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22/11/2017
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Ce qui attend les Allemands après les élections

Grande coalition et « effort national »


AUTEUR:  Jutta DITFURTH

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice


Le « duel TV », comme on l’appelle, a réuni le 13 septembre 2009 sur ARD/ZDF/RTL/SAT1 500 journalistes, au coude à coude dans un  grand hall et les yeux rivés sur l’écran géant  montrant Merkel et Steinmeier, puis sur leurs ordinateurs portables ; ils chuchotaient entre eux, comme à un examen mal surveillé. Une fabrique de polycopies d’opinion. 500 journalistes - 500 opinions ? Ou au moins 20 opinions différentes ? S’il vous plaît - au moins sept ?

De la taupinière d’une discussion banale on a fait un Everest. Des journalistes interviewaient d’autres journalistes, qui avaient préalablement interrogé les « spin-doctors » des partis. Des caméras de télévision pourchassaient les déclarations  du « peuple », importunant même les patientes d’une consultation gynécologique hospitalière (ZDF). Mais les spectateurs /trices ne se sentaient pas rassurés et louchaient sur les commentateurs/trices, qui auparavant... Des reflets à l’infini d’images de miroir, une chaîne de fabrication de la pensée dominante.

Pourtant c’est bien clair : après les élections au Bundestag, il y aura une nouvelle Grande Coalition CDU-SPD. Pourquoi ? En dernière instance, CDU/CSU, SPD,  FDP et Verts sont tous des partis bourgeois, partisans de l’État et du capitalisme. On boude encore la Linke (c’est presque son plus grand charme), mais elle aussi attend avidement d’être « intégrée. » Le bloc des partis dominants alterne avec lui-même aux élections.

Comme aux USA, aux époques de crises majeures et de plans antisociaux on a besoin du visage plus souriant et plus progressiste des partis bourgeois. C’est ainsi que s’est formé en 1998 le gouvernement rouge-vert - il fallait faire une guerre (ex-Yougoslavie), satisfaire les riches (réforme fiscale), créer une nouvelle pauvreté de masse (Agenda 2010 et Hartz IV). Qui mieux que le SPD et les Verts auraient pu faire entrer en guerre, mouiller, diviser et calmer la clientèle  verte-alternative et les directions syndicales ? Sûrement pas le FDP et la CDU.

Deux ans avant le début de la crise, en 2006 l’homme le plus riche du monde, Warren E. Buffett, disait au New York Times : « Nous sommes en pleine guerre des classes, c’est vrai,  mais c’est la mienne, celle des riches, qui fait la guerre et qui est en train de gagner.» Il  parlait alors de l’état « normal » du capitalisme avant la crise.

La crise se poursuit. Pas seulement en Afghanistan. Peu après les élections législatives il y aura des licenciements massifs. On a financé le chômage partiel pour éviter que cela n’arrive avant les élections. La crise mondiale rapportera des avantages démentiels et des profits supplémentaires aux fractions du capital qui lui survivront. Elles pourront bouffer leurs concurrents, faire leur butin de notre richesse à tous et voler plus encore de salaire et de droits aux gens apeurés - tant qu’ils ne se défendront pas. Si maintenant venait au pouvoir (mais pas aux commandes, celle-ci restent entre les mains du capital) un gouvernement sans aucune influence sur les directions syndicales ni sur le camp réformiste, il pourrait y avoir des problèmes.

Il est plus avisé (dans l’intérêt de l’État et du capital) de laisser la CDU et le SPD gouverner  ensemble. À eux deux ils peuvent impliquer certaines fractions de ce camp réformiste et les calmer pour empêcher les soulèvements qui menacent et l’humanisation des conditions de vie - ici et ailleurs.



© Reinhold W. Namenek

Des millions de chômeurs. Une pauvreté de masse. Des milliards pour sauver les banques. 10 milliards d’euros rien que pour Opel (Combien d’emplois en échange ?). Parions que bientôt les partis au pouvoir parleront de grands et fatidiques  « efforts nationaux » et chercheront à nous convaincre de nous « serrer la ceinture » car une fois encore nous sommes « tous dans le même bateau » - même si les uns sont aux rames de la galère et les autres sur le pont ou dans le penthouse des armateurs. Les artistes sont autorisés à peindre la galère de vives couleurs, les écolos à la faire verdir, les blogueurs à bloguer.

Voilà dans quel pays nous vivons en 2010 : des millions de nouveaux chômeurs, plus de protection, l’esclavagisme au travail et le vol de notre salaire. Un capital, allemand y compris, qui se livre à  des razzias dans le monde entier. Un « changement » climatique qui met la vie en péril. Un État nucléaire surarmé. Des guerres auxquelles les Allemands participent. Et la sécurité dans un État policier.

Tout ce cirque autour d’un duel télévisé  et toute cette mise en scène de petits conflits électoraux servent à détourner l’attention des gens, à les plonger dans la confusion et à leur ôter toute velléité de contestation. Il nous faut donc un grand chambardement.

 

Barrikadenkampf Alexanderplatz
Berlin, mars 1848


Berlin, janvier 1919

Comment est née et s’est déroulée la crise ? Jutta Ditfurth l’expose dans son livre ZEIT DES ZORNS (Le temps de la colère. Pamphlet pour la justice sociale) München: Droemer Verlag 2009, 272 p.,  16,95 Euro.



Source : www.jutta-ditfurth.de et http://blog.prinz.de/wahl09/2009/09/15/%c2%bbgrose-koaliton-und-%e2%80%9anationale-anstrengung%e2%80%99%c2%ab/ Große Koalition und ‚nationale Anstrengung’

Article original publié le 15/9/2009

Sur l’auteure

Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
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DANS LE VENTRE DE LA BALEINE: 18/09/2009

 
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