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15/08/2020
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Journée mondiale de l'alimentation : l'opinion mondiale ou la la Belle au Bois Dormant


AUTEUR:  Vladislav MARJANOVIĆ

Traduit par  Michèle Mialane


« Mon peuple dort d’un sommeil de mort »
Petar II Petrović-Njegoš
Poète et prince-évêque monténégrin du 19e siècle

Et l’opinion mondiale ? Elle dort, elle aussi, mais de toute évidence pas du sommeil du juste. Il semble bien qu’elle souffre de durs remords de conscience. En vain cherche-t-elle à y échapper. Car les démons qui la tourmentent sont tenaces. Ils ne la lâchent pas. Les mêmes questions reviennent sans cesse : Qu’as-tu fait contre les injustices infligées aux êtres humains ? Luttes-tu seulement contre les fauteurs d’une misère mondialisée qui ne cesse de s’aggraver  au nom de la  croissance économique mondiale? Les nouvelles sont inquiétantes : déjà un être humain sur sept souffre de la faim en ce début du vingt-et-unième siècle. En outre la vague migratoire ne faiblit pas. Toute la structure démographique de l’Occident (apparemment) encore épargné menace ruine. Que va-t-il advenir de l’Occident chrétien, quand déjà on jette les crucifix hors des écoles et autres institutions publiques de la très catholique Italie ? Un galimatias multinational !

Nations, religions, cultures et civilisations, leurs symboles et leurs institutions, tout cela doit certes être pris en compte. Et l’être humain ? Où est-il dans tout cela ? Les chiffres, les statistiques et les paragraphes de lois l’ont si complètement recouvert qu’il n’apparaît pratiquement plus que sous forme de simple curiosité médiatique. Des destins individuels toucheront quelques cœurs sensibles. Qui essaieront même de faire individuellement tout leur possible pour aider ceux qui sont dans la détresse. Mais, comme le disait le poète précité, « peu de bras, peu de force ! » Pour impulser un mouvement, pour que le monde soit plus humain et plus social, il faut de la solidarité. Or, quelque chose va-t-il en ce sens sur notre terre ?

Oui! Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon et le directeur de la FAO, Jacques Diouf ont appelé à jeûner le lundi 16 novembre 2009 en faveur de la lutte contre la famine (croissante). Eux-mêmes jeûneront, ont-ils déclaré. Toute une journée, quand même ! Le Mahatma Gandhi, qui luttait par la non-violence pour la libération de l’Inde et contre l’injustice n’avait pas peur de jeûner jusqu’à la mort. Et il a fait ainsi un peu progresser la société. Les VIP de l’ONU envoient un signal. Pour une journée. Quand même. Ensuite rien ne changera. Le leader révolutionnaire libyen, Mohammed Khaddhafi a déjà invité 500 jolies filles italiennes à « échanger des idées » avec lui, pour 50€ et un Coran. Sans doute des idées sur la famine, dans le droit fil du dicton arabe :«  À vieilles dents, tendre agneau ! » Bon appétit !

Personne n’a élevé d’objections contre une Conférence mondiale sur l’alimentation ainsi conçue. Pourquoi l’aurait-on fait ? Apparemment tout baigne. On jongle avec les chiffres et on verse des larmes de crocodile. Le rituel l’exige. « C’est ma faute, c’est ma très grande faute ! » - Allez en paix ! Après un jour de jeûne et deux jours gras  avec des repas fastueux dans des hôtels pas vraiment bon marché, le show prendra fin. À la prochaine fois. Bonne nuit.

Mais la nuit ne semble pas si bonne. Est-ce à nouveau votre conscience qui vous tourmente ? D’accord, on s’est bien amusé à la Conférence mondiale sur l’alimentation. Mais qu’arriverait-il si quelqu’un osait, au lieu de prédire le nombre de gens qui mourront dans les années qui viennent par suite de la croissance de la famine, exiger des comptes de tous les suppôts du système économique néolibéral ou une action concrète visant à l’abolir et à le remplacer  par un ordre social plus humain et plus juste ?

Rome n’a pas cloué au pilori, à l’occasion de la Conférence mondiale de l’alimentation, la moindre institution financière, une quelconque multinationale. Cela va de soi. Les experts du camp alternatif n’avaient pas été invités. On reste entre soi, et comme dit le proverbe, les loups ne se mangent pas entre eux. Mais où donc était  l’opinion publique ? Les organisations alternatives, les partis de gauche, les institutions religieuses, les intellectuels ? Personne n’a bougé le petit doigt. Mon peuple dort, mais pas du sommeil de la mort, d’un sommeil tourmenté par la mauvaise conscience. C’est mieux, quand même, car il est temps de se lever et d’agir.


Source : l'auteur-Der Dornröschenschlaf der Weltöffentlichkeit anläβlich des Welternährungstages

Article original publié le 24/11/2009

Sur l’auteur

Vladislav Marjanovic est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Michèle Mialane est membre. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9345&lg=fr

 


DANS LE VENTRE DE LA BALEINE: 24/11/2009

 
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