sacrifier des emplois et empêcher la croissance à court terme ou alors, doivent-ils remettre à plus tard l'action sur le changement climatique jusqu'à la reprise de l'économie ?

 

Source : Björk joins chorus of campaigners as states change climate tune

Nátturá : la chanson est ici

NÁTTURÁ

Nouveau titre de Björk

Participation de Thom Yorke (Radiohead), Brian Chippendale (Lighting Bolt), Matthew Herbert & Mark Bell.

Toutes les recettes du morceau seront reversées à l'ONG Nátturá.                                       

ECOUTEZ – ACHETEZ – SOUTENEZ

Le titre Nátturá de Björk est sorti et est maintenant disponible ici ! et sur iTunes ! Toutes les recettes de ce morceau seront reversées à l'ONG Nátturá sur ce site.

Le titre est désormais disponible et nous avons également mis en place une page pour vos dons à l'association Nátturá.

Le titre a été spécialement composé afin d'apporter un soutien actif à l'association Nátturá, destinée à réunir et offrir des options durables et écologiques à l'Islande et à générer des moyens alternatifs d'utilisation de ses ressources naturelles. Sur le site internet, les gens pourront proposer leurs idées pour des lieux de travail durables et écologiques pour les Islandais.

Selon Björk, «il est désormais plus important que jamais de mettre l'accent sur le respect de la nature... Je crois que les profits, les avances technologiques et des activités en collaboration avec la nature peuvent tous être réalisés ensemble. Nul n'a besoin d'être sacrifié au détriment des autres.»

Le nouveau titre est écrit et produit par Björk avec la participation de Thom Yorke du groupe Radiohead pour les choeurs, de Brian Chippendale (Lighting Bolt) à la batterie, de Matthew Herbert au synthé/basse et Mark Bell pour les rythmes électroniques additionnels.  S'ouvrant sur un immense tourbillon élémentaire, Nátturá s'échauffe dans un rythme tribal, violent et incendiaire. Avec ce morceau, Björk est résolument en marche pour célébrer sa patrie, dans l'espoir que les Islandais utilisent son énergie de manière durable.

De plus, une énorme conférence sur le développement durable aura lieu à Reykjavík, animée par nattura.info et l'Université de Reykjavík, comme l'indique ce communiqué :

Groupe de travail sur les moyens alternatifs d'utiliser les ressources naturelles et humaines de façon durable

Depuis des années, des tentatives variées ont été faites dans tout le pays pour trouver de nouveaux moyens d'utiliser les ressources naturelles et humaines, différemment de ceux utilisés par les multinationales. Ces tentatives innovantes ont conduit à une grande variété d'options et ont sensibilisé les Islandais sur leurs responsabilités envers leur environnement. Cependant, pour différentes raisons, ces tentatives ont été peu prises en compte et il y a rarement eu assez de suivi aux nombreuses idées avancées. Il y a eu une nette désunion entre, d'un côté, les projets prometteurs et leur mise en application audacieuse, et de l'autre, les investissements et les réseaux utiles pour les générer. Dans ces périodes difficiles, lorsque les gens essayent désespérément de trouver des alternatives aux excès des multinationales, bâtir des ponts entre des domaines d'intérêts dissemblables est indispensable.

Le nouveau morceau de Björk Guđmundsdóttir, Nátturá, composé spécialement pour soutenir activement une approche plus écologique de l'utilisation des ressources naturelles de l'Islande que celle proposée par des parties indifférentes et aveugles aux conséquences de leurs actions, sera diffusé pour la première fois sur la Radio Nationale Islandaise (RÚV) et sera en vente sur le site internet, nattura.info. Thom Yorke de Radiohead a assisté Björk dans la production de Nátturá et il y a lieu de penser que la réaction internationale à la chanson sera considérable.

En coopération avec l'Université de Reykjavík et de Klak, un institut de recherche et de conseil pour l'implantation entrepreneuriale (pépinières d'entreprises), avec Frö, l'institut de l'Université de Reykjavik pour les biens publics, Björk Guđmundsdóttir et les développeurs du site internet nattura.info, ont organisé un atelier de discussion public avec les investisseurs et les concepteurs de métiers, les représentants d'associations de développement économique, les universités et avec ces individus prolifiques qui travaillent sur des idées, des établissements et autres innovations dans le domaine du développement durable en autonomie et de la diversité. Des idées sont rassemblées pour l'amélioration du développement et de la promotion d'entreprises de toutes sortes dans la recherche, le développement et la production, allant de la fabrication de lainages aux inventions ultra-modernes dans le secteur de la biotechnologie.

L'objectif du groupe de travail et des autres manifestations parallèles, est de réunir les expériences, les connaissances et l'inventivité des différents secteurs de la société, de soutenir les pépinières d'entreprises et leur développement durable en autonomie, d'ouvrir l'accès aux financements et aux pouvoirs de décision et de générer un dialogue constructif et une invitation à la recherche. La construction de ces ponts aboutira à une interconnectivité publique et un travail de mise au point de plans d'activités étendus pour la création de pépinières d'entreprises en Islande.

Après cet atelier de réflexion à l'Université de Reykjavík, nattura.info animera des séminaires où seront invités des penseurs étrangers et d'où seront générés des ateliers dans tout le pays. Le nouveau site internet, nattura.info va ouvrir un espace dédié à la discussion sur les ressources naturelles de l'Islande, leurs différentes utilisations et sur le développement durable en autonomie. Un groupe de réflexion au sujet des alternatives à l'industrie lourde est également accessible sur ce même site internet.

Les revenus générés par la vente de la chanson de Björk, Nátturá, sont reversés à l’ONG et serviront au développement d'un générateur d'idées.

   Sur la Route de Copenhague

Un article écrit par Mary Robinson, ancienne Présidente de l'Irlande et Membre du Club de Madrid et Margot Wallström, Vice-Présidente de la Commission Européenne. Elles font partie de l'initiative « Road to Copenhagen » (la Route de  Copenhague) qui est à l'origine de la conférence de Bruxelles, qui s'est déroulée il y a quelques jours, et à laquelle Björk et Nattura.info ont participé. Dans cet article, elles expliquent l'urgence qu’il y a à prendre au sérieux la conférence sur le climat de Copenhague en 2009 et à bien la préparer. 


play 

Nous avons environ 2850 jours ou 97 mois pour sauver la planète. Ensuite, selon les « experts en catastrophes climatiques », nous aurons atteint le point critique du changement climatique : après ce point, l'augmentation de la température pourrait dépasser le seuil des 2°C.

Le 6 novembre est un jour où un nouveau genre de conférence sur le changement climatique aura lieu à Bruxelles. Alors, en quoi cette conférence est-elle différente des autres ? Pour commencer, les participants s'accordent à dire qu'il y a une horloge plus importante à regarder que celle sur le mur du bureau. Loin d’être un annonceur de catastrophes, cette horloge nous dit que toutes nos actions actuelles ont désormais une importance. Le changement climatique est une histoire de désespoir et d'espoir. Il peut littéralement nous tuer comme il peut nous sauver. Le changement climatique va nous tester, nous menacer et nous forcer à changer. Et le changement, l'inconnu, est effrayant. Mais il ne l'est pas toujours. Au contraire, nous pensons avoir des raisons d'être optimistes, et même, d'être très optimistes. Car, en fait, nous avons le savoir-faire, les outils, la technologie et l'économie pour réduire le changement climatique et garantir la justice climatique ! Et c'est l'objet de la conférence d'aujourd'hui : le changement est possible. Le protocole de Kyoto se termine en 2012 et la communauté mondiale doit décider d'un nouvel accord à Copenhague en 2009. C'est pourquoi la conférence et l'initiative que nous dirigeons s'appelle « Road to Copenhagen » (la Route de Copenhague). En décembre 2007, le débat a commencé au niveau de l'ONU à Bali et cette année, les négociateurs se rencontreront à Poznan en Pologne (du 1er au 10 décembre).

Nous nous sommes engagés dans cette initiative unique car nous croyons que la politique seule ne peut pas limiter le changement climatique. Comme les gens du monde entier, ce seront nos choix quotidiens et nos demandes directes aux sociétés et aux politiciens, qui décideront de la température. Le changement climatique nous touchera tous, alors nous devons tous avoir le droit d'exprimer nos inquiétudes, nos besoins et nos attentes. Ce débat ne doit pas seulement être réservé à une petite élite de politiciens, d'hommes d'affaires et d'experts. Nous avons besoin d'un débat démocratique sur le réchauffement climatique et sur notre avenir. C'est l'objectif de « Road to Copenhagen » : permettre au plus grand nombre de gens, groupes industriels et société civile, de faire entendre leur voix dans les négociations sur un accord post-Kyoto.

« Road to Copenhagen » est une initiative commune, organisée par le Club de Madrid, Globe Europe et Respect Table. Elle rassemble des gens de tous horizons qui croient qu'un changement et qu'un monde durable sont possibles. L'initiative est basée sur un site internet et interactif et invite chacun à s'impliquer et discuter directement avec les hommes politiques, les ONG et les entreprises.

La rencontre du 6 novembre discutera de l'agenda de la prochaine conférence sur le climat de l'ONU à Poznan. Nous débattrons des objectifs à long terme, des progrès réalisés dans  l'adaptation et la technologie. Un groupe de travail va se concentrer en particulier sur les droits humains, le genre et la justice climatique, une dimension souvent négligée dans le débat actuel de l'ONU. Un débat sur le changement climatique qui se concentre souvent, plus sur les aspects technologiques et économiques et moins sur le contexte humain et social. Cette dimension sera une partie importante du communiqué qui sera élaboré et remis par nous, directement, aux négociateurs de l'ONU à Poznan.

Pourquoi pensons-nous que la dimension humaine est si importante ? En 1820, le Royaume-Uni était le pays le plus riche du monde. Le revenu moyen par personne était trois fois plus important que celui de la plus pauvre région du monde, l'Afrique sub-saharienne. Aujourd'hui, les USA sont le pays le plus riche du monde avec un revenu par habitant qui est environ vingt fois supérieur à celui de la plus pauvre région du monde, qui est toujours l'Afrique sub-saharienne. D'ici 2050, l'augmentation de la population mondiale, estimée à 2,6 milliards, proviendra des régions les plus pauvres du monde. Ces régions n'ont pas de croissance économique convergente, elles sont les plus instables au niveau politique et seront les plus durement touchées par le changement climatique.

Jeffrey Sachs parle du paradoxe entre une économie mondiale unifiée et une société mondiale divisée où le piège de la pauvreté se renforce de lui-même mais ne se corrige pas. C'est une course inquiétante qui forme un « écart de viabilité » et qui doit être arrêté. La lauréate du Prix Nobel de la Paix, Wangari Mathai l'a formulé très simplement : « Il ne peut y avoir de développement durable sans développement équitable ; et il ne peut y avoir de développement équitable sans égalité entre les sexes. » Il est clair que nous ne pourrons pas réduire le changement climatique si nous ne prenons pas en compte la pauvreté et si nous ne garantissons pas la justice climatique.

En fin de compte, atteindre le développement durable et parvenir à une économie faible en émissions de CO2, ne va pas seulement dépendre de l'innovation technologique mais va exiger des innovations de grande envergure au niveau social et politique. N'oublions pas que la technologie n'a pas la capacité d'éliminer la pauvreté, de respecter les droits de l'homme, d'arrêter le réchauffement climatique et de construire une société durable, seul l'homme le peut. C'est l'objectif de l'initiative « Road to Copenhagen », et ce devrait être l'objectif de la conférence climatique de Copenhague en 2009 : la justice climatique pour tous.

Mary Robinson, Membre du Club de Madrid
Margot Wallström, Vice-Présidente de la Commission Européenne 

Source : On the Road to Copenhagen


Source : After financial meltdown, now it's smeltdown

Article original publié le 28/10/2008

Sur l’auteure

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6353&lg=fr

  


DANS LE VENTRE DE LA BALEINE: 16/11/2008

 
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