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18/06/2010
 
La Conférence est prévue à Gijón et à Madrid du 18 au 21 juin 2010

Le gouvernement espagnol veut interdire la « Conférence Internationale de la Résistance Politique Irakienne : Irak, souveraineté et reconstruction démocratique »


AUTEUR:   CEOSI

Traduit par  Esteban G. Editado por Michèle Mialane


Aujourd’hui 28 mai 2010, le Ministère espagnol des Affaires Étrangères et de la Coopération a fait parvenir un communiqué à la Campagne dans l’État espagnol contre l’Occupation et pour la Souveraineté de l’Irak (CEOSI) : « (…) l’impossibilité d’apporter quelque soutien que ce soit » aux travaux prévus à Gijón et à Madrid entre le 16 et le 21 juin dans le cadre de la Conférence Internationale de la Résistance Politique Irakienne : Irak, souveraineté et reconstruction démocratique [1]. La CEOSI entend par cette surprenante décision, que le Gouvernement espagnol empêche (et de facto interdit) l’organisation des travaux tels qu’ils avaient été initialement programmés [2], s’exonérant brusquement de ses engagements pris avec ses organisateurs.

 
De fait, la CEOSI exprime :
 
1. le non respect de l’accord signé entre la CEOSI et le Ministère espagnol des Affaires Étrangères et de la Coopération au sujet de cette initiative, dans lequel les autorités espagnoles s’engageaient également à faciliter l’octroi de visas aux irakiens participants à ces travaux prévus.
 
Depuis le mois de septembre, au cours de leurs multiples contacts avec les responsables du ministère, les interlocuteurs de la CEOSI ont informé, sans aucune ambiguïté, le gouvernement espagnol du contenu et des objectifs de l’initiative, et fournil’identité détaillée de chaque participant irakien. À la demande du ministère espagnol des Affaires Étrangères et de la Coopération, la CEOSI a accepté de repousser la date de la Conférence prévue – du 12 au 14 mars – à une date ultérieure redéfinie au mois de juin. Le ministère avait alors ratifié son engagement de faciliter la délivrance des visas sollicités par la CEOSI par le biais des Ambassades espagnoles à Amman, Damas et Bagdad.
 
Au cours de ces derniers mois, la CEOSI n’a rien caché, rien changé ni rien modifié au contenu et aux objectifs de la Rencontre à Gijón et auxtravaux qui doivent se dérouler à Madrid. Comme prévu avec le ministère, la CEOSI a sollicité le 7 mars auprès des Ambassades concernées les visas pour les participants irakiens, certains d’entre eux ont été délivrés très rapidement.
 
C’est pourquoi il est difficile de comprendre qu’à moins d’un mois de la date prévue pour la Rencontre, un ministère de gouvernement d’un pays souverain change si rapidement d’avis, sauf s’il a cédé à des pressions venues de l’extérieur. Le 21 mai, un appel téléphonique de la sous-direction générale du Moyen Orient du ministère – appel aujourd’hui confirmé par un message laconique – informait la CEOSI d’un tel revirement.
 
2. Elle déplore que le changement d’attitude du Gouvernement espagnol, entrave ou ajourne ce qui aurait pu être une contribution inestimable pour parvenir à une solution négociée, démocratique et positive pour l’Irak. Un important contingent de représentants des courants du camp anti-occupation devaient participer aux rencontres prévues en Espagne. Ils étaient entourés d’intellectuels et de militants irakiens, de personnalités internationales, et de représentants d’organisations européennes et des USA. Les grandes lignes du communiqué final, qui devait être ratifié et présenté à Gijón, aurait apporté une contribution notable à cet objectif : présenter pour la première fois, de façon unitaire et publique, l’engagement pour une reconstruction démocratique de l’Irak et la condamnation du terrorisme.
 
Le gouvernement espagnol empêche l’entrée en Espagne de ceux qui font partie intégrante de la solution à la grave crise que l’Irak est toujours en train de vivre. La majorité de la société irakienne veut exprimer ses réelles attentes pour récupérer son entière souveraineté et en finir avec le système sectaire et régressif entretenu depuis l’occupation de 2003. Vouloir empêcher un futur pour l’Irak n’aura comme résultat que de créer plus de frustrations et plus de violence. En agissant ainsi, les responsables des ministères démontrent qu’ils nient l’évidente dérive actuelle de l’Irak et s’engagent de nouveau avec un régime qui bat les records internationaux de violations des droits de l’homme et de corruption, et qui est soumis aux diktats des intérêts régionaux de pays tiers, basés sur des critères régressifs dogmatiques et maintenus par la violence sectaire. Aucune reconstruction souveraine et démocratique de l’Irak ne pourra avoir lieu dans de telles conditions.
 
3. Une nouvelle demande a été adresséeau ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération pour, premièrement, qu’il garantisse la sécurité à tous ceux qui ont déjà obtenu les visas d’entrée en Espagne à leur retour dans notre pays; deuxièmement, qu’il exige du gouvernement actuel irakien de lever ses accusations de « soutien et financement à la violence » [3] contre les participants irakiens à la Conférence. De telles accusations mettent le gouvernement espagnol dans une situation compromettante, étant donné qu’une bonne partie des citoyens irakiens qui devaient se rendre en Espagne au mois de juin, avaient déjà obtenu –certains d’entre eux à diverses occasions – le visa d’entrée en Espagne depuis 2005 ; dans d’autres cas il s’agit de déplacements au titre de responsabilités publiques dans les institutions régionales actuelles ou bien de représentants communautaires élus.
 
Aujourd’hui, la réémergence de hordes paramilitaires en Irak inquiète la CEOSI qui exprime ses craintes pour la sécurité de ses représentants, particulièrement ceux qui résident en Irak, et sollicite le gouvernement espagnol d’exiger du gouvernement intérimaire de Nuri al-Maliki toutes les garanties de sécurité à leur intégrité.
 
La CEOSI renouvelle son engagement de maintenir son initiative et essaiera de juger, avec ses interlocuteurs irakiens, européens et étatsuniens, la situation créée par la décision du gouvernement espagnol, et étudier les alternatives possibles avec les institutions participatives du Gouvernement de la Principauté des Asturies et la municipalité de Gijón.
 
Notes:
 
1. Voir sur IraqSolidaridad: http://www.iraqsolidaridad.org/2010/docs/conferencia_gijon.html.
2. Voir sur IraqSolidaridad: http://www.iraqsolidaridad.org/2010/docs/programa_gijon.html.
3. Voir sur IraqSolidaridad: http://www.iraqsolidaridad.org/2010/docs/gobierno_iraqui.html




Article original publié le 29 mai 2010

Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, l’éditrice et la source.

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DANS LE VENTRE DE LA BALEINE: 01/06/2010

 
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