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18/01/2020
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HAITI-Pays sans filet


AUTEUR:  Tracy KIDDER

Traduit par  Fabien Marius-Hatchi


Illustration de Daniel Stolle
Daniel Stolle

Ceux qui connaissent un peu l'histoire d'Haïti pourraient avoir regardé les informations hier soir en pensant, comme je l'ai fait pendant un moment :  “Un tremblement de terre ? Quoi d’autre après ? La malheureuse Haïti est décidément maudite”.

Mais alors que les tremblements de terre sont des phénomènes naturels, l’extrême vulnérabilité aux tremblements de terre est, elle,  d'origine humaine. Et l'histoire de la vulnérabilité d'Haïti aux catastrophes naturelles – aux inondations, à la famine et aux maladies ainsi, donc, qu’à ce terrible tremblement de terre - est longue et complexe, mais son origine semble suffisamment claire.

Haïti est un pays créé par d'anciens esclaves, par des captifs d’Afrique de l'Ouest, qui, en 1804, lorsque l'esclavage était toujours florissant aux États-Unis et dans le reste de la Caraïbe, se libérèrent de leurs cruels maîtres français et créèrent leur propre république. Les Haïtiens ont été punis depuis pour avoir réclamé leur liberté : par les Français qui, dans les années 1820, demandèrent et obtinrent paiement des Haïtiens pour l'ancienne colonie esclavagiste, appauvrissant le pays pour les années à venir ; par une occupation américaine, globalement brutale, de 1915 à 1934 ; par une mauvaise administration autochtone que le gouvernement américain a aidée et soutenue. (Dans les années les plus récentes, les administrations américaines sont passées d’un schéma de promotion à celui de sape de la démocratie constitutionnelle en Haïti.)

D'où l'état actuel des choses : au moins 10 000 organisations privées effectuent des missions prétendument humanitaires en Haïti, mais celle-ci reste un des pays les plus pauvres du monde. Une partie des fonds sur lesquels s’appuient les organisations caritatives privées provient directement du gouvernement des États-Unis, qui a insisté pour qu'une grande partie de cette aide retombe dans des poches américaines - pour un pourcentage plus élevé que celui de tout autre pays industrialisé.


L’aide coule sur HaÏti
Baqi,
Echorouk, Algérie

Mais ce n'est qu'une partie du problème. Dans le domaine de l'aide internationale, beaucoup d'efforts, passés et présents, semblent avoir été condamnés dès le départ. Il y a les nombreux projets qui semblent avoir été conçus non pour servir les Haïtiens pauvres, mais plutôt les intérêts des personnes qui administrent lesdits projets. Plus important encore, beaucoup d'organisations semblent être dans l'incapacité - et certaines semblent tout simplement refuser – de créer des partenariats avec d’autres organisations ou, plus crucial encore, avec le secteur public de la société qu'ils sont censés servir.

L'excuse habituelle, qu’un gouvernement comme celui d'Haïti est faible et souffre de corruption, ne tient pas – c'est une raison de plus, au contraire, pour travailler avec le gouvernement. Le but ultime de toute aide à Haïti devrait être le renforcement des institutions, de l’infrastructure et de l’expertise haïtiennes.

Cette semaine, la liste des choses dont Haïti a besoin, des choses comme des emplois, de la nourriture et du reboisement, s’est soudainement encore plus allongée. Le séisme a frappé principalement la capitale et ses environs, soit la partie la plus densément peuplée du pays, où des organisations comme la Croix-Rouge et les Nations Unies ont leur siège. Un grand nombre des endroits – y compris l’hôpital central - qui auraient pu être utilisés pour secourir les sinistrés sont maintenant eux-mêmes des zones sinistrées.

Mais il existe des organisations d'aide effective qui travaillent en Haïti. Au moins une n'a pas été paralysée par le séisme. Partners in Health, ou Zanmi Lasante en créole haïtien, a été le principal fournisseur de soins de santé dans les zones rurales d'Haïti. (Je siège au comité de développement de cet organisme.) Il exploite, en partenariat avec le Ministère haïtien de la santé, quelque 10 hôpitaux et cliniques, tous loin de la capitale et tous encore intacts. À la suite de cette catastrophe,  Partners in Health est probablement devenu tout simplement le plus important fournisseur de soins de santé encore debout dans tout Haïti.Stand With Haiti

Heureusement, il offre aussi un solide modèle d’indépendance - un modèle où seule une poignée d'Américains est impliquée dans les opérations quotidiennes, et où ce sont les Haïtiens qui mènent eux-mêmes le bal. Des efforts comme celui-ci pourraient être un moyen pour Haïti, alors qu’elle se reconstruit, de renouveler la promesse de sa révolution.



Source :  - Country Without a Net


Article original publié le 13/1/2010

Sur l’auteur

Fabien Marius-Hatchi est rédacteur du blog Lidejis  et ami de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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AU SUD DE LA FRONTIÈRE: 21/01/2010

 
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