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18/01/2020
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Shell paye 15,5 millions de $ pour le meurtre de Ken Saro-Wiwa


AUTEUR:  Ed PILKINGTON

Traduit par  Isabelle Rousselot. Édité par Fausto Giudice


Le géant pétrolier Shell a accepté de verser 15,5 millions $ en règlement d'une action juridique dans laquelle la compagnie était accusée d'avoir collaboré à l'exécution de l'écrivain Ken Saro-Wiwa et de huit autres dirigeants de la tribu Ogoni au sud du Nigéria.

Ken Saro-Wiwa in 1993 
Ken Saro-Wiwa en 1993. Photo Greenpeace/AFP

L'accord conclu à la veille du procès devant la cour fédérale de New York, était un des plus gros paiements consenti par une entreprise multinationale, accusée de violations des droits de l'homme.

L'importance du montant  a été considérée par les experts légaux en droits de l'homme comme un pas vers une reconnaissance des responsabilités des entreprises internationales pour leurs actions  environnementales et sociales.

Jennie Green, une avocate qui, avec le Centre des Droits constitutionnels, est à l'origine du procès en 1996, a déclaré : « C'est la première fois qu'une entreprise multinationale est accusée de violations des droits de l'homme et cet accord confirme que les entreprises multinationales ne peuvent désormais plus agir avec la même impunité qu'auparavant. »

L'accord fait suite à trois semaines de négociations intensives entre les 10 plaignants, principalement des  parents des neufs Ogoni éxécutés, et Shell. Le géant pétrolier et sa filiale nigériane, Shell Petroleum Development Company, continuent de rejeter toutes les plaintes à leur encontre, en déclarant qu'ils n'ont joué aucun rôle dans la violence qui a balayé le sud du Nigeria dans les années 1990.

La société a déclaré qu'elle effectuait le paiement en reconnaissance de la tournure tragique prise par les événements dans le pays Ogoni. « Alors que nous étions prêts à aller au tribunal pour blanchir notre nom, nous avons pensé que la meilleure façon pour nous d'avancer était de se concentrer sur l'avenir du peuple Ogoni, » a indiqué Malcolm Brinded, directeur de Shell.

Cet accord marque la fin d'un combat personnel de 14 ans pour Ken Wiwa Jr, le fils du dirigeant exécuté.

Parmi les autres plaignants se trouve Karalolo Kogbara, qui a perdu un bras après s'être fait tirer dessus par des troupes nigérianes quand elle manifestait en 1993 contre la destruction au bulldozer de son village, pour faire place à un pipeline de Shell.

5 millions $ sur les 15,5 millions de $ seront utilisés pour fonder une organisation appelée Kiisi, qui signifie « progrès » dans la langue gokana parlée par les Ogoni, afin de soutenir des projets éducatifs et d'autres initiatives dans le Delta du Niger.

Durant procédure, les familles des neufs Ogoni ont allégué que Shell avait comploté avec le gouvernement militaire pour capturer et pendre les hommes. Shell a été également accusée d'une série d'autres violations des droits de l'homme, y compris de travailler avec l'armée pour provoquer les meurtres et la torture de manifestants ogoni.

La multinationale a aussi été accusée d'avoir fourni à l'armée nigériane des véhicules, des patrouilleurs et des munitions et de l'avoir aidée à organiser des attaques et des opérations de terreur contre les villages.

Les partisans de l'action légale ont déclaré que le fait que Shell ait évité le procès montre que la société était inquiète au sujet des preuves qui auraient été présentées si l'affaire avait été jugée. Stephen Kretzmann, directeur de Oil Change International, a indiqué que Shell « savait que les preuves étaient accablantes pour leur affaire, c'est pour cela qu'ils ont acheté leur sortie du procès. »

Parmi les documents en possession du tribunal new-yorkais se trouvait une lettre de Shell datant de 1994, dans laquelle la compagnie acceptait de payer une unité de l'armée nigériane pour services rendus. L'unité avait récupéré dans le village de Korokoro un des camions anti-incendie appartenant à la compagnie, une action qui selon les rapports de l'époque, aurait causé la mort d'un homme ogoni et deux blessés. Shell a écrit qu'elle effectuait le paiement « en signe de gratitude et de motivation pour favoriser et maintenir une bonne disposition à leur égard en vue de prochaines missions. »

L'implication de Shell dans le Delta du Niger, riche en pétrole, remonte à 1958. La compagnie reste la plus grande entreprise pétrolière au Nigéria, avec 90 champs  de pétrole exploités dans tout le pays. Le peuple Ogoni a commencé son opposition non-violente envers Shell au début des années 1990, sous la direction de Ken Saro-Wiwa et de son organisation, le Mouvement pour la Survie du peuple Ogoni (le MOSOP). Le MOSOP a accusé le géant pétrolier d'être responsable de la destruction de l'écosystème du Delta.

Les experts en droits de l'homme pensent que l'accord aura une portée considérable sur les autres multinationales. Anthony DiCaprio, l'avocat principal représentant les Ogonis, a présagé que cela « encouragerait les entreprises à sérieusement considérer l'impact social et environnemental que peuvent avoir leurs opérations sur une communauté et à prendre en compte l'éventualité d'un procès. »Shell a réitéré son opinion que les exécutions des neufs Ogoni ont été des « événements tragiques ». Elle a indiqué qu'elle avait « tenté de persuader le gouvernement d’alors d'accorder la clémence. »


Source : The Guardian - Shell pays out $15.5m over Saro-Wiwa killing

Article original publié le 9/6/2009

Sur l’auteur

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

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MÈRE AFRIQUE: 13/06/2009

 
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