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19/01/2020
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Esprit de 05, es-tu là ?

La fille aux yeux de biche et le doudou- Conte autrichien contemporain


AUTEUR:  Vladislav MARJANOVIĆ

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice


« Croyez en cette Autriche-là !»
Leopold Figl, premier chancelier fédéral de la  IIème République d’Autriche
Allocution radiophonique de la veille de Noël 1945

Il était une fois il n’y a pas si longtemps (au début du 21e siècle) une petite fille aux beaux yeux de biche.
Elle était née dans un lointain pays, au cœur des montagnes des Balkans, qui avait beaucoup souffert d’une guerre ethnique et de bombardements étrangers (y compris à l’uranium appauvri). À la fin de la guerre, la patrie de la petite fille était en si mauvais état que de nombreuses familles durent s’exiler. Le père de la petite fille était de ceux qui se mirent en route pour l’Occident chrétien. Il espérait y trouver une vie meilleure pour lui et sa famille.

Le père quitta donc sa patrie et se retrouva en Autriche au mois de mai 2001, bien sûr illégalement. Comment aurait-il pu faire autrement : la forteresse Europe commence aux frontières autrichiennes. Un rideau électronique protège ce monde encore épargné de la déferlante migratoire. Car des hommes venus de l’Est et du Sud pourraient bien être des délinquants, des dealers, voire - Dieu nous en préserve !- des terroristes ! N’a-t-on pas vu ce qui s’est passé le 11 septembre 2001 aux USA ?

Mais c’est précisément alors que le père a déposé un demande d’asile. Les autorités autrichiennes n’en croyaient pas leurs yeux. Cet homme a-t-il tout son bon sens ? Le Kosovo, sa patrie, n’est plus en guerre. La communauté internationale, la KFOR et même les soldats US de la base Bondsteel protègent son pays. Et comment ! Nulle part ailleurs en Europe les USA n’ont établi de base militaire forte de 5000 hommes. Une demande d’asile émanant d’un pays aussi sécurisé, c’est de la folie. Un an plus tard le verdict tombe : rejeté.

Mais Devat Zogaj, le père, n’abandonne pas. Il fait venir sa famille en Autriche et refait une demande d’asile. Celle-ci aussi est rejetée. Débutent alors des années de lutte contre les institutions.

Entre temps la petite fille aux yeux de biche croissait en force et en sagesse dans son nouveau pays. Elle alla à l’école, apprit l’allemand et s’intégra parfaitement dans la société autrichienne. Son père aussi trouva un travail en Autriche, et ses collègues autochtones l’acceptèrent fort bien. Mais les autorités ne chômaient pas. La loi est la loi, et comme seule une dure loi est une vraie loi, pas question de prendre en compte les principes humanitaires.


Un des rassemblements hebdomadaires de Mariage Sans Frontières

En Autriche la législation est dure. C’est une tradition qui date de plusieurs générations. Le gouvernement noir-bleu (ou orange), qui était au pouvoir durant les premières années du 21e siècle n’y dérogeait pas. Pour ces messieurs  et dames du Ministère de l’Intérieur, la loi prime sur l’humanité... On expulsait des conjoints ne possédant pas la nationalité autrichienne, même s’ils vivaient en Autriche depuis des années et avaient des enfants. Tous les mercredis l’organisation Ehe ohne Grenzen (« Mariage Sans Frontières ») organisait des manifestations devant le ministère de l’Intérieur, mais personne ne bougeait. Même le Président, d’après la Constitution « la plus haute instance morale» du pays, ne se montra pas disposé à s’attaquer à ce problème. Les Églises ne prenaient pas parti.Y compris la plus importante, l’Église catholique. Il semblait que ces mariages binationaux et le droit de séjour fussent moins importants pour elle que la contraception, les crucifix dans les écoles ou un livre du caricaturiste Gerhard Haderer qui n’était pas du goût de la hiérarchie. Seule une plainte déposée devant la Cour constitutionnelle  fit naître un léger espoir qu’on accorderaitt peut-être à la famille Zogaj un permis de séjour pour raisons humanitaires.


Défilé de mode organisé par Mariage Sans Frontières

Cet espoir fut vite déçu. La nouvelle coalition gouvernementale, formée cette fois-ci par les sociaux-démocrates et les conservateurs du Volkspartei (Parti du peuple, NdlT) se montra plus inflexible encore que la précédente envers la famille Zogaj. En septembre la police voulut procéder sans autre forme de procès à l’expulsion de la famille. Seule la mère Nurije, gravement malade, est autorisée à rester. Arigona, l’enfant aux yeux de biche, qui a atteint entre temps ses quinze ans, disparaît. De sa cachette elle lance un appel dramatique : si on l’expulse, elle se suicide !

La menace fait son effet- sur les médias. Ils y trouvent un sujet passionnant, capable de tenir le public en haleine, et donc une source de profits. Qu’arrivera--il à la courageuse jeune fille ? Sera-t-elle ou non expulsée? L’opinion publique se posait la question nuit et jour, et c’était tout. Seul le curé Josef Friedel fit quelque chose de concret : il cacha Arigona chez lui.

La famille Zogaj était désormais déchirée. Les gardiens de la Loi avaient remporté une victoire partielle. En tout cas du point de vue politique et juridique. Il est juste et honnête de défendre la loi, même en lui sacrifiant l’humanité. Donc pas de sentimentalité petite-bourgeoise, s’il vous plaît. Il faut faire un exemple, sinon d’autres immigrantes aux yeux de biche pourraient suivre l’exemple d’Arigona Zogaj. Et alors, qu’adviendra-t-il de l’Autriche ? Cela cause bien du souci à Heinz-Christian Strache. Cette étoile montante du populisme d’extrême-droite s’en inquiète sur ses affiches électorales. Nous allons droit vers un pays en plein déclin, hérissé de minarets.

Le message est clair. Il attise la xénophobie. C’est bien sûr interdit.Pas seulement par la loi, mais en vertu de conventions internationales. Cela valut donc de sévères réprimandes à Strache, même de la part  des instances suprêmes.Mais de poursuites contre lui-même ou son parti, le bleu FPÖ, il ne fut pas question.Est-ce une bonne politique que de poursuivre un parti pour lequel vote déjà un Autrichien sur six ? Demain il y en aura peut-être davantage. Chaque pierre qu’on lui jetterait pourrait avoir un effet boomerang. Les scandales de la République, spéculations avec les fonds des assurances  sociales, des syndicats, du chômage et des banques lui lient les mains. Il ne s’agit en fin de compte pas du pays, mais du pouvoir sur le pays.

Officiellement la loi est la même pour tous, mais elle n’est dure que pour les plus faibles. Une mineure doit expier la faute de son père. La génération suivante endosse la responsabilité des erreurs de ses parents.  Le principe de la faute collective, comme au bon vieux temps du totalitarisme. Oubliés depuis longtemps, les beaux discours tenus à la fin des années 80 dans le cadre de  la CSCE à Vienne en faveur du regroupement des familles déchirées par le rideau de fer. Mieux vaut aussi ne pas trop rappler que les Autrichien-ne-s émigraient en grand nombre il y a cinquante ans.

À un moment pourtant l’espoir sembla revenir pour la famille Zogaj. Fin 2008 l’Autriche change de politique. On prend un nouveau cours : le doudou remplace la froideur. Les deux doudous de tête, le chancelier social-démocrate Faymann et son vice-chancelier Josef Pröll, de l’ÖVP (Österreichische Volkspartei, Parti du peuple autrichien, NdlT) donnèrent l’impression que leur doudouteuse chaleur pourrait profiter même à ceux qui sont dans la détresse. Même la famille Zogaj pourrait voir la fin de ses tourments. Ce serait même une urgence, car le père a été expulsé vers le Kosovo dès septembre 2007 avec trois de ses enfants. Le sort de la famille s’est encore aggravé lorsque le père a disparu. Les enfants sont restés livrés à eux-mêmes dans une misère totale,  dans une maison sans eau ni électricité. Merci entre autres aux autorités autrichiennes. La mère malade, désespérée, restée en Autriche avec sa fille Arigona, a fait une tentative de suicide. Les frères et  sœurs de celle-ci sont venus en Autriche pour la consoler. Illégalement. Il ne pouvait en aller autrement, parce que depuis la disparition du rideau de fer le regroupement familial est devenu un crime.

Pourtant la politique doudou éveillait en Autriche l’espoir de voir la chaleur humaine venir à bout des lois inhumaines. C’est pourquoi la famille Zogaj a déposé de nouvelles demandes d’asile lorsque le gouvernement doudou a pris les rênes en Autriche. Apparemment on l’avait (volontairement ?) mal conseillée. Les demandes ne furent pas déposées au nom du père, mais individuellement. Hélas, un mois plus tard la froideur habituelle était déjà de retour. En janvier 2009, la Ministre de l’Intérieur, Maria Fekter déclara, au bord de la crise de nerfs : « C’est mon travail de faire appliquer les lois, même si deux yeux de bichette aux abois me fixent à travers mon écran de télévision! » D’une mère de trois enfants, qui se réfère parfois aux valeurs chrétiennes (dont le maintien du groupe familial), on aurait attendu autre chose. Mais du haut d’un fauteuil ministériel le monde a un autre aspect que vu par ceux qui sont dans la détresse. Peut-être en serait-il allé autrement si Madame la Ministre avait rendu visite à ceux-ci. S’il faut en croire les Évangiles, c’était ainsi que faisait le Christ. Mais le Christ, c’est le fils de Dieu. Madame Fekter est seulement ministre et membre d’un parti qui défend les valeurs chrétiennes (dont la famille). Ça fait  tout de même une différence.


Maria Fekter, par
Oliver Schopf, Der Standard, Vienne, 13/6/2009

Le doudou rouge, lui, qui a l’air si doux et si mignon quand on le voit à la télé, déclarait encore  dans une interview accordée aux « Salzburger Nachrichten («Les nouvelles de Salzbourg », NdlT ) le 18 juillet 2009 qu’il était pour accorder un permis de séjour à Arigona. S’y est-il tenu ? NPN. Le 13 novembre il nous informait via le « Kurier » [Courrier, un tabloïd] que  « Nous ne fermons pas les yeux sur ce qui ne va pas. Mais ceux qui après plusieurs refus d’asile continuent à le demander ou à se soustraire à l’expulsion doivent compter avec une réaction claire de l’État de droit. » C’est la lutte finale, peuples, comprenez bien* !

Les intéressé(e)s ont bien entendu et compris. Maintenant des bruits courent : la mère menace de se suicider, entraînant même ses propres enfants dans la mort. La Ministre de l’Intérieur n’en déclare pas moins avec une parfaite bonne conscience le 17 novembre au Journal de midi de l’ORF (Radio autrichienne) : « On n’a jamais pu obtenir un retour volontaire parce que cette Madame Zogaj est complètement traumatisée et qu’elle préfère en tirer parti pour rester en Autriche. » Ah, « cette Madame Zogaj »...

La parole est maintenant au Tribunal pour le droit d’asile. La sentence est attendue dans deux semaines. Pas facile de décider entre son cœur et la loi. La plupart des politiciens veulent être débarrassés de l’affaire. L’opinion publique n’est plus aussi favorable qu’avant. La pression politique opère du haut vers le bas. Donc : «  Les étrangers, dehors ! »

Ô toi, pauvre pays des montagnes, pays le long du fleuve**, gouverné par des nains politiques venimeux, qui intoxiquent l’opinion et au nom de la justice agissent contre les principes de la simple humanité !  Leur intelligence obscurcie par les textes de loi les rend incapables de comprendre que la patrie d’un enfant n’est pas l’endroit où il est né, mais celui où il a grandi. Expulser ces enfants en vertu de raisons juridiques équivaut à un double meurtre : on tue le bonheur d’un individu et  on prive le pays d’une personne qui aurait pu apporter par son travail  éclat et honneur à sa partie  de facto. Chaque soldat porte dans sa besace un bâton de maréchal, a prétendu jadis Napoléon [cf. NdlT en bas de page]. Disant cela il ne pensait ni à ses compatriotes ni à une élite. Mais Napoléon n’avait rien d’un bureaucrate. Autrefois l’Empereur François-Joseph, le premier fonctionnaire de son Empire, avait coutume de dire « Rien ne m’aura été épargné !» - et de ne pas bouger le petit doigt. Le premier apparatchik de la République fera-t-il de même ? À voir...

Pendant ce temps le poison populiste fait son effet. Les voix hostiles à la jeune fille aux yeux de biche, aux étrangers, voire aux autres peuples font leur chemin. La revue « Krone » [La Couronne,tabloïd, Ndlt], faiseuse de gouvernements, donne le ton. Déjà on marche au pas en direction du passé et de la Heldenplatz [Place des Héros à Vienne, où le bon peuple viennois rendit un hommage vibrant et massif au Führer, NdE], où une foule jamais vue jusque-là s’est un jour rassemblée. Sous la poussée de la marée humaine les barrières ployaient, les arbres cassaient et les gorges étaient enrouées d’avoir trop crié : « Heil ! Heil ! Heil ! » Des lois et une main de fer peuvent apporter aux hommes un peuple, un Reich et... le malheur. Va-t-on encore s’étonner que la  fille aux yeux de biche, en dépit des Autrichiens et Autrichiennes qui la soutiennent, ait perdu toute confiance en ses concitoyen-ne-s de facto et croie de moins en moins à cette Autriche-là ? Mais la fille aux yeux de biche n’y est pour rien. Elle ne peut qu’assister à l’évolution de la situation.

Les groupes qui jugent inhumaine l’expulsion de la famille Zogaj gardent le silence. En novembre 2007 les Verts avaient organisé une grande manifestation relative au « cas Zogaj ». Elle a sûrement contribué à retarder l’expulsion.  Mais les Verts remonteront-ils sur les barricades ? Jusqu’ici rien ne l’indique. Toutefois, le 13 novembre dernier, une plainte pour abus de pouvoir a été déposée contre le Ministère de l’Intérieur et l’Office fédéral pour les réfugiés pour avoir divulgué sur la famille Zogaj des données visant à la discréditer. C’est au moins ça. Les autres institutions politiques, culturelles ou éducatives n’en ont pas tant fait, sans parler des associations ou des Églises. Pas de veillées aux chandelles, pas de sit-in, pas de prières, pas de grèves en vue. On va manquer l’occasion d’exprimer, dans le soutien à une cause humanitaire individuelle, une solidarité qui transcende les clivages  politiques, religieux, nationaux et ethniques.

Comment finira l’histoire ? Des apparatchiks de la politique conscients de leurs devoirs  feront-ils une fois de plus la preuve qu’ils sont les dignes fils et filles de leurs prédécesseurs d’une certaine année, qui ont détruit sans états d’âme des familles qui ne « rentraient » pas dans leur système, ou auront-ils le courage de refuser d’appliquer des lois contraires à l’humanité ? Arigona et sa mère auront-elles recours au pire : le suicide, pour contester une société inhumaine, qui, au lieu de les secourir dans leur détresse, les y enfonce ?

Peut-être certains le souhaitent-ils. Ils seraient  débarrassés de cette affaire. Les morts ne changent pas le monde. Seuls les vivants en sont capables. Mais ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent et cette lutte n’a de sens que si elle est menée en vue d’un monde plus humain, plus solidaire et socialement plus juste. Les coups du sort peuvent vous anéantir, ils peuvent aussi vous donner la force de combattre l’injustice. Peut-être en ira-t-il ainsi de la fille aux yeux de biche, jusqu’ici douce et désespérée. Ne dit-on pas en Orient : «  Ne méprise pas le jeune animal sans défense, c’est peut-être un petit de lion ? » Tous les animaux politiciens, même les doudous, seraient bien avisés de prendre garde et de se calmer s’ils ne veulent pas avoir bientôt de mauvaise surprise, car Arigona n’est pas un cas isolé. Le cœur d’un lion s’éveille de plus en plus chez les jeunes intelligences, car non seulement elles ne croient plus à cette Autriche-là, mais encore elles ne croient plus à ce monde-là. Et elles ont bien raison.


Entre temps quelque chose a bougé : Agenda 2020, le Forum pour les Empêcheurs de penser en rond, Non-conformistes, visionnaires, Philosophes de poche  etc. a lancé le 15 novembre 23009 une pétition en faveur d’Arigona Zogaj. Le 20 novembre à 10 heures cette « Pétition au Président relative aux migrations » avait recueilli 2 404 signatures. Le 17 ,novembre la revue viennoise des migrants, « Biber » [Castor, NdlT], a publié une lettre ouverte à la Ministre de l’Intérieur, Maria Fekter, portant sur le cas Zogaj. Elle  était signée de plusieurs collaborateurs/trices de diverses institutions scientifiques autrichiennes, allemandes et US.  Selon toute apparence, l’esprit de 05 [groupe de résistance antinazie] est de retour et avec lui  la disposition à lutter pour une Autriche plus humaine et un monde plus juste.

NdE
*Ici, un jeu de mots intraduisible : C’est la lutte finale, début du refrain de L’Internationale, se dit en allemand Völker hört die Signale! , litt. Peuples, entendez le signal.

** Allusion au premiers vers de l’hymne national autrichien : Land der Berge, Land am Strome

 Note de la traductrice

Cher Vladi,

Dommage que ta citation de Napoléon défigure ce très beau texte. À mes yeux (et désormais ceux d’une majorité de mes concitoyens), Napoléon n’était qu’un chef de guerre, un des plus effroyables bouchers que la terre ait porté. Du reste, même mes compatriotes (continentaux) d’alors l’appelaient « l’Ogre de Corse ». Quant à la citation, Francis Lemarque, chanteur-compositeur (et résistant français durant la Deuxième guerre mondiale), en a fait justice dans une de ses chansons (interdite en 1950, mais en France interdire c’est faire de la pub) :

Quand un soldat s’en va-t-en guerre il a

dans sa besace un bâton de maréchal

Quand un soldat revient de guerre il a

dans sa besace un peu de linge sale

Quand un soldat revient de guerre il a

Simplement eu d’la chance et puis voilà (ter)


Source : Die Rehäugige und das Kuscheltier-Ein zeitgenössisches Märchen aus „diesem“ Österreich

Article original publié le 28/11/2009

Sur l’auteur

Vladislav Marjanovic est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

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DANS LE VENTRE DE LA BALEINE: 28/11/2009

 
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